“Les verts ne sont pas verts” MLPD

Nous reproduisons ici l’article écrit par le MLPD dans Rote Fahne. Depuis les élections européennes, les partis dit-verts ont pris un ascendant important, notamment à la suite des mouvements et des marches pour le climat. Cependant, le caractère composite des organisations vertes les rends extrêmement vulnérables à une OPA libérale. En France, Jadot s’est ainsi déclaré favorable à des alliances avec la droite pour les municipales, tandis que le “Festival l’An Zéro” a été étrillé pour servir de tribune aux libéraux et aux réactionnaires. Alors que la “droite élargie” ou la “droite hors les murs” représente l’alternative réactionnaire, la proposition libérale, pour les prochaines échéances électorales, semble se tourner vers les Verts. [traduction de l’UCL: https://unitecommuniste.fr/analyses/les-verts-ne-sont-pas-verts-mlpd/ ]

Le climat et l’environnement sont parmi les questions politiques les plus importantes au sein de la population.

La conscience écologique s’est éveillée sur un large front. Depuis le début de l’année, plus d’un million de personnes, surtout des jeunes, ont manifesté en Allemagne dans le cadre du mouvement mondial « Fridays for Future ». La transition vers une catastrophe environnementale mondiale s’accélère clairement et sensiblement. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l’inondation des mines commencée par la société du charbon Ruhrkohle Aktiengesellschaft (RAG) menace d’entraîner une catastrophe régionale dans le domaine de l’eau potable. La grande majorité de la population ne veut pas accepter ce processus de destruction délibérée des bases d’existence naturelles. Pendant que les partis de la grande coalition (dite « GroKo »)CDU/CSU et SPD sont devenus indignes de confiance pour une grande partie des masses sur la question environnementale, les Verts sont actuellement en train de vivre une envolée. Mais ils ne sont en aucun cas la bonne réponse à cette évolution menaçante pour l’humanité. Dans la dernière étude de l’Agence fédérale allemande pour l’environnement sur la sensibilisation écologique, la majorité des personnes interrogées se sont déclarées mécontentes de la protection du climat par l’industrie et la politique. Pour 81 pour cent d’elles, le tournant énergétique progresse trop lentement. Une profonde crise de confiance frappe l’ensemble de la politique bourgeoise. La sonnette d’alarme retentit parmi ceux qui sont au pouvoir : Les critiques à l’égard du capitalisme s’intensifient, en particulier en ce qui concerne sa destruction de l’environnement, aujourd’hui immanente.

Dans le sens de la manipulation bourgeoise de l’opinion au moyen d’une présentation constante aux masses de nouvelles « alternatives » dans le cadre bourgeois, les Verts sont en train d’être massivement revalorisés. Avec tous les moyens : On prétend que Robert Habeck est l’homme politique le plus attractif, que le personnel n’est pas épuisé et que leur politique est strictement respectueuse du climat. Ce n’est pas vrai ! Si l’on considère la politique des Verts d’un point de vue rigoureusement environnemental, tout ce qui est vert va s’assécher comme les prairies et les champs pendant la sécheresse de l’été 2018 : Entre autres, les Verts sont censés aider à organiser de nouvelles réalités gouvernementales stables et sont considérés comme garants importants de majorités pour les futurs gouvernements. Pour ces raisons, aucun des partis bourgeois n’attaque vraiment les Verts. Le MLPD est différent. Il dit : Les Verts ne sont pas verts !

Quiconque veut faire aujourd’hui une politique environnementale sérieuse doit être jugé sur la manière dont il ou elle traite les questions existentielles de l’avenir. L’interaction et l’intensification de neuf facteurs principaux accélèrent actuellement la transition vers une catastrophe environnementale mondiale : La destruction de la couche d’ozone, la déforestation, la catastrophe climatique mondiale imminente, l’augmentation significative des catastrophes environnementales régionales, le danger d’asphyxie des océans, la destruction des écosystèmes régionaux et l’extinction des espèces, la surexploitation impitoyable des ressources naturelles, l’invasion par les déchets, les empoisonnements et la pollution ainsi que l’utilisation irresponsable de l’énergie nucléaire. La catastrophe environnementale mondiale ne peut être évitée que par une lutte visant à transformer la société. Comment les Verts répondent-ils à ces questions  ?

Le trou d’ozone ? Le dépérissement des forêts ?

