Réponse à l’appel pour le 23 novembre à la marche contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes

Nous marcherons contre TOUTES les violences faites au femmes !

Bonjour à toutes et à tous,

Nous avons reçu l’ appel pour le 23 novembre (paru en tribune libre dans le journal Le Monde — voir à la fin du texte), signé par de multiples associations et femmes pour manifester à Paris à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Les violences contre les femmes sont révoltantes. L’appel donne des faits et des chiffres – on ne peut pas rester indifférent ! Il faut agir ! Bien sûr, en tant que militantes de la Conférence mondiale des femmes de la base* nous allons participer aux manifestations.

On aurait bien voulu participer également à la rédaction de l’appel, dont on n’a pas eu le projet. On ne peut réagir donc que maintenant. Il s’agit de la réduction presque totale dans l’appel de cette lutte aux « violences masculines ». Les violences faites aux femmes sont multiples ; elles sont physiques, psychologiques, économiques, politiques et militaires. Notre société entière fonctionne de manière violente ! N’avons-nous pas pointé du doigt la précarité croissante des femmes – dont profite largement les employeurs ? N’avons-nous pas crié notre colère contre le démantèlement du droit du travail (Loi El-Khomri), qui frappe en premier lieu les précaires, dont la majorité sont les femmes ? Est-ce que les femmes Gilets jaunes ne nous ont pas montré.e.s le désarroi des femmes isolées et des familles monoparentales, dont l’écrasante majorité sont des femmes ? La société forme également une image « sexy » de la femme – malgré quelques petits progrès – par la mode. Par le « jeu de rôles », entre soumise et prostituée, ou les deux à la fois, les inégalités entre sexes font grandir la dépendance économique et idéologique des femmes envers les hommes.

L’appel parle des hommes en tant que « classe ». Il est très confus sur ce point. Tout sociologue un peu clair dira que les classes dans la société se distinguent par leur fonction dans la société : soit propriétaires de moyens matériels/ de moyens de production et d’échange, soit exploité(e)s. On trouve les hommes dans les deux classes. Cependant, les patrons en tant que possédants sont aussi les grands gagnant en ce qui concerne les inégalités entre hommes et femmes : Ils profitent d’une main d’œuvre bon marché. Ils profitent de la double journée de travail des femmes lors de laquelle celles-ci (re)produisent la main d’œuvre (ménage, soins, élevage des enfants) L’appel se prive de presque toute critique de la politique du gouvernement et du patronat. Ces derniers devraient être reconnaissants ! Ce système capitaliste PROFITE de la situation ; cela explique l’inertie contre les violences faites aux femmes. Nos luttes seront décisives pour changer la donne !

Actuellement nos retraites sont attaquées. La pauvreté des femmes âgées est bien connue suite à leur parcours marqué par des temps sans emploi pour élever les enfants et par les « petits boulots ». Le mouvement des femmes doit être bien présent à la grève du 5 décembre pour défendre nos conquêtes  contre les attaques du gouvernement aux ordres du grand patronat !

L’appel réduit également notre regard sur la seule France. Maisà chaque manifestation nous crions : « Solidarité – avec les femmes du monde entier ! ». Les femmes victimes des guerres – au Yémen, au Rojava, Syrie, en Irak et Iran, au Congo…. Guerres commerciales, mais aussi guerres tout court pour le contrôle des marchés, des attaques militaires contre les populations civiles, les viols comme arme militaire.

TOUTES ces violences (certainement encore incomplètes) sont à combattre ; elles forment un ensemble structurel dans le système capitaliste. Sans voir cet ensemble, pas d’éradication des violences physiques contre les femmes. Il faut protéger les femmes menacées, éloigner et punir les hommes violents. Mais « les hommes » en général ne sont pas nos adversaires. Il faut se battre pour l’émancipation des femmes que les hommes doivent accepter et soutenir, pour notre combat commun contre le capitalisme – pour une société libérée de l’exploitation et de l’oppression.

militante de la conférence des femmes de la base.

* La prochaine Conférence aura lieu en automne 2021 en Tunisie. Voir le site www.worldwomensconference.org

Kurdistan syrien “Nos seuls amis sont dans les rues du monde entier!” Salih Müslim

“Nos seuls amis sont dans les rues du monde entier!”



Salih Müslim a été coprésident du Parti de l’Union démocratique syrienne (PYD) de 2010 à 2017. Il est actuellement coordinateur adjoint du Comité national de coordination pour le changement démocratique. Le 26 octobre 2019, il a pris position par rapport à la guerre d’agression du régime turc fasciste sur la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie.

