Allemagne – Il y a 100 ans la Révolution de Novembre ! Depuis 50 ans – la construction du Parti par le MLPD !

En janvier 2019, les révolutionnaires en Allemagne et au niveau international commémorent le centenaire de la révolution de Novembre en Allemagne, abattue par la contre-révolution. En janvier 1919, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg ont été assassinés. Tous les ans, le deuxième dimanche de janvier, la « Manifestation des LLL », pour Lénine, Liebknecht et Luxembourg affirme que le combat pour le socialisme continue.

Nous publions ci-dessous un article à ce sujet du Rote Fahne (Drapeau Rouge), magazine du Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne (MLPD), no. 22/ 2018.

http://upml.org/index.php/2018/12/17/week-end-revolutionnaire-berlin-12-et-13-janvier-2019/

1918 : Il y a un siècle, en Allemagne, la révolution de novembre a mis fin au régime impérial et à la première guerre mondiale.

A l’époque, l’Allemagne était traversée par un souffle révolutionnaire. Aujourd’hui bien sûr, on ne peut pas encore parler de situation révolutionnaire. Néanmoins, un changement d’état d’esprit progressiste se développe au sein des masses. C’est le moment idéal pour réfléchir, en s’inspirant de la révolution de novembre, à une révolution, une véritable transformation de la société. Radicalement à gauche, révolutionnaire, pour  vrai socialisme, c’est ce que défend le MLPD qui se targue avec fierté d’avoir en 50 ans construit un parti de type nouveau.

En 1914, l’Allemagne alors néo-impérialiste a déclenché la première Guerre Mondiale. C’était le résultat de la lutte entre impérialistes pour un nouveau partage du monde. Au début de la guerre, le nationalisme allemand a su éveiller jusqu’au sein des masses populaires une vraie ferveur guerrière. Mais après quatre années de vies humaines perdues, une famine à grande échelle et la misère, les masses ont perdu leurs illusions et ont brisé la propagande psychologique de poursuite de la guerre.

Une situation révolutionnaire

Les situations révolutionnaires ne peuvent pas être provoquées ou créées arbitrairement. Certes les révolutionnaires auraient bien renversé le Kaiser dès l’éclatement de la guerre. Mais une révolution a besoin de facteurs objectifs et subjectifs pour parvenir à maturation : cela implique une situation dans laquelle les dominants ne peuvent plus régner comme avant. C’est pourquoi les profondes crises économiques et politiques agitant l’impérialisme sont de la plus haute importance.

Malgré l’armistice conclu avec la Russie – qui venait de vivre sa révolution d’Octobre – l’impérialisme allemand tanguait en 1918 vers sa défaite militaire. Les gens étaient totalement épuisés et réclamaient la paix. Depuis le début de la guerre, 800 000 femmes et enfants étaient morts de faim et de dénuement. Les masses populaires ne pouvaient et ne voulaient plus être  dirigées comme avant. En janvier/février, 500 000 travailleurs participèrent à une grève générale politique. La ligue révolutionnaire Spartacus joua un grand rôle. Menée par les deux grands révolutionnaires allemands Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, cette grève exprimait une critique de la politique socialechauvine  du SPD jadis révolutionnaire.

La pensée révolutionnaire doit s’emparer des masses ! Une révolution n’est pas une action anarchiste unique, ni un putch, mais un soulèvement des masses. La révolution se fait d’abord dans la tête. Cela montre l’importance considérable de la lutte pour guider l’opinion publique au sein des masses. Elle précède chaque combat majeur et les marxistes-léninistes doivent la gagner grâce à un travail patient et par petites touches.

Appels ou révolution?

En août 1918, 250 000 soldats se rendirent à l’ennemi. L’ambiance changea totalement en octobre 1918 quand, dans la perspective de la défaite militaire, d’arrogants officiers issus de l’aristocratie voulurent inciter des dizaines de marins à participer à des batailles navales perdues d’avance. La direction politique et militaire du Reich allemand ne contrôlait plus la situation dans le pays.

Début novembre, les marins de Kiel refusèrent massivement de partir. Beaucoup parmi eux étaient d’anciens travailleurs de l’industrie. Ils avaient mis en place des connexions et structures illégales et pactisèrent avec les travailleurs à Kiel. Le dimanche 3 novembre, ils organisèrent ensemble une manifestation géante à travers la ville. Quand des fidèles de l’empereur attaquèrent la manifestation, l’avalanche révolutionnaire se mit en branle. L’intervention de l’appareil répressif de l’Etat contre les masses populaires qui protestent constitue souvent un tournant dans l’évolution politique. En Allemagne, l’avalanche engloutit l’empire allemand, créa le droit de vote pour les femmes, instaura la mise en place de comités d’entreprises et bien d’autres droits démocratiques d’association et de coalition. Des conseils d’ouvriers et de soldats virent le jour.

