Être révolutionnaire n’est pas un crime : Solidarité avec les camarades accusés dans le procès de Munich !

Le 28 juillet prochain, dans le procès sur le TKP/ML (Parti Communiste de Turquie/ML), le tribunal de Munich/Allemagne va rendre son jugement sur les révolutionnaires de Turquie. Lors d’une opération dans toute l’Europe, dirigée par l’Allemagne , en 2015 contre le TKP/ML, 10 révolutionnaires dirigeants de l’ATiK (Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe) avaient été arrêtés en France, en Suisse, en Grèce et en Allemagne. On ne reproche rien de criminel aux accusés, seulement leur appartenance au TKP/ML qui, selon Erdogan serait une « organisation terroriste ».

Cette action a mis une fois de plus en évidence la profonde collaboration entre les États impérialistes européens et le gouvernement fasciste du président turc Erdogan, au niveau économique et politique jusqu’au niveau juridique.
Mardi 28 juillet, une manifestation à Munich exprimera la résistance et la solidarité contre la répression et l’anticommunisme. Des délégations de différents pays européens sont également attendues. Dans le même temps, des rassemblements sont prévus devant les consulats allemands du monde entier.
De nombreuses organisations appellent à la solidarité contre l’oppression politique et juridique.
Protestations et résistances doivent renforcer la construction du Front Uni international contre le fascisme et la guerre initié par l’ICOR * et l’ILPS **.

L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste a signé l’appel à une large unité d’action en Allemagne et au niveau international. Si vous souhaitez signer également, adressez-vous à contact-upml@riseup.net et à la coordination de l’ICOR en Europe coordinationeurope@yahoo.co.uk

Appel : Solidarité avec les camarades accusés dans le procès de Munich

Le 28 juillet, dans le procès du TKP/ML, le tribunal de Munich va rendre son jugement sur des révolutionnaires de Turquie. Le tribunal veut prononcer un détestable jugement scandaleux!
Nous exigeons l’acquittement de tous les accusés et la liberté de Müslüm Elma
Lors du procès qui dure depuis quatre ans accusant de «terrorisme» dix militants révolutionnaires turque devant le tribunal régional supérieur de Munich, le bureau du procureur de la République a exigé des punitions draconiennes.
Les accusés ne sont même pas accusés de crimes concrets, mais seulement d’appartenance ou d’être des “chefs de file” du TKP / ML, ce qui n’est pas interdit en Allemagne. Il s’agit donc de juger plus leur état d’esprit et leur organisation révolutionnaires! Le parquet fédéral souhaite qu’ils soient punis de peines de prison allant de trois ans et six mois à six ans et neuf mois. Si neuf accusés depuis 4 ans sur dix ont été libérés, ils devraient tout de même retourner en prison.
En raison de l’accusation construite de soi-disant “chef de file” d’une telle association, le principal accusé Müslüm Elma est le seul qui est toujours en détention après cinq ans et près de trois mois.
Dans les plaidoiries et les déclarations finales des accusés, la procédure d’accusation par la justice bourgeoise a été exposée comme étant une manœuvre anticommuniste, utilisée pour protéger le régime fasciste d’Erdoğan dans sa lutte contre les forces révolutionnaires et le mouvement de libération kurde, mais aussi pour criminaliser l’idéologie communiste de liberté.
Müslüm Elma a souligné dans son discours de clôture devant le tribunal le 29 juin 2020
«Nous venons de la tradition de la résistance. L’accusation de ‘terrorisme’ est l’un des plus grands mensonges des 20e et 21e siècles, que les voleurs impérialistes et leurs collaborateurs ont rassemblés pour cacher les crimes qu’ils ont commis contre les peuples opprimés du monde et pour diffamer leur lutte légitime. Mais tous ces mensonges ne pourront empêcher la disparition des impérialistes. Nous sommes des révolutionnaires internationalistes … vous ne pouvez pas nous juger … “
Ces paroles claires de Müslüm sont une preuve supplémentaire du moral élevé et de la volonté indomptable de tous les accusés de rejeter l’accusation calomnieuse et construite de terrorisme et de montrer la collaboration de l’impérialisme allemand avec le terrorisme d’État de l’État turc.
Mais pourquoi cette persécution acharnée contre desopposants turcs?
D’une part, c’est une faveur du gouvernement fédéral, complice du régime Erdoğan. Le tribunal de Munich n’est pas intéressé par le fait qu’une partie importante des «preuves» a été apportée par les services secrets turcs par le biais d’espionnage illégal. Pas intéressé non plus qu’Erdogan a établi un régime fasciste, envahi Efrin (en Syrie) en violation du droit international, a occupé des parties du Rojava et récemment bombardé des colonies kurdes et yézidies dans le nord de l’Irak.