Pour les Verts, c’est le passé. « Les rivières sont redevenues plus propres, le ciel bleu à nouveau », se réjouit en avril 2019i Michael Kellner, le gérant fédéral des Verts, de la politique environnementale depuis la fin des années 1980. Alléluia ! À quel point pense-t-il que les gens sont stupides ? Avec en tête la devise : ils ne remarqueront même pas que la RAG pollue les rivières de la Ruhr et de la Rhénanie avec des PCB par le rejet non filtré des eaux de mine. Avec les travailleurs qui ont découvert ce gâchis, les Verts n’ont de toute façon jamais rien eu à voir.

C’est également un fait que le trou de la couche d’ozone s’élargit à nouveau dans certaines régions en interaction avec le réchauffement planétaire et des nouveaux destructeurs chimiques de l’ozoneii. Et la destruction des forêts pluviales est massivement poursuivie par les supermonopoles internationaux, y compris le président brésilien Bolsonaro. Et les Verts ? Ils ne demandent qu’une renégociation du traité Mercosur de l’UE avec les pays de l’Amérique latine avec des « normes sociales et écologiques contraignantes »iii. Comme si les groupes dirigeants limitaient le diktat de leurs profits sur toute la société au moyen de garde-fous aussi illusoires.

En 2016, les Verts – au gouvernement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie avec le SPD – ont décidé de nouveaux permis d’exploitation pour RWE dans la mine à ciel ouvert de Hambach et de détruire ainsi la forêt de Hambach. Contre cela se sont développées des protestations de masse à l’automne 2018, avec le succès d’un arrêt temporaire du déboisement. Wibke Brems, porte-parole des Verts pour la politique énergétique au Parlement du Land, a présenté une « défense » révélatrice. Elle est allée jusqu’à dire que les Verts avaient « négocié durement avec le SPD » à l’époque, que le résultat était « un succès politique incroyable ». En fait, l’extension et la poursuite de l’exploitation à ciel ouvert, destructive pour l’environnement, ont été approuvées et déguisées en « entrée dans la sortie ». Au début de l’année, les Verts ont joué un rôle de premier plan dans la proposition de la Commission du charbon de maintenir la combustion de houille, si profitable pour les monopoles énergétiques, encore 20 ans, voire plus si nécessaire.

Un schéma qui a déjà bien fonctionné avec la décision peu enthousiaste de déclassement des centrales nucléaires. Sous l’égide du ministre vert de l’Environnement Jürgen Trittin, des « reliquats de quantités d’énergie » transférables ont été convenus en 2002, des dates fixes de fermeture n’ont pas été expressément fixées, les transports des Castoriv ont été matraqués contre les blocus des écologistes. En 2018, les Verts, avec Jürgen Trittin, ont une nouvelle fois participé au trafic d’indulgences en faveur des groupes nucléaires, afin de les débarrasser à jamais de tous les coûts éternels et consécutifs pour 23 milliards d’euros.

Les Verts se vantent effrontément d’être le seul Parti de la protection du climat. Cependant, au vu du réchauffement climatique dramatique, on s’étonne des rares demandes concrètes du Parti Vert pour les élections européennes et de la « Gemütlichkeit » [lenteur confortable] verte : Le passage complet aux énergies renouvelables ne devrait pas être achevé avant 2050v. Déjà en 2013, une étude de l’université de Stanford a montré que cet objectif pourrait être atteint d’ici 2030 avec des coûts d’investissement annuels représentant environ 7 % du produit social mondial. Le seul climat que les Verts protègent est celui des investissements et des profits capitalistes.

Face aux déplacements en masse de populations dans le monde entier, y compris par le biais d’une augmentation des catastrophes environnementales régionales, les Verts ne pensent à rien de plus banal que d’appeler à « un façonnement digne de la migration et la fuite induites par le climat »vi, ce qui est la conséquence si l’on se considère avant tout responsable du maintien en vie du système mondial impérialiste destructeur. Alors ils ne savent rien de mieux que de soigner les pires effets avec quelques minuscules pansements. En tant que pôle opposé, le MLPD est fier de lutter pour le droit de fuite sur une base antifasciste ainsi que contre les causes de la menace d’une catastrophe environnementale mondiale. Et de combiner cela avec la lutte pour le dépassement révolutionnaire de l’impérialisme.