Si la guerre prit fin, ce n’est pas grâce à la perspicacité ou le retour à la raison des dirigeants, ni en raison des appels de personnes souffrant à cause de la guerre, mais grâce à la révolution. La révolution de Novembre peut s’enorgueillir de tels résultats. Mais les travailleurs révolutionnaires voulaient plus, à savoir une république populaire de « soviets » sur le modèle de la Russie socialiste. Le 9 novembre, Karl Liebknechtproclama la république socialiste. Presqu’au même moment, Philipp Schneidemann proclama la république bourgeoise. Le SPD fit tout son possible pour empêcher une révolution socialiste.

Le rôle joué par la direction du SPD

Jusqu’à aujourd’hui encore, le SPD revendique à tort les conquêtes de la révolution de Novembre. En réalité, il fut son ennemi le plus acharné comme le révèle Scheidemann en 1922 : « La social-démocratie n’a jamais mené une propagande antimonarchiste, une activité positive pro républicaine… Affirmer que la social-démocratie a voulu ou préparé la révolution de novembre est un mensonge de nos adversaires aussi ridicule qu’insensé ».1

Mais quand la révolution devint inéluctable, les dirigeants sociaux-démocrates comme Scheidemann, Friedrich Ebert, Gustav Noske ou Conrad Haußmann multiplièrent avec fébrilité les initiatives pour se mettre à la tête. Une course entre forces révolutionnaires et opportunistes commença.

Mais une révolution ne suit pas un long chemin tranquille avec une convergence soudaine de tous les courants au sein du mouvement des travailleurs – bien au contraire. Entre orientation révolutionnaire et orientation réformiste, la lutte se propage et se durcit. Et elle doit être menée jusqu’au bout avec toute la rigueur nécessaire aussi au sein du mouvement ouvrier.

Cet affrontement ne cessa de s’intensifier. Le 16 décembre 1918, le Congrès national des comités d’ouvriers et de soldats se réunit pour la première fois. Karl Liebknecht réclama la chute du gouvernement, l’armement du prolétariat révolutionnaire, le désarmement de la contre-révolution. Néanmoins, à l’encontre du slogan «  Tout le pouvoir aux conseils », le congrès appela à l’élection de l’assemblée nationale bourgeoise.

Après que l’armée ait tiré dès le 6 décembre sur des travailleurs révolutionnaires, ces derniers se battirent héroïquement. Entre le 6 et le 15 janvier 1919, des combats de rue firent rage dans Berlin, des rédactions de journaux furent occupées. Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, les leaders de la révolution, furent assassinés le 15 janvier par des corps francs réactionnaires, en même temps que des milliers de travailleurs/euses révolutionnaires. La déclaration de Gustav Noske, qui, en sa qualité de ministre responsable du SPD donna l’ordre de commettre ce massacre réactionnaire, est passée à l’éternité : « Il faut que quelqu’un fasse le chien sanguinaire ». Il est révélateur que Heiko Maas (SPD), le ministre des affaires étrangères, se réjouisse aujourd’hui encore qu’il y ait à Berlin des rues qui portent le nom « d’hommes politiques comme Ebert ». Or c’est ce  dernier qui donna l’ordre d’écraser le soulèvement des spartakistes.

Il faut des partis révolutionnaires forts

Le principal problème rencontré par la révolution de Novembre fut l’absence d’un parti révolutionnaire capable de diriger les masses populaires vers un objectif clair. En Russie, les révolutionnaires regroupés autour de Lénine s’étaient séparés dès1903 des opportunistes. Depuis, ils avaient bâti leur propre parti, celui des Bolcheviks, et par un travail soutenu d’information, dénoncé  inlassablement le rôle nuisible de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier. Dans le cadre de la révolution d’Octobre, le premier Etat socialiste fut créé sous la direction des Bolcheviks.

En Allemagne, les révolutionnaires sont restés bien trop longtemps dans le SPD qui n’a cessé de s’embourgeoiser. En lieu et place d’un parti révolutionnaire, ils se sont regroupés d’une manière désordonnée au sein du groupe Spartakus. Certes, ce dernier a joué un rôle important dans la préparation et la conduite de la révolution, mais il manquait de puissance et d’expérience. Le Parti communiste vit le jour en pleine révolution, fin décembre 1918.

L’indécis USPD (parti socialiste démocratique indépendant) se plaçait entre le parti communiste révolutionnaire et la sociale-démocratie opportuniste et sociale-chauvine. De nombreux camarades révolutionnaires en faisaient partie. Mais l’USPD était hésitante et tiède dans ses engagements. « Au sein du courant révolutionnaire de la sociale-démocratie, les tendances conciliantes ont renforcé l’opportunisme et l’ont aidé à remporter la victoire » conclut Willi Dickhut, précurseur et co-fondateur du MLPD pour orienter la résistance illégale contre le fascisme hitérien.2

Ce qui apparait aujourd’hui comme une simple divergence d’opinion tactique peut, en des temps particulièrement troubles, devenir une question de vie ou de mort. Ce fut le cas en janvier 1919.