Ce procès est un instrument pour renforcer le développement droitier en Allemagne.
Il s’agit explicitement d’une procédure pilote anticommuniste, qui, basée sur l’interdiction du KPD (Parti Communiste d’Allemagne) en 1956, vise à aider à criminaliser l’activité révolutionnaire. Un jugement modèle qui vise à créer de nouvelles opportunités d’accuser les syndicalistes, les grévistes, les antifascistes, les militants écologistes, les militants de gauche et les révolutionnaires et – s’ils ne sont pas allemands les expulser. Comme déjà dit, ce ne sont pas pour des actes précis qu’ils sont inculpés ici, mais bien pour leur état d’esprit.
Ce processus est lié à l’extension de lois d’exception adoptées en 1968 : étendre la répression étatique, par exemple à travers la nouvelle loi sur les tâches de la police, et exploiter actuellement la pandémie du corona pour réduire les droits politiques démocratiques et étendre les pouvoirs de la police.
Ce que les dirigeants craignent, c’est notre union.
La crise économique et financière mondiale qui a éclaté en 2018 – aggravée par la crise du corona – aggravera encore les contradictions sociales. Elles mèneront à de nouvelles luttes de masse et à des crises politiques. Le système capitaliste est dépassé depuis longtemps. Le nombre de personnes augmente qui s’y opposent et qui sont dans la lutte contre l’exploitation et l’oppression.
Dans ce contexte, l’union de toutes les forces progressistes est à l’ordre du jour. Ce n’est que par une coopération active, dans la perspective d’un front uni antifasciste et anti-impérialiste, que Müslim Elma formulera à juste titre: «Ce procès ne sera pas conclus dans la salle d’audience, mais dans la rue».
Nous n’accepterons pas une condamnation!
Pour l’acquittement de tous les accusés
Liberté pour Müslüm Elma
Abolition du §129a + b et fin de «l’autorisation de persécution»
Mettre fin à la coopération avec le régime Erdogan par le gouvernement fédéral
– Vive la solidarité internationale


Manifestation le 28 juillet à 10h, jour de prononcé du verdict, devant le tribunal régional supérieur à Munich, Nymphenburgerstrasse


Signataires:
ATİK (Confédération des travailleurs de Turquie en Europe), Rote Hilfe, UPOTUDAK (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux), Alliance internationaliste, ADGB (Plate-forme pour les

Municipales 2020 : Une abstention record démontre une crise institutionnelle qui s’approfondit

Au deuxième tour des municipales – les élections « préférées » en France avec en général le plus de participation – le taux d‘abstention atteint presque 60 %, un record historique ! L’abstention augmente de trois points par rapport au premier tour, qui s’est tenu en pleine crise du corona virus, juste avant le décret de confinement du gouvernement. Au second tour des municipales 2014, plus de 60 % des électeurs s’étaient déplacés pour voter.

Ce taux d’abstention de presque 60 % montre la méfiance voire le rejet des institutions et surtout des partis politiques bourgeois. Dans certaines villes, le taux d’abstention atteint même 70 % (Saint-Denis, 93) voire 90 % (Vénissieux) ! Interviewés, les habitants se disent « oubliés » et dénoncent le spectacle des élections bourgeoises qui ne changerait pas leur vie dégradée.

Les résultats sont aussi une grosse claque au gouvernement Macron/LREM. Il n’a pu conquérir aucune grande ville, mais recule de manière sensible un peut partout. « Rayé de la carte » disent certains commentateurs.