Les « contraintes objectives » capitalistes  mortelles pour l’humanité

Les soi-disant « contraintes pragmatiques » souvent évoquées, auxquelles tous les partis bourgeois monopolistes – et donc aussi les Verts – se voient liés, garantissent la compétitivité et la maximisation des profits des supermonopoles en activité au niveau international. Ce n’est que lorsque ceux-ci sont sécurisés que l’environnement peut éventuellement être pris en faible considération. Le problème dramatique de ces « contraintes objectives » capitalistes : Avec elles, la survie de l’humanité est à risque aigu prévisible. Elles empêchent l’adoption de mesures immédiates et cohérentes, nécessaires et urgentes pour protéger l’environnement.

Le livre « Alerte à la catastrophe ! Que faire contre la destruction délibérée de l’unité de l’homme et de la nature ? » caractérise de façon pertinente le rôle des Verts : « Sous le slogan ” donner à l’économie une orientation verte ” (Programme électoral pour le Bundestag de 2013, p. 21), le parti est devenu aujourd’hui de par son programme, sa politique au niveau fédéral et sa direction, un vecteur principal de l’écologisme impérialiste. Il pratique l’écoblanchiment pour la politique monopoliste bourgeoise … »vii

Annalena Baerbock du duo dirigeant des Verts a même été autorisée à prononcer le discours de clôture lors de la « Journée de l’industrie » du 4 juin, juste après ses « brillants » résultats des élections européennes. Cette « demande d’embauche » a été accueillie très favorablement par les monopolistes réunis. Deutsche Welle [canal médiatique allemand – NdT] commente : « Quiconque s’attendait à ce que le chef du parti écologiste Baerbock se consacre principalement à la politique climatique a été surpris. Au lieu de cela, elle s’est surtout préoccupée du conflit avec la Chine et les États-Unis et de l’avenir du marché intérieur européen »viii. Elle a explicitement donné le feu vert aux intérêts bénéficiaires des patrons des grands groupes : « Je ne menace pas de nouvelles valeurs limites … mais je veux sécuriser les sites de l’industrie en Europe de manière concertée »ix. Cela en dit long : avec les Verts, les principaux pollueurs et les principaux responsables de la destruction de l’environnement, les grands groupes internationaux et les banques, sont écartés de la cible. Plus encore : le chauvinisme européen répandu par les Verts s’inscrit pleinement dans la lignée des associations monopolistiques pour une gestion rigoureuse de leurs intérêts dans la lutte concurrentielle mondiale. Avec cela, les travailleurs et l’environnement sont écrasés dans la même mesure.

La politique des Verts doit certainement être distinguée de ce que beaucoup de leurs électeurs attendent subjectivement. Pour beaucoup de gens, la croix chez les Verts était l’occasion rêvée d’inscrire sur le bulletin de vote leur conscience environnementale croissante, de mettre l’accent sur les exigences du mouvement environnemental, etc. Mais ici, ces besoins sont carrément mal satisfaits. L’élection des Verts peut possiblement rassurer l’une ou l’autre conscience, elle nourrit l’illusion de contribuer à la protection de l’environnement et ça semble plus commode à première vue que de devenir actif personnellement … Mais les Verts n’empêcheront pas la catastrophe environnementale. Tout au contraire !

Un parti qui prend vraiment fait et cause pour la protection de l’environnement doit faire preuve de fermeté. Il ne peut pas se marier au capitalisme. Il doit s’en prendre aux monopoles dirigeants qui sont responsables de toute la misère. Avant tout, il doit prôner un changement fondamental vers une société, où l’unité de l’homme et de la nature deviendra la ligne directrice de de la société dans son ensemble. Si le capitalisme est le mal de fond de la destruction de l’environnement, alors il ne peut y avoir qu’une seule conclusion : Ceux qui veulent sauver l’environnement et l’humanité doivent aussi surmonter l’impérialisme et le diktat du profit des monopoles sur l’ensemble de la société. Cette perspective d’une société socialiste libérée de l’exploitation de l’homme et de la nature n’est représentée en Allemagne que par le MLPD. Il organise la résistance active sur place pour le sauvetage de l’environnement naturel et encourage que les luttes environnementales concrètes se développent en une école de la lutte visant à transformer la société. Qu’elles contribuent à rassembler les forces de la révolution internationale. Le MLPD est le parti de la protection radicale et cohérente de l’environnement.