En plus de nombreux acquis très concrêts, la révolution de novembre conserve une grande valeur pour les luttes de libération. La conséquence la plus importante et la plus ineffaçable : la création d’un parti marxiste-léniniste et son évolution en un parti des masses, puis d’un parti de masse, revêt une signification existentielle pour l’aboutissement ou l’échec de la révolution prolétarienne.

Même si aujourd’hui la situation n’est pas révolutionnaire, le système impérialiste mondial est néanmoins en proie à des crises chroniques en aggravation accélérée. Face à la crise mondiale des réfugiés, une transition accélérée vers une catastrophe écologique mondiale, une guerre commerciale en pleine expansion, une crise de l’Union Européenne, à l’arrivée de signes annonciateurs d’une nouvelle crise économique et financière mondiale, et une tendance générale des impérialistes à préparer la guerre, on constate un changement d’état d’esprit progressiste à l’échelle de la planète. Les masses ne veulent pas périr à cause de la barbarie impérialiste. En Allemagne, le système politique traverse une crise de confiance d’une gravité exceptionnelle envers les partis bourgeois, les institutions et le parlementarisme bourgeois. Les manifestations de masse contre l’évolution droitière du gouvernement prennent de l’ampleur, notamment après les grandes grèves syndicales du début de l’année 2018.

L’effervescence révolutionnaire viendra. Pourra-t-elle conduire à la libération de la société ?  La réussite dépendra avant tout de notre préparation aujourd’hui.

Contrairement à 1918, la classe ouvrière dispose aujourd’hui en Allemagne d’un parti révolutionnaire : le MLPD ! Sa création devint nécessaire après que le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands), auparavant révolutionnaire,  à partir du 20ème congrès du PC soviétique ait succombé à la dégénération révisionniste. Le MLPD a défendu les conquêtes révolutionnaires et s’inscrit dans l’ancien mouvement communiste. Néanmoins, il a tiré dès le départ des conclusions créatives des forces et des faiblesses de celui-ci et des conditions changées de la lutte des classes.

Il s’emploie avec patience et obstination à ce que les expériences en matière de lutte de la classe ouvrière et des travailleurs s’interpénètrent avec la théorie révolutionnaire. Il mène des combats non pas pour des réformes éphémères mais en tant qu’école de la lutte des classes. Cette action commence par les questions concernant les entreprises et les nombreux compromis pourris acceptés par les dirigeants syndicaux de droite. De nos jours, l’opportunisme penche à nouveau fermement en faveur du social-chauvinisme, et également pour une trêve avec ses propres monopoles, son propre impérialisme. Ce genre de trêve, nous savons comment il peut finir, les 17 millions de morts de la première guerre mondiale peuvent en témoigner.

Au cours des 50 années de son édification depuis 1968, le MLPD a développé de nombreuses caractéristiques originales pour un parti marxiste-léniniste d’un type nouveau, comme par exemple son caractère prolétarien, ses fondements théoriques solides, son autofinancement, son système de travail minutieux, une relation des plus étroites entre direction et base, un programme très élaboré et le centralisme démocratique en guise de principe d’organisation. Pour éviter les erreurs, il s’appuie sur un système d’autocontrôle. A l’aide de la critique de principe et de l’autocritique envers les masses et au sein du parti, le MLPD poursuit son développement fécond. Il apprend à mieux exercer le rôle de leader qu’il doit assumer dans la lutte pour l’instauration du socialisme et son développement ultérieur.

Consultations, échanges et interaction des révolutionnaires – entre la Russie, l’Allemagne et les autres pays – n’ont été possibles au début du dernier siècle que par courrier. Il n’existait pas encore d’organisation internationale comme l’Internationale Communiste qui fut créée quelques années plus tard. C’est une question dont s’occupe le MLPD avec obstination. Il a initié avec d’autres la mise en place de la Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR) en 2010. Aucune révolution ne doit être écrasée de nos jours dans l’isolement. C’est ce qui figure sur les drapeaux des désormais 51 organisations membres de l’ICOR. Cette organisation révolutionnaire mondiale est désormais représentée et active sur quatre continents.

Pas de Partis ?