Europe-Ecologie/LesVerts seraient les gagnants de ces élections, avec souvent 15 ou 20 % des électeurs inscrits, pas de quoi se vanter !Ils se trouvent à la tête d’une dizaine de grandes villes et participeront à la gestion d’autres villes dans des alliances de gauche, mais sur justement le niveau de participation faible. Leur succès relatif montre les préoccupations des électeurs concernant la destruction massive de l ‘environnement naturel, mais aussi des illusions d’une partie de l’électorat dans un « capitalisme vert ».

Le Rassemblement national (ex FN) se réjouit de la conquête de la mairie de Perpignan, mais dans l’ensemble du pays, il dégringole ! En 2014, le RN avait comptabilisé 1 438 sièges dans 463 communes. Six ans plus tard, ils n’obtiennent que 840 sièges dans 258 communes. L’abstention à Perpignan a été de 53 % (soit 25 % des inscrits !). Sans compter qu’un tiers des potentiels électeurs ne sont pas inscrits et que les personnes n’ayant pas la nationalité française sont d’avance exclus du droit de vote. On arriverait donc à environ 15 % de voix pour le RN.

Les causes de ce désastre pour les institutions bourgeoises sont à chercher dans les multiples crises qui marquent la société capitaliste, crises économiques et sociales, incapacité à faire face à une crise sanitaire. Cela confirme notre analyse : une opposition croissante avec un courant gauche et anti-capitaliste qui va en se renforçant. C’est le résultat de la montée des luttes de ces dernières années contre divers aspects de la politique gouvernementale – loi travail, inégalités sociales et restriction de la démocratie, retraites, privatisation des services publics, contre le racisme d’État… – Ce qui exprime la volonté de se battre pour « une autre société ». Toutefois l’absence d’une alternative globale à la société capitaliste est un défi pour tous militants révolutionnaires qui luttent pour construire un parti véritablement communiste.

Au Café militant de l’Union Prolétarienne ML à Saint-Denis, fin juin, on a discuté de la nécessité de comprendre comment ce monde évolue et évoluera demain et de la nécessité de s’organiser pour défendre les intérêts des prolétaires. On a appelé à la solidarité avec les prolétaires en lutte et à la solidarité internationale. Une adresse de solidarité a été votée et transmis aux camarades en lutte en France et dans d’autres pays :

Saint-Denis/France, 27 juin 2020

Message de solidarité

Les participants au débat du ‘Café militant’, organisé par l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et les Amis de l’ICOR à Saint-Denis en région parisienne/France,expriment leur solidarité avec tous les travailleur.se.s menacé.e.s par la crise économique capitaliste – dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans les services publics, dans le secteur du tourisme – en France et partout dans le monde !

Sous le prétexte de la crise du corona, les capitalistes veulent prolonger le temps de travail, précariser et flexibiliser encore plus, baisser les salaires. Cela ne préservera pas nos emplois – ils veulent encore plus nous exploiter ! Résistance !

Sous le prétexte de la crise du corona, les gouvernements un peu partout limitent encore plus nos quelques droits et libertés démocratiques et renforcent la répression par l’État pour limiter voire empêcher nos protestations. Résistance !

Nous saluons toutes les courageuses initiatives d’opposition.

Nous sommes solidaires des luttes dans les hôpitaux, chez Renault et PSA en France, chez Airfrance et Lufthansa… Soutien à la grève acharnée depuis mai dernier chez Nissan Barcelone/ Espagne où 20 000 emplois (l’usine Nissan et ses fournisseurs) sont menacés.

Nos revendications de classe contre ceux des capitalistes :

– Lutte pour chaque poste de travail !

– Création de postes par une réduction du temps de travail !

– Hausse des salaires !

– Défense de nos droits et libertés syndicaux et démocratiques ! Contre la répression par l’État !

– Pour un monde libérée d’exploitation et d’oppression !

Vive la solidarité internationale ! Prolétaires de tous les pays – unissez-vous !