Lutter pour la protection de l’environnement et l’emploi

Un point central de l’empoisonnement chronique de l’homme et de la nature, de la lutte pour l’eau potable et de l’unité nécessaire des mouvements ouvrier et environnemental se trouve actuellement dans la Ruhr et en Sarre. Avec l’inondation des mines de charbon désaffectées, la RAG veut « enterrer » son crime environnemental légalisé consistant à stocker sous terre 1,6 million de tonnes de déchets toxiques et à polluer les mines avec plus de 10 000 tonnes de PCB ultra toxiques. Le mouvement des mineurs « Kumpel für AUF », le mouvement militant ouvrier et écologiste, des alliances électorales communales non-liées à un parti et le MLPD, entre autres, luttent vigoureusement ensemble contre cette menace d’empoisonnement du sol et de l’eau potable pour plus de six millions de personnes, contre le licenciement de 200 mineurs, pour des emplois dans la protection environnementale et contre le vol des pensions et l’usure du loyer par la RAG.

Alors qu’une ou deux protestations tièdes contre les PCB dans l’eau des mines peuvent être entendues des Verts, les 1,6 million de déchets toxiques sont notoirement dissimulés par eux. Il y a des raisons à cela : Sous la responsabilité de la première ministre de l’Environnement vert du Land NRWx Bärbel Höhn (mandat 1995-2005), absolument rien n’a été entrepris contre le stockage de déchets toxiques approuvé par l’ancien gouvernement SPD. Cela n’a pas non plus été sérieusement problématisé ni rendu public – et ce malgré le fait que les Verts aient abordé la question à plusieurs reprises avant le mandat de Mme Höhn. Soudain, il a disparu. Cette procédure a donc été protégée et tolérée. Après tout, c’étaient aussi « leurs » déchets toxiques enfouis. Une grande partie provient des scories et des filtres usagés des usines d’incinération des déchets. Celles-ci ont été imposées de 1998 à 2005 sous la direction du ministre vert de l’Environnement Jürgen Trittin en tant que traitement des déchets régulier européen. Contre des protestations massives.

Actuellement, 70 ans de la Loi fondamentale [Constitution fédérale] sont célébrés partout. Que diraient les Verts d’une modification de la Loi fondamentale avec obligation de protection radicale de l’environnement et des animaux ? Ou de l’interdiction de stocker des substances toxiques qui nuisent à l’unité de l’homme et de la nature ? Il apparaîtra bientôt clairement à quel point les Verts seront réticents à prendre des engagements aussi fondamentaux. Savent-ils avec certitude qu’ils porteraient ainsi atteinte aux intérêts des monopoles – et – à quels crimes liés aux déchets toxiques ont-ils eux-mêmes contribué ?

Le projet vert vénéneux  sauver le capitalisme par l’anticommunisme

Tandis que les alliances avec les patrons des groupes et les principaux responsables de la destruction de l’environnement ne sont explicitement pas un problème pour les Verts, ils sont également à l’avant-garde de l’anticommunisme moderne. Et puis ils deviennent vert vénéneux ! Beaucoup de leurs représentants sont les témoins principaux repentis de l’anticommunisme. Ils sont devenus des facteurs d’ordre agressifs contre les marxistes-léninistes dans les mouvements antifasciste, environnemental et pacifiste. Ils combattent les forces critiques envers le capitalisme et révolutionnaires, par exemple dans le mouvement Fridays-for-Future [vendredis pour l’avenir] – avec tous les moyens jusqu’à la force physique et l’exclusion avec l’aide de la police, comme récemment à Berlin, Heilbronn, Braunschweig, Villingen et Düsseldorf le 24 mai. Pour eux, les escapades de l’anticommunisme moderne sont plus importantes que la lutte environnementale commune. En tant que facteur anticommuniste d’ordre conforme au système au sein du mouvement environnemental, ils jouent le même rôle que les dirigeants syndicaux sociaux-démocrates de droite dans le mouvement syndical. Ainsi, le battage médiatique sur les Verts se termine dans la défense pure et simple du capitalisme et de son écoblanchiment à tout prix.

Jens Petring, parlementaire des Verts en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, déclarait fièrement en 1997 : « Nous sommes les meilleurs modérateurs de l’inévitable »xi. Démarrés en tant que parti de protestation petit-bourgeois dans les années 1970, les Verts se sont développés en parti monopoliste bourgeois soutenant l’État jusqu’à arriver au sommet de leur participation au gouvernement fédéral en 1998. Leur soumission aux intérêts monopolistes est ainsi devenue « inévitable ». La contrainte économique actuelle du capitalisme de détruire systématiquement et universellement l’unité vitale de l’homme et de la nature ne peut et ne doit pas être « co-modérée » si l’humanité ne veut pas périr. Par conséquent, un mouvement environnemental efficace doit également faire face à l’écologisme impérialiste des Verts. Vraiment « inévitable » pour la solution de la question environnementale, c’est une lutte environnementale visant à transformer la société !