Mais la classe dirigeante a elle aussi tiré des leçons de la révolution de novembre. De nos jours, elle s’efforce chaque fois que c’est possible d’atténuer les contradictions de classe. En amont d’évolutions potentiellement révolutionnaires, elle envoie des fonctionnaires appartenant soi-disant à des partis parlementaires de gauche progressistes et à des ONGs dans les mouvements sociaux, manifestations de protestation ou luttes des travailleurs. Leur mission est de faire perdre le cap ou de diviser le cas échéant. Ce n’est pas par hasard si leurs prétentions destructrices s’exercent contre les partis. Leurs partis bourgeois sont de plus en plus discrédités aux yeux des masses. C’est pourquoi leur haine s’exprime à l’encontre du MLPD. En effet, en l’absence de partis révolutionnaire, il ne peut pas y avoir de luttes réussies pour changer la société, et encore moins de renversement fondamental des rapports (révolution). Le parti de la classe des travailleurs est incontournable pour s’organiser, en raison de son expérience en matière de luttes sociales et de transformation collective du mode de pensée. Tous ceux qui aspirent à une alternative sociale ont intérêt à le renforcer.

Note de base 1 : citation du livre de Willi Dickhut: Prolétarischer Widerstand gegen Faschismus und Krieg, page 641

Note de base 2 : ibid, p. 669

L’opportunisme dans le mouvement des travailleurs : courant bourgeois qui ne voit pas les caractéristiques basiques du développement du capitalisme et sacrifie les intérêts de classe du prolétariat pour des intérêts immédiats, qui refuse aux masses la capacité à se libérer par leurs  propres moyens et rejette la révolution et se prononce en faveur de la coopération avec la bourgeoisie.

Révisionnisme : courant idéologique bourgeois au sein du mouvement ouvrier qui se revendique en paroles du marxisme-léninisme ou du marxisme, mais qui en dénature la doctrine de base. Au lieu de prôner la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière pour le socialisme et la dictature du prolétariat, les révisionnistes militent en faveur de la voie pacifique « vers le socialisme ».

Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

La position sur la situation en Ukraine du KSRD [Conseil de Coordination du Mouvement de la Classe Ouvrière en Ukraine] octobre 2018

Nous relayons ce positionnement de nos camarades membres de l’ICOR en Ukraine non comme une position de l’UCL, mais bien comme un texte d’information pour apporter autre chose comme point de vue que celui qui filtre au travers des agences pro-occidentales ou des relais de Moscou. Nous pensons que les marxistes-léninistes d’Ukraine sont plus que légitimes pour apporter leur pierre à la réflexion des communistes en France, d’autant que leurs positions sont partagées par la Plate-Forme Marxiste-Léniniste de Russie.

La situation en Ukraine

L’évolution de la situation en Ukraine depuis 2014 suscite de nombreux débats. À cet égard, nous nous devions d’apporter une clarification fondamentale sur la base d’une analyse de classe.

Le régime politique qui a existé en 2010-2013 et qui a été dirigé par l’ancien président Viktor Ianoukovitch a été caractérisé par l’autoritarisme et par une forte concentration du pouvoir dans les mains d’un groupe politique représentant la plus grande société financière et industrielle nationale appelée SCM [System Capital Management, qui est un holding intégralement détenu par un homme d’affaire nommé Rinat Akhmetov]. En fait, le régime a fait de l’Ukraine sa propriété privée. Des militants prolétaires progressistes, des journalistes, disparaissaient et mouraient d’année en année. La classe ouvrière vivait dans un climat de peur.

L’idée de l’accord d’association avec l’UE est née dans les profondeurs du régime en 2011. Il visait principalement les profits des entreprises de SCM, de ses alliés et de sa superstructure politique. Au cours de la période 2011-2013, Kiev a mené des négociations intensives avec l’UE, plaidant publiquement en faveur du renforcement de l’indépendance vis-à-vis de la Russie et de ses intérêts. Toutefois, à partir de 2013, l’accaparement et la corruption à tous les niveaux ont conduit à des déséquilibres importants dans l’économie, que le régime de Ianoukovitch a essayé de compenser par l’augmentation de la dette extérieure. Mais le FMI et d’autres institutions du capital mondialisé ont proposé des fonds en échange de la soumission complète des intérêts du pays. La bourgeoisie nationale représentée par le SCM et ses alliés ne s’est pas montrée intéressée et a lancé des appels d’offres à l’Occident, essayant d’obtenir les conditions de négociation les plus favorables.

Entre-temps, la situation économique s’est détériorée et, avant la signature de l’accord d’association avec le Kremlin de l’UE, Kiev s’est vu proposer une alternative : quitter l’association et se rapprocher de la Fédération de Russie, avec un prêt à faible taux d’intérêt de 15 milliards de dollars. La clique Ianoukovitch a accepté, en dépit de la massive et agressive propagande pendant 3 ans sur l’ »intégration européenne ». Malgré toutes les exhortations personnelles des dirigeants européens (dont la chancelière allemande Angela Merkel), l’accord n’a pas été signé.