Contact: contact-upml@riseup.net

“La tendance à une crise touchant toute la société…”

source : Rote Fahne (Drapeau Rouge), magazine du MLPD no. 12 du 4 juin 2020

Le management de la crise du COVID-19 suscite toujours beaucoup de questions. Le danger de crise sanitaire a-t-il été exagéré par les autorités – ou sous estimé ? L’Allemagne, a-t-elle mieux gérée la crise, vu le nombre de cas largement inférieurs à la France avec une population plus importante ? Que faut-il penser des manifestations contre les mesures sanitaires en Allemagne et dans d’autres pays. Quels sont les liens avec la crise économique ? Quels effets auront les milliards de subventions versées ? Qu’est-ce qui nourrit les luttes massives qui éclatent aux États Unis, en Afrique du sud, en Amérique latine et quels sont leurs perspectives ?

Nous publions ci-dessous une intervention en fin mai à l’occasion des « manifestations du lundi »1, de S. Engel, ancien président du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne et aujourd’hui à la tête du travail théorique du Parti2. Elle démontre les liens, les arrière fonds, les évolutions et les potentialités des crises.

Cher.e.s habitant.e.s de Gelsenkirchen, cher.e.s manifestant.e.s du lundi, cher.e.s camarades,
Aujourd’hui, je veux parler de la gestion des crises par le gouvernement et également des diverses manifestations. Quel problème avons-nous actuellement en Allemagne? Le problème est qu’une nouvelle crise économique et financière mondiale a commencé à la mi-2018. Au début, celle-ci s’est développée relativement lentement car les banques centrales inondaient systématiquement les marchés avec de l’argent bon marché. Contrairement à l’Allemagne, une inflation galopante et de graves difficultés de paiement se sont produites dans certains pays – par exemple en Turquie ou en Argentine – qui se sont transformés en un danger aigu de faillite d’État. Depuis 2018, la production industrielle, y compris en Allemagne, a diminué de mois en mois. L’activité d’investissement et les exportations ont été affectées.

Face à la crise économique et financière, le gouvernement décide de ne rien faire

Cette crise économique et financière mondiale existait déjà avant le début de la crise du corona. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre une pandémie en janvier. Dans cette situation, le gouvernement fédéral a délibérément décidé de ne pas prendre d’autres mesures. À cette époque, le ministre fédéral de la Santé Spahn a minimisé la pandémie qui commençait, tout comme le premier ministre Johnson en Grande-Bretagne, ainsi que les présidents Trump aux États-Unis et Bolsonaro au Brésil. En conséquence, des milliers de personnes ont été rapidement infectées dans ces pays; le coronavirus a pu se propager presque sans entrave. Ce n’est qu’avec des mesures radicales à un stade ultérieur qu’il pourrait être empêché de se propager encore plus.

Mais comment gagner la population à des mesures aussi radicales?

Il est intéressant de noter que le ministère fédéral de l’Intérieur, et non le ministère de la Santé, a dirigé la gestion fédérale de la crise qui s’est alors installée. Le ministre de l’Intérieur Seehofer a déclaré dans un document – on l’a appris en avril – que dans cette situation, la population devrait d’abord être “choquée”. Il faudrait lui faire peur pour créer une base pour l’acceptation des mesures drastiques. Les premières actions de la gestion de crise allemande ont d’abord consisté dans le fait que des informations quotidiennes et des programmes spéciaux, des talk-shows et des conférences de presse étaient diffusés en direct à la radio et à la télévision: avec des prévisions d’horreur drastiques. Les médias étaient relativement alignés dans cette situation. Au début, le gouvernement – selon ses propres déclarations – a obtenu plus de 90% d’approbation de ses mesures.
Pourquoi cela a-t-il été fait? Parce que le gouvernement a mis en place un programme qui, sous le prétexte de contenir la propagation du coronavirus visait principalement à manipuler systématique de l’opinion publique. La première allégation était que la crise économique avait été déclenchée par le coronavirus. Mais ce n’est pas le cas. La crise économique existait déjà et a été soudainement exacerbée par la coïncidence avec la crise du corona. Le gouvernement et les médias bourgeois ont voulu faire comprendre aux gens que cela n’était nullement dû au système économique capitaliste, qui est régulièrement en crise, mais au corona virus. Personne n’était responsable, alors tout le monde devait rester solidaire et dès lors s’activer ensemble.
Pour briser la chaîne d’infection, les gens étaient strictement restreintes non seulement dans leur liberté de déplacement, mais – sans aucun bénéfice pour la protection de la santé – dans leurs droits et libertés démocratiques. Toute manifestation de rue était interdite. Vous vous souvenez que la direction du DGB (la fédération des syndicats, ndlt) a même annulé avec une obéissance anticipée les manifestations et les rassemblements du 1er mai. Le MLPD et les ‘manifestations du lundi’ ont fait en sorte que des actions combatives ont eu lieu quand même dans plus de 100 villes.