Sauver l’environnement de l’économie de profit…

… est la ligne de base du travail quotidien en matière de politique environnementale du MLPD avec ses cellules d’environnement. En tant que membre fondateur de l’organisation mondiale révolutionnaire ICOR, il travaille également à l’internationalisation et à l’unification nécessaires des luttes (environnementales). Dans un front de résistance international et actif – pour un avenir de l’humanité dans les États socialistes unis du monde. Une lutte environnementale changeant la société avec une perspective révolutionnaire a besoin d’un MLPD fort. Quiconque s’oppose constamment au développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois, qui s’engage constamment pour le sauvetage de l’environnement de l’économie de profit doit également venir à bout de la pensée « verte » petite-bourgeoise, qui aspire à s’établir dans le capitalisme et le justifier avec une musique de fond pseudo-critique. Il doit venir à bout de l’anticommunisme moderne, avec lequel les Verts se présentent également de manière particulièrement « non dogmatique » et libérale, afin de mettre en œuvre des politiques réactionnaires et impérialistes-écologistes dans la réalité. Il n’y a pas d’entre-deux : Ou l’on se tient du côté de la classe ouvrière, des opprimés et de la libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes. Ou bien on se réconcilie avec le capitalisme. Par conséquent, il faut aussi soutenir l’ensemble de la politique au mépris de la dignité humaine. À long terme, aucune feuille de vigne verte au monde ne peut cacher cela chez les Verts. Aujourd’hui, il est temps de prendre des décisions courageuses – pour des solutions et des changements réels et fondamentaux ! Rejoignez le MLPD et son organisation de jeunes Rebell. Renforcez au sein du MLPD les cellules d’environnement et celles d’implantation ! (gb/hs)

i https://www.gruene.de/artikel/ozonloch-klimawandel-planetare-grenzen-die-oekologie-in-gruenen-grundsatzprogrammen

ii Bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (WMO) du 22.11.2018

iii Programme électoral européen des Verts, p.148

iv Castor : Cask for storage and transport of radioactive material [conteneur de stockage et de transport du combustible nucléaire]

v Programme électoral européen des Verts, ibid.

vi Ibid. p. 18

vii P. 266

viii https://www.dw.com/de/kanzlerin-angela-merkel-schlagabtausch-auf-dem-tag-der-deutschen industrie/a-4905121211

ix Extrait du discours prononcé par Annalena Baerbock à la conférence BDI, juin 2019

x NRW = Rhénanie-du-Nord-Westphalie

xi « Riche ou de droite ? », Jörg Bergstedt, p. 255

Formons l’alliance des révolutionnaires !

Lettre ouverte aux organisations communistes présentes en France et aux militants et militantes isolées pour la construction dune Alliance des Révolutionnaires.

03 / juin / 2019

Camarades,            

1. L’UCL (Unité Communiste de Lyon) et l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste Léniniste), membres de l’ICOR (Coordination internationale des organisations et partis révolutionnaires), vous adressent aujourd’hui ce courrier public, car nous considérons que nous devons nous tendre mutuellement la main et nous adresser à l’ensemble des forces se revendiquant du communisme, de la révolution, de la lutte anti-impérialiste.

2. La réorganisation de la production à l’échelle internationale provoque des crises plus profondes et étendues qu’auparavant. La situation sociale, et, par voie de conséquence la situation politique, est critique. L’application du programme social et économique de la grande bourgeoisie monopoliste, par le truchement des gouvernements, fait sentir ses effets. Les droits sociaux sont très durement touchés et le gouvernement annonce de nouvelles mesures.

3. Les coups de boutoirs du gouvernement ont jeté dans la rue des pans entiers – et nouveaux!- de la société, déclenchant une résistance de masse d’une ampleur et d’une radicalité sans précédent dans l’histoire récente. Cependant, ce mouvement assez spontané n’est pas parvenu à remporter de victoires ni même à enrayer la charge kamikaze de Macron et de ses sbires. La bourgeoisie continue d’enregistrer des victoires tactiques dans ses réformes liquidatrices.