Ce renversement de tendance a été un facteur important dans l’évolution de la situation. Une partie politiquement active de la société, percevait comme positive le contenue de la propagande pro-européenne et ne pouvait accepter le refus du  » vecteur européen  » par l’élite au pouvoir. A Kiev et dans d’autres grandes villes, les  » euromaidans « , des réunions de masse et des manifestations de soutien au  » vecteur  » sont apparues et ont commencé à se développer. Ces mobilisations ont été immédiatement soutenues par les pays occidentaux sur les plans organisationnels, financiers et politiques. Ces mobilisations ont été dirigées par les forces de droite et bourgeoises  » oppositionnelles « , spéculant habilement sur la perturbation de la classe ouvrière par la politique et des crimes du clan Yanoukovitch.

Le régime a rapidement pris des mesures fermes contre ces protestations, et, en un mois, il a perdu tout contrôle sur la situation. La manipulation habile des  » dirigeants maidanais « , associée à l’athmosphère de protestation, réelle, des masses, ont conduit à l’élargissement des protestations jusqu’au renversement du régime. Ces événements présentaient, dans leur essence, certaines caractéristiques de la révolution démocratique nationale contre la domination oligarchique des acolytes du SCM. Mais il était tout à fait prévisible et attendu que la droite et les dirigeants populistes s’emparent immédiatement du pouvoir, dans le pays désormais entre leurs mains. En 3 mois, les élections présidentielles extraordinaires ont été remportées par Petro Porochenko, l’un des plus grands  » oligarques  » nationaux, qui, quelques années auparavant seulement, ne dédaignait pas d’être ministre dans le gouvernement Ianoukovitch. Cette fois, Porochenko s’est présenté comme un combattant contre l’ancien régime, pour l’ »avenir européen du pays ».

La Russie, vaincue localement dans la lutte pour l’Ukraine, a immédiatement réagi en fomentant une rébellion armée dans la région autonome de Crimée, soutenue par les troupes régulières russes. Il en a résulté une occupation militaire et l’annexion de facto de la Crimée a entraîné une forte détérioration des conditions de vie de sa population. De plus, en mars-avril 2014, avec l’aide de combattants pré-entraînés et d’une propagande mensongère, Moscou a pris l’initiative de se saisir des institutions publiques dans les principales villes des régions de Donetsk et de Lugansk. Ces zones ont été choisies uniquement su fait que l’l’influence administrative du régime évincé y était la plus forte, presque totale. Pour cette raison, les forces armées locales n’ont pas résisté à ceux qui se sont emparés des institutions de l’Etat.

Dans ce contexte, les nouvelles autorités de Kiev ont décidé de lancer une  » opération antiterroriste « , l’ATO, dans le Donbass contre les rebelles pro-russes. L’ATO a rapidement rencontré une résistance organisée, bénéficiant d’un approvisionnement particulièrement important de la part de la Russie. En août 2014, l’armée régulière russe est arrivée au Donbass, principalement avec des groupes tactiques de petites dimensions, de l’ordre du bataillon. À l’automne 2014, la ligne de front s’est stabilisée. Les deux parties constituent des forces militaires structurées, les rebelles pro-russes reçoivent tout type de soutien de la Russie, et les armées locales sont commandées par des officiers de l’armée russe.

Ainsi, nos travailleurs sont devenus victimes de la lutte entre les différents centres d’influence impérialistes. D’une part, les travailleurs de la majeure partie du pays sont exposés à la propagande officielle, détournant leur attention des problèmes sociaux urgents vers des idées nationalistes qui sont étrangères aux intérêts de classe réels de ces travailleurs. En conséquence, les sentiments de droite dans la société se sont accrus, ce qui a renforcé les forces de droite telles que le « secteur droit » [Pravyï sektor], la « liberté » [Vseukrainske ob’iednannia « Svoboda »] et autres. La  » décommunisation  » a été lancée, les symboles communistes ont été interdits. En plus des véritables escouades de volontaires, un certain nombre de  » bataillons  » oligarchiques ont été créés, financés par une grande capitale et agissant dans son intérêt, y compris les conflits commerciaux. Dans le pays, il y a des conseillers militaires de l’Occident et de ses alliés (USA, Canada, UE, Israël et autres).

Une partie de ce processus a déclenché une recrudescence patriotique sincère parmi les masses, dirigée contre l’agression sanglante de Poutine et les régimes fantoche du Donbass. Cette augmentation s’exprime, entre autres, dans le mouvement des volontaires qui assistent les forces ukrainiennes sur la ligne de front. En outre, la guérilla populaire contre les juntes locales pro-Kremlin s’intensifie dans la partie occupée du Donbass. Malheureusement, la plupart des patriotes sincères ne voient pas l’autre côté de la question, à savoir l’impérialisme occidental et le régime de Kiev, dont la rhétorique patriotique et même anti-impérialiste est liée à ses intérêts politiques et commerciaux.