Le gouvernement n’a pas mis en œuvre les mesures de protection sanitaire nécessaires

Cependant, le gouvernement n’a pas mis en œuvre les mesures de protection sanitaire de masse les plus importantes qui auraient été nécessaires. En premier lieu, cela aurait été des tests massifs et réguliers de la population, deuxièmement une réglementation stricte de la distance et troisièmement une protection buccale raisonnable pour tout le monde. Et pas seulement un masque pour la bouche et le nez qui n’offre qu’une protection limitée, mais des masques FFP2 et FFP3 pour une réelle protection. Le gouvernement n’était pas en mesure de le faire. Et pourquoi? Parce qu’il avait rejeté tous les avertissements de l’OMS concernant la préparation à une pandémie. Dès 2012, l’OMS avait prédit que de telles pandémies pourraient survenir et avait précisé à quoi devrait ressembler la prévention des crises.

Cependant, le gouvernement n’avait pas de masques de protection du tout, même pas assez pour le personnel hospitalier et les infirmières. Il ne pouvait pas faire livrer ces choses d’Asie aussi rapidement parce que tout le monde commandait maintenant de tels masques.

Masques, testes – mensonges et scandales

Donc, le mensonge a été répandu sans plus tarder que l’on n’aurait pas besoin de masques de protection. Mme Merkel les appelait à l’époque des nids de virus”.

Le deuxième scandale est que jusqu’à récemment, vous n’aviez pas eu droit aux tests, et vous ne l’avez maintenant que dans une mesure limitée, si vous ne présentez aucun symptôme ou si vous n’avez eu aucun contact avec des personnes infectées. Mais ceux qui ont des symptômes sont très contagieux depuis au moins cinq jours. Cela signifie que les gens se déplacent pendant cinq jours, infectant leur famille ou leurs collègues de travail sans le savoir. Il y a maintenant plus d’un million de possibilités par semaine pour se faire tester en Allemagne!

Seul un peu moins d’un tiers est utilisé. Et pourquoi plus de tests ne sont-ils pas effectués? Parce que le gouvernement fédéral n’a pas pu s’entendre avec les sociétés d’assurance-maladie depuis trois mois sur qui devrait payer pour ces tests. Il a pas fallu moins qu’une semaine pour mettre en place un paquet de mille milliards d’euros pour subventionner en particulier la grande industrie. Le versement des dividendes de VW suffirait à elle seule à payer l’intégralité du test. Bref, il y avait bien trop peu de mesures efficaces de protection pour la santé.

Le miracle d’avril ?

En même temps, il y eût une « prophétie »: en avril, l’économie redémarrerait parce que nous aurions le Corona sous contrôle. Vous plaisantez? Au contraire – l’économie a continué à décliner en avril et mai. En avril, on avait déjà fait appel au chômage technique pour 10 millions de personnes et plus de 500 000 avaient perdu leur emploi. Aujourd’hui, une entreprise sur cinq en Allemagne a annoncé des suppressions d’emplois.
Nous connaissons la crise économique et financière mondiale la plus profonde depuis 1929! Rien qu’aux États-Unis, deuxième partenaire économique de l’Allemagne, le chômage devrait atteindre 30%. La Chine a également été prise dans le tourbillon de la crise économique mondiale. Pour la première fois depuis 40 ans, l’évolution économique y a été négative au premier trimestre. 70 millions de personnes seraient au chômage en Chine. En outre, les salaires et traitements ont été réduits.
Afin de stabiliser l’économie contre sa chute libre, des programmes de relance massifs ont été mis en place dans tous les pays du monde pour stimuler l’investissement et la consommation. Cela peut

atténuer temporairement les conséquences négatives et les contradictions – mais cela n’aidera pas, aussi facilement que prétendu, de sortir de la crise économique et financière mondiale. Avec une sage prévoyance, Wolfgang Schäuble3 a prédit: “L’Europe fait l’expérience d’un marasme économique sans précédent de notre vivant, et on ne peut faire qu’une estimation rudimentaire des distorsions que cela entraînera pour nos sociétés.”
Plus le développement économique négatif dure, plus le chômage total et partiel sont répandus, plus le ressentiment sera grand. L’approbation des mesures gouvernementales est en baisse depuis plusieurs semaines. Surtout, parce que le gouvernement se contredit constamment et que de plus en plus de gens sentent que la crise ne fait que commencer maintenant.