4. Or, la menace est plus profonde qu’une « simple » baisse du niveau de vie. Aux attaques contre les droits économiques qui suscitent la colère et le ressentiment, font suite les attaques contre les droits politiques, contre les « libertés formelles » : le droit de manifester, la presse, la justice, le droit à l’éducation…

5. Les attaques réactionnaires en France vont de paire avec les interventions de l’impérialisme français à l’extérieur. Nous devons combattre d’une part, sa pression croissante sur les régions dominées ou colonisées et, d’autre part, ses tentations de repartage du monde.

6. Des spectres inquiétants rôdent à l’horizon. Le danger existe d’une « droite élargie ». Cette coalition ultra réactionnaire, unissant les secteurs « fréquentables de l’extrême-droite » et de la droite traditionnelle, lorgne sur la possibilité d’accéder au pouvoir après la fin du mandat de Macron, pour poursuivre sa politique en essayant de se recomposer pour être le prochain outil destiné à écraser le peuple. Les appels du pied que se font les Ciotti, Wauquiez, Dupont-Aignant et Le Pen ne passent pas inaperçus.

7. L’influence des thèses réactionnaires et sociales-chauvines contamine jusqu’à certaines organisations se revendiquant du mouvement ouvrier ou même du communisme. Plusieurs organisations en France font campagne par rapport à l’UE en clamant que la France impérialiste est un dominion des USA, de l’Allemagne ou de l’OTAN. Ces organisations se placent, en réalité, comme des soutiens objectifs de notre impérialisme en minimisant le rôle souvent déterminant des monopoles français dans les décisions réactionnaires de Bruxelles et même des instances internationales (FMI, OMC …). Elles sont un cheval de Troie dans nos rangs.

8. Ces forces espèrent tirer bénéfice de la situation, soit en gagnant des positions dans les mouvements sociaux, en jouant sur le confusionnisme par rapport à l’UE impérialiste, en avançant leurs mots d’ordre ; soit en tirant partie du contrecoup réactionnaire qui apparaîtra si les luttes sociales refluent. Il n’est pas possible d’ignorer le caractère particulier de la situation politique et, même si beaucoup d’entre nous rejettent les élections bourgeoises, il n’est pas possible de nier qu’elles sont un moment important de politisation contre la politique bourgeoise, contre la dictature des monopoles.

9. Les fractions les plus réactionnaires de la bourgeoisie ne laisseront pas passer cette occasion pour avancer leurs positions, d’autant que le climat économique peut être confronté à une nouvelle tourmente. Cependant une partie croissante des masses populaires – gilets jaunes, grévistes, syndicalistes, jeunes, femmes – résiste, lutte, proteste et est ouverte à notre propagande : aujourd’hui plus que jamais elle remet en cause partiellement ou totalement le capitalisme. Cette situation polarisée est donc favorable au renforcement du courant révolutionnaire à condition que notre camp soit crédible et recherche lui-même l’unité et la force pour le combat !

10. Les forces communistes, dans ce cadre là, sont mises en face de leurs responsabilités. Nous nous sommes battus, dans la mesure de nos forces, de nos possibilités, de nos terrains. Nous nous sommes battus pour faire avancer la conscience politique et l’organisation des masses populaires et particulièrement des prolétaires, en lutte ou non. Mais il n’existe pas encore de « pôle rouge » capable de pouvoir apparaître d’une manière visible, de former un centre d’attraction et de gravité pour avancer vraiment. On ne peut pas continuer comme ça !

11. Il ne faut pas attendre pour se retrouver ; il existe des différences théoriques, idéologiques, politiques au sein des organisations politiques qui constituent la mouvance communiste en France et dans les régions dominées par elle.

12. Jusqu’à maintenant chaque organisation a mis l’accent principalement sur les divergences, mais pas assez sur les possibilités d’action commune : ainsi on a trop séparé la théorie et la pratique et pas assez développé un travail de masse commun des différentes organisations : déclarations, pétitions, réunions publiques, cortèges et mots d’ordre communs dans les manifestations. Nous aurions tous à gagner à ce que ce pôle révolutionnaire existe et soit bien visible.

13. Nous avons le droit d’être en désaccord sur des questions tactiques, mais nous avons aussi le devoir de mener avec les masses populaires la lutte de la manière la plus efficace, car nous nous battons, en dernière analyse, non pas pour rallier à notre groupe, mais pour une cause, servir le peuple et construire, avec les travailleurs les plus combatifs dans la lutte de classe, l’outil de la révolution, une organisation d’avant-garde, le parti dont nous avons tous besoin.