A son tour, la classe ouvrière du Donbass et de la Crimée est soumise à la propagande impérialiste féroce du Kremlin, qui tente de créer l’illusion de l’ »autodétermination des peuples » et de la « lutte anti-fasciste ». En fait, les forces pro-moscovites utilisent des méthodes pro-fascistes qui sont typiques des dictatures militaires réactionnaires du monde entier. Les soldats de l’armée régulière de Poutine et des groupes armés locaux pro-russes apportent la mort et la destruction à notre pays et à ses travailleurs. La partie de l’Ukraine occupée par ces troupes s’est transformée en une zone d’anarchie et de peur, où règnent les bandits armés, ayant souvent un passé criminel. Les travailleurs font des grèves et protestent, mais ces actions sont durement réprimées par les juntes locales, qui licencient des centaines de manifestants. En fermant les yeux sur tout cela, la majorité des  » forces de gauche  » révisionnistes, telles que le PCU révisionniste, ainsi que des groupes volontaires et/ou trotskistes, soutiennent directement ou indirectement les actions de Moscou, y compris l’agression militaire réfléchie suivie d’une vaste campagne internationale de promotion.

Nous, marxistes-léninistes ukrainiens, sommes fermement opposés à toute forme d’agression impérialiste dans notre pays. Nous appelons nos camarades de tous les pays à abandonner l’idée que certains impérialistes peuvent être meilleurs que d’autres. L’impérialisme, le capitalisme se traduisent toujours par la guerre et par la violence. Les aspirations des travailleurs ukrainiens ne sont pas de suivre la propagande bourgeoise, mais de lutter pour les droits réels, pour des salaires décents et une protection sociale adéquate, pour des niveaux de vie plus élevés. Et, bien sûr, ils ont le droit de vivre sans guerre, sans le rugissement des obus sous les paroles mensongères du Kremlin ou de la bourgeoisie occidentale.


A bas les envahisseurs impérialistes !


Vive la révolution socialiste !


Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !


Le Conseil du KSRD

Ukraine

Le mouvement des gilets jaunes : La surestimation des difficultés

Nous reproduisons une analyse de l’Union Communiste de Lyon sur les positions  gauchistes face au mouvement des gilets jaunes sur laquelle nous partageons bien des points de vue

Source – La surestimation des difficultés par UCL

La surestimation des difficultés. Partie 2

E.Vertuis

Au fur et à mesure de l’écriture de ce texte, le temps s’écoule. Les positions se décantent, et certains qui, hier, rejetaient le mouvement des Gilets Jaunes, aujourd’hui, le regardent d’une autre manière. Il s’agit de quelque chose de positif.

La méthodologie du revirement est parfois étrange. Certains ont choisi une voie fascinante : celle de dire « notre position est restée la même, c’est le mouvement qui a changé. » En somme, plutôt que d’admettre le fait d’avoir eu tort, il est plus aisé de prétendre que le fond de l’affaire n’est plus le même. Cette position, très divertissant au demeurant, exige un commentaire :

Nous ne sommes pas des prophètes. Le matérialisme dialectique, indépendamment de l’avis qu’on lui porte, est la seule méthode d’analyse efficace qui puisse être employée pour parvenir à établir des positions justes. Mais elle se base sur des éléments matériels, non sur des suppositions. Ce qui permet de déterminer la nature d’un mouvement, c’est son contenu de classe, sa pratique, son fond. Des fois, il arrive qu’on se trompe. Mais il est important, alors, de savoir -ne serait-ce que pour soi même- le reconnaître.

Il n’en reste pas moins qu’il est important de comprendre quels ressorts idéologiques sous-tendent le rejet de cette mobilisation. Cette position peut se caractériser comme une « déviation de gauche » dans le sens où elle surestime la possibilité de rallier la plus grande majorité du mouvement, ou même une partie des éléments les plus avancées. Elle considère qu’il est impossible de pouvoir faire triompher une ligne politique révolutionnaire ou tout du moins progressiste au sein de celui-ci. Il faut donc d’ailleurs que ce mouvement s’éteigne le plus vite possible. Au gauchisme s’ajoute le liquidationnisme.

Là se retrouve la conception idéaliste ou au minimum une mauvaise conception de la dialectique, du matérialisme dialectique et de la lutte des classes. La primauté de la pensée sur la matière, de l’idée sur la pratique, explique en grande partie ces prises de position. La mobilisation des gilets jaunes est effectivement partie de mots d’ordres et de revendications qui avaient un caractère interclassiste et qui pouvaient prêter le flanc de manière importante aux dérives poujadistes ou même fascisantes. C’est là une vérité indéniable. Mais les sages qui ont décidé que ce mouvement serait « de droite » ont opté pour une négation de tout ce qui pourrait le faire évoluer.