Entre-temps, la gestion de crise est entrée un peu dans la crise elle-même.

Pourquoi? Car il s’avère que la situation économique ne se résorbe pas simplement. Il est désormais admis que la crise se poursuivra pendant un certain temps – certains disent qu’elle durera tout l’été, certains même jusqu’à la fin de 2023. Bref: personne n’y voit clair vraiment.

Et un autre miracle en mai ?

Début mai, les gens se sont frottés les yeux de stupeur: le gouvernement est soudainement passé de la gestion de crise prudente à l’euphorie et à la détente. Le contexte était qu’au même moment, l’Association fédérale de l’industrie allemande (BDI) exigeait en termes péremptoires la levée des restrictions d’ici la fin mai. Ceci malgré le fait que 12000 personnes étaient officiellement malades à l’époque et que ce nombre était nettement plus élevé qu’en mars lorsque les mesures drastiques ont été introduites. Une simple directive du BDI montre qui est le vrai gouvernement en Allemagne. Le gouvernement fédéral dépense des milliards d’euros pour les monopoles, mais aussi beaucoup d’argent pour que les gens restent calmes. Quel genre de gestion scientifique de crises est-ce là ?!
Mais le gouvernement doit également mettre un frein aux subventions et à un moment donné, la question se pose de savoir qui devrait réellement payer pour tous ces bienfaits.
Le gouvernement fédéral a modifié la réglementation des prestations de chômage partiel. Elle l’a fait pour rassurer les ouvriers qui ont le plus protesté contre la gestion de crise. Ils exigeaient également une protection sanitaire décisive dans les entreprises. Les travailleurs ont précisé que s’il n’était pas possible de se tenir à distance au travail, les usines pourraient devoir être fermées pour protéger la santé des travailleurs et de leurs familles.


Chômage et pauvreté progressent

En même temps, il y a déjà beaucoup de gens qui sont vraiment appauvris maintenant. Parce que ni les personnes recevant le ‘Hartz IV’4, ni les retraités n’ont reçu plus d’argent quand les banques alimentaires ont été fermées. Certaines petites entreprises ou les indépendants ont reçu une aide d’urgence. Mais cela ne suffit pas longtemps non plus! Et pourquoi les personnes avec le ‘Hartz IV’, les retraités, les parents isolés, en particulier les femmes avec enfants et d’autres qui en ont vraiment besoin, ne reçoivent-ils pas une aide adéquate? Même ceux qui sont au chômage partiel pendant quelques mois peuvent à peine joindre les deux bouts! Au sein de la CDU (parti conservateur, ndlt), il y avait même des voix pour abaisser le salaire minimum et suspendre l’augmentation du taux Hartz IV pour cette année, afin que l’endettement étatique n’augmente pas incommensurablement.
Pendant des mois, les enfants et les adolescents n’ont pas vu leurs camarades et tout le monde a manqué de contacts sociaux. En particulier, les femmes en télétravail, qui aident leurs enfants à suivre les cours à la maison, se trouvent dans une rude épreuve. De nombreuses entreprises ont rapidement réduit leurs postes en alternance. La non-embauche des apprentis après la formation atteindra un nouveau niveau record cette année. Les jeunes terminé leurs formations ne sont pas embauchés et souvent aucun stagiaire n’est embauché. Cela semble être le moyen le moins cher et le plus «élégant» de licencier des personnes ou de supprimer des emplois et des stages. Compte tenu de la détente croissante et du prétendu «retour à la normalité», la population devrait oublier toutes ces crises sociales.

Tout va bien !