14. Nous proposons de nous rencontrer, d’acter les uns et les autres de nos existences – et de nos différences!- mais, surtout, acter le fait que nous ne pouvons faire face, seuls, aux tâches immédiates qui nous incombent sur le plan national et international : constitution d’un front uni anti-impérialiste, d’un front unique prolétarien et action commune contre l’UE impérialiste.

15. Le « saut de puce » que nous proposons est indispensable et fondamental pour  commencer ce travail de construction.

16. Pour notre part, nous voulons reconnaître chaque groupe qui puisse se retrouver dans des lignes de démarcation simples et basiques, non pas comme un rival, mais comme un partenaire qui contribue à faire grandir collectivement la perspective du socialisme au sein des masses et notre capacité à jouer un rôle concret et réel dans les luttes.

En espérant de la part de vos organisations des réponses positives.

Salutations révolutionnaires.                               

L’UPML et l’UCL, organisations membres de l’ICOR

Après les élections sur l’Union Européenne de mai 2019

*Crise politique approfondie dans l’UE

*Recherche d’une alternative sociale

*Campagne ICOR

Les élections sous le capitalisme sont une mise en scène de partis et de soi-disant représentants du peuple qui une fois élus, permettent « démocratiquement » de masquer la dictature du capital financier. Que nous apprennent ces élections ?

La crise de l’électoralisme et du parlementarisme est internationale. Dans plusieurs pays (l’Autriche, la Grèce et la Grande Bretagne) la crise politique se prolonge par des élections anticipées suite aux résultats des élections européennes.

Les élections n’ont jamais changé le monde. Sur un fond d’opposition ou non à l’UE, les résultats électoraux montrent qu’il existe à la fois un pôle progressiste en formation et un courant réactionnaire à plusieurs composantes : LR, LRM, RN et PS. L’abstention traduit en partie le refus du parlementarisme bourgeois et plus concrètement de ces partis. Parmi les masses se développe une opposition sociale et politique, pas toujours très claire, à la politique générale de Macron.

Les Gilets Jaunes, par exemple,ont fait encore une fois la démonstration involontaire de la dictature du système et de sa violence. Leur conclusion: ce n’est qu’au quotidien que les choix concrets doivent se débattre et être mis en œuvre dans une démocratie populaire et directe. Mais est-ce possible dans la société actuelle où le capital financier exerce sa dictature pour le profit, y compris sous la forme de l’électoralisme bourgeois ?

Les oppositions s’expriment nécessairement sous des formes multiples : vote ou non-vote ou dans des votes non pas pour un parti mais contre un autre… avec comme résultat qu’il n’y a pas de perspective positive. Les élections dans ces conditions ne peuvent être qu’un reflet déformé et très limité de la conscience sociale, tout au plus un thermomètre donnant la température de « l’opinion publique ».

Presse, radio, télévision sont les moyens indispensables à la bourgeoisie pour diriger et orienter les élections. N’y apparaissent que les « grands partis » portant le discours dominant. Ça nous rappelle que 90% des moyens d’information sont possédés par des groupes financiers comme Bouygues, Dassault, Lagardère et Boloré.

Les médias présentent de faux enjeux : choisir entre « progressistes » (LREM/Macron!) et nationalistes/populistes (Rassemblement National/Le Pen) alors que le véritable enjeu est entre ceux qui défendent ou se soumettent au capitalisme et ceux qui le combattent et veulent le dépasser.

Les élections passées, ces médias ne donnent que les pourcentages de votes exprimés, en exagérant les résultats. C’est pourquoi nos chiffres (toujours arrondis) tiennent compte des 47 Millions d’inscrits et des 23 M. de votes exprimés.

Quelques chiffres et observations:

L’abstention, le plus grand Parti (50%) exprime pour une grande part le refus d’entrer dans le cadre trompeur du parlementarisme bourgeois.

Renaissance/ LREM (Macron), le parti au gouvernement ne réunit même pas 10% des inscrits, une nette baisse par rapport au 1er tour des Présidentielles en 2017 (17% des inscrits). Sa politique est perçue comme réactionnaire par une fraction de plus en plus combative des classes exploitées, mais elle n’est pas encore largement désavouée et combattue.