L’interaction entre les idées et les pratiques transforment tout. Le mouvement des gilets jaunes ne fait pas figure d’exception. Il avance, change, se transforme. Beaucoup sont partis dans la lutte avec des idées préconçues ou fausses. Des idées sur la République et la Démocratie, transmises par l’école. Des idées sur le fonctionnement de la société, des croyances en des théories du complot, dans le fait que les médias, les politiciens, soient des maîtres et non des outils…etc.

Mais plus la lutte avance, plus elle brise ces idées. Les violences policières ont brisé le paradigme d’une police du côté du peuple. Le patronat, au début très présent, s’est à présent distancié. Le regard sur les politiciens évolue, et la compréhension de leur place dans la lutte des classes se fait jour. Cette évolution est d’une part le fruit de l’expérience de la lutte, d’autre part celui d’un apport qui a été fait par les militants et militantes progressistes et révolutionnaires qui se sont impliqués en son sein.

Une grande partie de ceux qui veulent mettre à l’index ce mouvement s’abritent de manière acritique derrière la propagande des médias bourgeoise. Derrière la surmédiatisation de l’extrême-droite et la sous-médiatisation de celles de gauche se niche également la tentative de la part du gouvernement et de la bourgeoisie de fracturer le front contestataire. Beaucoup sautent à pieds joints dans ce piège et y puisent une source sans cesse renouvelée d’arguments fallacieux. Mais après tout, ont-ils jamais agi autrement tout au long de l’histoire ?

Nous considérons que cette position est fausse et dangereuse, car elle ne voit que d’une manière idéalisée le mouvement de masse et capitule devant les difficultés, laissant ainsi le champ libre à l’extrême-droite, dans une sorte de prophétie auto-réalisatrice.

Le mouvement des Gilets Jaunes est présenté comme un mouvement par essence réactionnaire, impulsé, contrôlé, dirigé par les fascistes et l’extrême-droite. Ce point de vue rejette les revendications justes qui peuvent être portées par ce mouvement. Et elles sont nombreuses. Parmi celles qui reviennent inlassablement, arrivent en tête une volonté de démocratisation et de justice, une volonté de s’opposer à un pouvoir entre les mains de la bourgeoisie. Objectivement ces revendications sont justes, même si elles sont formulées parfois de manière erronées ou empreintes d’une position subjectivement fausse.

Ces critiques ont pointé du doigt des éléments qui sont véridiques. Notamment le fait que des patrons et des petits patrons aient participé, le 7 novembre, à la mobilisation. C’est un fait.

Mais où sont-ils, où sont-elles désormais ? Ceux et celles qui avaient tenté de surfer sur le mouvement et de l’utiliser à leurs propres fins renâclent désormais. Les blocages, le ralentissement de l’économie, l’apparition de revendications sociales, tout cela leur déplaît fortement. Cette expérience progressive de la trahison de la part de la bourgeoisie et d’une part de la petite-bourgeoisie tend à renforcer le caractère populaire, voire prolétarien, du mouvement. Mais, comme il n’est pas pur au départ, pas 100% prolétarien, il est jeté aux oubliettes.

Pourtant certains et certains, parmi les plus véhéments, voient dans la révolte des Canuts un exemple magnifique. Cela, tout en niant le fait qu’il s’agissait avant tout d’une révolte de petits d’artisans, de petits bourgeois en déclassement contre la grande industrie de la soie.

La Commune de Paris leur apparaît comme magique et drapée d’or, alors que le prolétariat n’est pas seul à prendre les armes. La Révolution russe non plus. La Makhnovtchina non plus. Krondstadt non plus. Et ce indépendamment de la manière dont on conçoit son rapport à ses questions. Les mouvements purs n’ont jamais existé et n’existeront jamais. Toujours il existera des contradictions internes, toujours il existera des avancés et des retardés dans les mouvements, une aile -même relativement- progressiste et réactionnaire. La lutte des classes, tant qu’elle n’est pas menée jusqu’au bout, influence toujours les luttes et les révolutions. Même après une révolution victorieuse, il existe toujours l’opportunisme, le défaitisme, le liquidationnisme. Il existe durablement l’influence des conceptions bourgeoises, féodales, mafieuses, même lorsque leur base sociale aura été liquidée. Il ne suffit pas de s’affirmer pur, marginal, pour s’en prévaloir. Au contraire, leur négation ne fait que fragiliser la possibilité de lutter contre elles.

L’avancée de la dialectique est impitoyable pour tout le monde. Nous pouvons assister au fait que certains révoltés, incapables de suivre, effrayés par le chemin qui se trace, prennent désormais le visage de réactionnaires. Finalement, ils finissent leur décantation politique. Commencé à l’ultra-gauche, pétri d’aventurisme, de pureté, ils deviennent dépités par les masses, qui ne les « méritent pas ».