Tout de suite, les médias changent de ton. Tout à coup, tout va bien. Les gens peuvent descendre dans la rue, les magasins sont maintenant ouverts, le tourisme est autorisé et les réunions devraient également être possibles dans une certaine mesure.

Mais les ‘clusters’ ne doivent pas être oubliés: ce sont les dortoirs, dans lesquels six à huit personnes, pour la plupart des travailleurs intérimaires de différents pays, sont entassées dans une seule pièce. C’est l’industrie de la viande et ce sont les hôpitaux, ce sont des établissements de soins et des logements pour les demandeurs d’asile. Les gens sont toujours infectés dans ces endroits parce qu’ils n’ont pas de masques de protection et ne peuvent pas garder la distance recommandée. Dans certains cas, ils ne sont même pas instruits sur les risques.

Le gouvernement coincé

Le principal problème est que les mesures visant à contenir la pandémie du corona s’opposent directement à la reprise économique – et vice versa. La crise corona et la crise économique et financière mondiale sont donc –- deux choses différentes. On peut penser que – d’un point de vue mondial – elles peuvent interagir de sorte que, dans quelques mois, une crise sociale globale du système impérialiste mondial se développera.

Premièrement, les programmes nationaux de crise n’agissent que dans une mesure très limitée. Dans la production internationale d’aujourd’hui, essayer de stimuler la production en Allemagne est inutile si, par exemple, les deux tiers des pièces détachées pour automobiles ne sont pas livrées depuis d’autres pays. Il est également inutile de produire ici à tout va si le marché mondial s’effondre de telle manière. Il est illusoire de maîtriser la crise économique et financière mondiale actuelle avec des programmes nationaux de crise. Il est tout aussi illusoire de penser que la pandémie du Covid-19 peut être surmontée avec des mesures nationales si elle continue de croître de façon exponentielle dans le monde entier.
Deuxièmement, de nombreux experts économiques ont manifestement l’illusion que la crise du corona a déclenché la crise économique. Ceci n’est pas le cas. Certains économistes commencent à ne pas suivre les discours onctueux des experts économiques et parlent eux-mêmes d’une crise économique et financière mondiale et admettent que le développement économique négatif était déjà présent avant la crise du corona. Jusqu’à présent, ce sont encore des voix isolées. Tout compte fait, les bases d’une gestion de crise efficace font défaut !

Le potentiel d’une crise politique mondiale


Il se peut qu’une crise politique mondiale profonde se profile, comme jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans une telle crise, des luttes et des grèves de masse éclateront, des combats de rue et de brutales violences policières contre les masses s’ensuivront. Un tel développement se produit déjà en Amérique latine ou en Afrique. Là-bas, la faim se développe parmi des millions de personnes. Il n’y a pas de système de santé ou social pour les masses qui fonctionne, les tests n’existent pas. Le corona virus se propage de plus en plus dans le monde. On a affaire maintenant officiellement à plus de cinq millions de personnes infectées dans le monde. D’un point de vue mondial, nous sommes au début de la pandémie et non à la fin!
Le mélange des crises économiques, politiques, écologiques, sociales, idéologiques et une crise de la faim est le terreau sur lequel une fermentation révolutionnaire peut se développer.

Les travailleurs en première ligne


Face à cette évolution des crises, les luttes des travailleurs et des masses vont se renforcer de manière significative. Les ouvriers ont déjà été en première ligne dans les manifestations au cours des derniers mois. Ainsi, par exemple, quand en Allemagne, lorsque toute la vie publique a été réduite, les ouvriers industriels devaient continuer à produire sans protection. Les ouvriers qui auparavant ont participé à la Conférence internationale des travailleurs de l’automobile en Afrique du Sud ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation d’un 1er mai militant : aux Philippines, au Brésil, en Afrique du Sud, en Allemagne et en Italie également. Environ 900 000 travailleurs se sont mis en grève autour du 1er mai – malgré le confinement ! Un autre point fort ont été les célébrations du 8 mai à l’occasion du 75e

anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien. Partout, ce sont les militants ouvriers, les femmes et les jeunes – et les marxistes-léninistes – qui ont été à l’avant-garde de la lutte pour les droits et libertés démocratiques.