Salih Müslim a été invité pour prendre la parole lors de la manifestation du Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie (MLKP)
i à Ludwigshafen/Allemagne le 26 octobre à l’occasion de son 25e anniversaire. En raison de la situation de guerre, Salih Muslim n’a pas pu entrer en Allemagne. Il a envoyé le message ci-dessous pour la discussion sur le podium via Skype. La Turquie demande l’extradition de Salih Müslim, car le démocrate convaincu est un terroriste à leurs yeux. Nous publions son message complet ici.

Salih Muslim :
« Depuis le 9 octobre, Rojava a été attaqué non seulement par la Turquie, mais également par des bandes terroristes islamistes. Le 17 octobre, un cessez-le-feu est intervenu. Nous sommes prêts à discuter, mais l’autre côté ne nous a pas respectés. L’accord, et avec les Russes et avec les États-Unis, nous ne les acceptons pas. Nous n’acceptons que la trêve. En outre, il n’existe pas de véritable cessez-le-feu, les attaques se poursuivent et la population civile est attaquée.

Pas le choix mais la résistance par tous les moyens
Tout le monde est uni et ces pouvoirs n’écoutent personne. Cela vaut en particulier pour l’AKP et le MHP (parti fasciste en Turquie, qui forme le gouvernement avec l’AKP d’Erdoğans, note de l’éditeur). Nous n’avons d’autre choix que de résister par tous les moyens. 300 000 personnes ont déjà pris la fuite. Beaucoup d’entre eux sont seuls, la plupart doivent dormir en plein air n’ayant pas d’abri. À Kobanê ou à Hasaka, ils viennent essayer de s’occuper d’eux, mais dans bien d’autres endroits, ils n’ont personne pour s’occuper d’eux.

Les organisations d’aide des organismes internationaux n’apportent aucune aide en matière de médicaments. Il y a de moins en moins d’hôpitaux en fonction. Du Kurdistan du Sud¹, nous recevons des marchandises, mais elles sont complètement insuffisantes. L’infrastructure est perturbée – les routes entre les villes ont été fermées.

L’espace aérien doit être bloqué
Nous ne sommes plus confrontés seulement à Daesh. Des drones et des avions de chasse des fascistes turcs menacent également nos vies. L’espace aérien doit être bloqué! Depuis plus de deux ans, la Turquie entretient de bonnes relations avec Daesh. Ils avaient occupé les puits de pétrole pendant une période à l’Est, développé un commerce de pétrole dynamique et la famille Erdoğans avait également gagné beaucoup d’argent grâce au gaz naturel.


La résistance de Kobanê est un signal énergique
La bataille de Kobanê a commencé alors que Daesh et les membres de gangs devaient se trouver à la frontière. Maintenant, ils se préparent à une nouvelle attaque. Ces gangs assassinent, détruisent et mutilent les gens.

Il y avait des rassemblements internationaux et des accords contre nous. L’ONU, les États-Unis et la Russie se sont rencontrés trois fois. C’est un ignoble plan, ils se sont tous mis d’accord contre les Kurdes. Nous connaissons le génocide des Arméniens, il s’agit en définitive d’un génocide des Kurdes. Surtout, l’attaque vise le système démocratique, les droits des femmes, l’autonomie gouvernementale et la coexistence pacifique multiethnique. Ils veulent détruire ça !


Nos seuls amis sont dans les rues du monde entier! Ils devraient le savoir : nous résisterons jusqu’au bout. Nous ne nous sentons pas seuls parce que vous existez ! Nous nous défendrons jusqu’au bout – et le but c’est la victoire. Cette victoire profitera à toutes les forces progressistes du monde. Nous n’avons jamais été séparés de vous ces dernières années. Et c’est pourquoi la victoire ne sera pas seulement la nôtre, elle sera aussi la vôtre. »

iLe MLKP est membre de l’ICOR

Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans

Une opération de soumission de la jeunesse : il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques.Salih Müslim

La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à poursuivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité.

Des dépenses considérables : 6 milliards €/an, selon un rapport sénatorial de 2017. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires !

Le renforcement de la militarisation. Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée.

Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent.

Mais c’est déjà le cas !

Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc.

Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager !

Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ?

Non au SNU ! Abrogation du SNU !

Campagne unitaire contre le SNU : Union Prolétarienne Marxiste Léniniste, Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, Solidaires Étudiant.e.s, ASSO-Solidaires, SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, Émancipation tendance intersyndicale, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie – Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Radio-Libertaire, Revue Silence.