C’est le stade du « Collectif Athéné Nyctalope » qui, le 28 novembre, écrit « Principale caractéristique commune : les revendications n’intègrent aucune dimension globale ou sociale. Ce qui est pratique quand l’objectif premier n’implique pas une refonte de la société sur des bases plus justes ou, plus simplement, la remise en cause du système. » et qu’il faut « ne pas sacrifier nos rêves ou nos marginalités imposées sur l’autel de l’efficacité. De ne pas oublier d’où nous venons même si nous ne savons pas où nous allons — ailleurs que dans le renoncement à nos valeurs. »

Une des manières par lesquelles ces individus justifient leur position est l’anti-autoritarisme. En réalité, ces individus nagent en plein paradoxe. Eux-même sont largement dans un fonctionnement autoritariste, dans lequel ils refusent de comprendre la subjectivité des mobilisés. Comme Lénine l’écrivait « Dans tout travail, l’autoritarisme est une erreur, car il dépasse le niveau de conscience des masses et viole le principe de libre adhésion; c’est une manifestation de ce mal qu’on appelle précipitation. Nos camarades ne doivent pas croire que tout ce qu’ils comprennent, les larges masses le comprennent également. Seule une enquête effectuée parmi les masses permet de s’assurer si elles ont compris telle ou telle idée, si elles sont prêtes à passer à l’action »

Voulant forcer l’intégralité du mouvement à adopter d’emblée, sans explication, leurs géniales analyses sur tous les aspects de la société, ils et elles ne se heurtent qu’au rejet. Incapable de pouvoir s’appuyer sur une ligne de masse, incapable de parler, de s’exprimer, ces individus se comportent comme le héros d’une des fables de La Fontaine, le renard et les raisins.

« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »

Ils maquillent alors leur autoritarisme et leur renoncement en anti-autoritarisme. Il leur paraît exclu d’intervenir, de donner le moindre message politique, de travailler à faire évoluer les positions. Il faut que cela soit spontané et par l’intervention de la grâce divine. Et si le mouvement n’est pas pur…gare à lui !

Dépités, ils évoluent par la suite vers une position de rejet complet, se plaçant en surplomb de l’actualité, devenant comme le groupuscule « à gauche », ex-PCF(mlm), ex-PCMLM, dont la seule existence est de cracher au visage de ceux qui luttent.

Ils écrivent le 30 novembre « Le mouvement ouvrier a toujours exigé la primauté de la conscience et de l’organisation. La croyance en le spontanéisme et en un vitalisme populaire n’a jamais abouti qu’au fascisme. » et plus loin que « Voir en le slogan « Macron démission » quelque chose de positif, c’est tomber au niveau de l’ultra-gauche ou du fascisme. C’est réfuter la primauté de la théorie, avec le principe des valeurs positives, d’un projet rationnel, d’une organisation méthodique. C’est s’imaginer que « tout ce qui bouge est rouge », alors qu’à une époque de dépression du capitalisme, comme on peut le voir partout, l’agitation sociale est plus que poreuse au corporatisme, au populisme, au social-impérialisme. »

Reniant par la même toute possibilité de révolution. Les masses sont « beauf », elles sont trop stupides pour acquérir la théorie pour la théorie, sans jamais comprendre la pratique. Pourtant ce sont les luttes qui politisent, les luttes qui font comprendre le besoin de la théorie aux masses. Marcher à l’envers, c’est être un intellectuel petit bourgeois. Mais après tout, pour ces aventuriers, rien n’est plus beau que les grands principes. Dommage que ces même principes leur fassent soutenir la police et voter Macron, qualifié de rempart antifasciste. Ils transitionnent déjà vers leur phase finale.

Cette phase finale est celle de l’abandon ou de la trahison pure et simple. Ou ils végètent dans leur petit monde, dans leur safe-space d’entre-soi petit bourgeois, ou ils renoncent complètement. Certains franchissent le Rubicon et se disent « puisque rien n’est assez bien, tout est assez bien ». Et ils finissent comme ces Goupil, ces Finkielkraut, ces Cohn-Bendit. Ils finissent en politiciens de leur classe, pour leur classe.

Cette destination finale n’est pas mécanique, mais elle est une tendance lourde qui s’est exprimée nombre de fois dans l’histoire de la lutte des classes. Elle peut se stopper par un électrochoc. Mais une fois dans les rangs des politiciens bourgeois, le demi-tour est exceptionnel.

Eux-mêmes ne sont pas en odeur de sainteté dans le mouvement des Gilets Jaunes. Il oscille certes entre espoir naïf et rejet complet, mais tend vers se hisser hors des cadres parlementaristes. Nous y reviendrons en partie finale.