L’extrême droite fait son apparition


Et soudain, il y a eu des manifestations des forces de droite, de personnes de ‘Pegida’1, de types de l’ AfD2, des partisans des fascistes comme Trump aux États-Unis ou Bolsonaro au Brésil. Ils descendent également dans la rue, mais contre les mesures légitimes de protection de la santé. Ils ne protestent pas contre les restrictions aux droits et libertés démocratiques, mais contre toutes les mesures sanitaires du gouvernement. Ceci est misanthropique et inhumain pour les gens, et met en danger la vie et la santé de millions de personnes dans le monde.

J’appelle tout le monde à protester, mais ne tombez pas dans le piège de ces vociférateurs de droite! Par exemple, ils demandent que les centres de rétention des demandeurs d’asile soient démantelées – mais seulement pour expulser ensuite les réfugiés. Ils n’ont rien contre les personnes âgées qui tombent malades et meurent de Corona, – ce ne serait que de la “sélection naturelle”. C’est une vision fasciste du monde! Nous n’avons rien à voir avec de telles gens. Nous ne sommes pas des misanthropes. Les manifestations de droite – comme Pegida à l’époque – ont été véritablement promues dans des médias comme à la chaîne ntv. Cependant, plus de 80 pour cent de la population en Allemagne s’y opposent clairement, et ces manifestations réactionnaires ont maintenant massivement diminué.
Si nous protestons contre la gestion des crises par le gouvernement, ce n’est pas contre des mesures sanitaires sensées. Surtout, nous critiquons les restrictions aux droits et libertés démocratiques, inutiles en termes de politique de santé et le transfert du fardeau de la crise sur la masse de la population, les travailleurs, les personnes âgées dans les maisons de retraite, les réfugiés dans les maisons des demandeurs d’asile, etc.

Pour une société alternative


Nous devons être conscients que cette année sera encore agitée. C’est pourquoi nous devons maintenir et continuer nos formes de protestation, les ‘manifestations du lundi’ comme expression d’une « conscience sociale », et nous ne devons pas laisser la propagande médiatique nous assombrir. Pensons avec nos têtes et poursuivons nos lundis.
Nous sommes régulièrement dans la rue depuis 2004 et nous avons déjà révélé et accompli beaucoup de choses. Nous continuerons à informer les gens. Et lorsque nous constatons qu’une crise sociale mondiale du système impérialiste mondial se développe, il est grand temps de réfléchir à des alternatives sociétales. Quel système pourri !
Aujourd’hui, l’humanité pourrait faire des choses complètement différentes: vaincre la faim et la pauvreté, prévenir les maladies, protéger activement la santé et donner un avenir à nos jeunes. Mais le capitalisme n’offrira jamais cela! Pour cela, nous avons besoin de changements révolutionnaires et d’un vrai socialisme.
Les ‘manifestations du lundi’ sont un mouvement démocratique et non-lié à un parti. Nous sommes ici parce que nous protestons pour les droits sociaux et démocratiques du mouvement ouvrier, des gens simples, des jeunes. Et nous sommes surtout des internationalistes. Nous sommes contre toute forme de racisme, de fascisme et d’antisémitisme. Notre devise est: Aucune chance à l’anticommunisme, au racisme, à l’antisémitisme et au fascisme! Vive la solidarité internationale!
Prenez votre courage à deux mains! Rejoignez ce mouvement de solidarité et de lutte commune.
Glück auf !7

1Datant déjà de l’époque du RDA, réapparues en 2004 , les « manifestations du lundi » sont un mouvement combatif en Allemagne qui regroupe les militants de différents bords pour discuter des événements sociaux, économiques et politiques et qui organisent la résistance. L’événement se déroule les premiers lundis du mois dans les centres villes autour d’un micro ouvert où tout le monde peut prendre la parole.

2Sous-titres mis par nos soins, ndlt

3Président du Bundestag allemand

4Les lois Hartz IV visent la réduction massive des prestations des chômeurs et la contrainte au travail intérimaire et faiblement rémunéré – ndlt

5 Mouvement d’extrême droite et raciste, en particulier islamophobe, ndlt

6AfD, parti d’extrême droite, Alternative für Deutschland

7 salut des mineurs : ‘Bonne chance et courage !’, ndlt