Le Rassemblement National (Le Pen) regroupe à peine plus de 10% avec un peu plus de 5 Millions d’électeurs. Rapporté sur 20 ans, ce Parti stagne et même régresse par rapport à 2017. Le RN s’installe dans le paysage politique avec l’appui des forces dominantes et médiatiques qui le présentent comme un parti populaire alors qu’il défend le système capitaliste (pas d’augmentation du SMIC, division des travailleurs entre nationaux et ceux qui ne le sont pas). C’est pourquoi il faut renforcer le combat anti-raciste et anti-fasciste – le RN n’est en rien « anti-système », mais en un produit !

Parce que Macron et LREM continuent avec succès leur politique avec de « nouvelles têtes », les Partis gestionnaires de longue date des intérêts bourgeois (de l’UMP-PR au PS) s’effondrent : 4,9% et 3,3% !

Europe Ecologie/Les Verts ont profité des pertes de voix des autres partis et de l’augmentation de la participation et ils atteignent 6,6%. Leurs discours s’adaptent aux préoccupations grandissantes, fortes parmi la jeunesse, concernant les dégâts capitalistes sur l’environnement. Mais en continuant à défendre « l’économie de marché », donc le profit, ils renoncent à mobiliser réellement contre la destruction de l’unité de l’homme et de la nature.

L’existence de 34 listes traduit aussi une recherche d’alternatives qui ne peut être qu’illusoires dans les conditions actuelles. Lors de ces élections en France, il n’y a pas de Parti porte une alternative socialiste révolutionnaire portant le prolétariat au pouvoir.

La campagne de l’ICOR Europe – un travail pionnier !

La Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR) compte dans les pays de l’UE ou très liés à celle-ci des organisations membres ou des Amis de l’ICOR dans onze pays. Ensemble, ils avaient décidé d’une campagne électorale européenne commune et d’une coopération au sein de l’ICOR, renforçant ainsi l’ICOR.

La principale préoccupation de l’ICOR concernant l’Europe : s’attaquer à l’impérialisme européen, avancer dans la construction du Parti révolutionnaire et gagner des forces pour le front uni anti-impérialiste. C’est quelque chose de nouveau et qui a réussi! Des affiches, des tracts, vidéos et meetings ont fait connaître l’ICOR comme moyen de préparer l’alternative révolutionnaire internationaliste. (voir note plus bas).

Cette première campagne conjointe d’ICOR Europe contre l’impérialisme européen a été une étape importante et très fructueuse sur la voie de la construction de la solidarité internationale et du soutien mutuel à la construction de partis révolutionnaires. Toutes les organisations impliquées ont travaillé ensemble sur un pied d’égalité et sur la base de la lutte pour se renforcer. Le moment est venu d’évaluer et de consolider les succès: comment la prise de conscience de ce qu’est l’impérialisme a-t-elle évolué ? Comment la proposition du front uni anti-impérialiste a-t-elle été affirmée? Comment nos organisations continuent-elles à coopérer et à se renforcer ? ICOR Europe fait face à de nouveaux défis passionnants!

Perspectives et quelques conclusions

A l’avenir, les conditions économiques et sociales vont encore plus se dégrader, les affrontements vont se développer et déstabiliser encore plus les certitudes politiques et culturelles. Dans cette situation, les débats d’orientation politiques et les recompositions vont se développer. L’éclatement probable d’une nouvelle crise économique et financière ne ferait qu’accélérer les processus en Europe et dans le monde.

S’il faut être au plus près des intérêts des masses prolétaires, participer à tous les mouvements qui s’opposent à l’ordre établi, affirmer uniquement la nécessité de mener des luttes quotidiennes ne suffit pas. Il faut aussi montrer la voie politique à suivre pour dépasser cette société d’exploitation, d’oppression et de destruction de la nature, qui ne peut être que l’alternative socialiste révolutionnaire. C’est pourquoi nous militons pour reconstruire un Parti marxiste-léniniste rassemblant en son sein les éléments les plus combatifs et les plus conscients. C’est pourquoi nous nous battons pour une Alliance des Révolutionnaires ouvrant la voie à la reconstruction de ce Parti, convaincus que l’avenir appartient au communisme.

Note :The Rode Morgen / Pays Bas, le MIKZ (Organisation de la Communauté de la Jeunesse) / Hongrie, l’Organisation Communiste du Luxembourg (KOL), le Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne (MLPD), Le Parti Communiste de Bulgarie (BKP), le Groupe Marxiste-Léniniste Suisse (MLGS), etc. En France l’Unité Communiste de Lyon (UCL) et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste (UPML) se sont rapprochés les uns des autres et des contacts et membres ont été gagnés.

Union Prolétarienne ML Juin 2019