Analyse de la situation de l’UE par le MLPD

Un article récent de nos camarades du MLPD/Allemagne, paru sur le site d’information rf-news analyse quelques aspects de la situation dans l’Union Européenne après les élections de mai dernier : La crise dans l’UE va en s’approfondissant et les contradictions inter-impérialistes déstabilisent et paralysent l’alliance réactionnaire et impérialiste qu’est l’UE. A l’occasion des élections européennes, l’UPML avec l’UCL ont mené en France la campagne de la Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR): « La rébellion contre l’UE impérialiste est justifiée ! Vive la solidarité internationale ! Renforcez l’ICOR ! » Les dernières évènements confirment la justesse et la nécessité de poursuivre le combat contre la politique destructrice, de pillage et d’oppression des impérialistes qui se disputent la planète.

Union Européenne :

Un sommet marqué par la DESUNION et les contradictions croissantes
Il n’y a aucun signe de nouveau départ et de dynamisme de l’Union européenne, comme l’avaient annoncé les politiciens bourgeois avant les élections européennes. En fait, des crises politiques et gouvernementales ouvertes ont éclaté dans plusieurs États membres immédiatement après les élections, notamment aussi en Allemagne. Avec le départ du chef du SPD Andrea Nahles, la coalition gouvernementale au pouvoir a vacillé fortement pendant un temps. Lors du sommet de l’Union européenne cette semaine, l’alliance impérialiste s’est présentée fortement déchirée et très limitée dans sa capacité d’action.

La “neutralité climatique” reportée à la seconde moitié du 21ème siècle
Il a été annoncé comme un grand coup que les États de l’UE s’engagent lors de ce sommet à viser une Europe «climatiquement neutre» d’ici 2050. Cela signifiait que les pays membres s’engageaient à ne plus émettre plus de dioxyde de carbone que ne pouvait absorber la nature ou par des solutions techniques de stockage du CO2 à partir de 2050. La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) a récemment rejoint l’initiative lancée par la France. Le mouvement transnational de jeunesse contre les politiques environnementales des monopoles et des gouvernements, a coupé les bras et les jambes de certains chefs d’États et gouvernements.

En fait, ces promesses ont été une nouvelle manœuvre de l’écologisme impérialiste. Car pour le stockage de CO2, Merkel a de nouveau mis en jeu la compression de CO2, contre laquelle il y a eu des manifestations de masse il y a quelques années. Plusieurs états fédéraux ont interdit la compression sur leur territoire. Le captage et le stockage du carbone (CSC) consistent à séparer le CO2 des gaz d’échappement des centrales électriques au charbon, à le liquéfier, à le transporter par camions et par conduites sur des centaines de kilomètres jusqu’aux entrepôts et à le stocker sous terre. Cela signifie pour les générations futures, des dangers imprévisibles en dehors de l’éventualité de fuites mettant la vie en danger.

 Même en ce qui concerne l’objectif totalement inadéquat et discutable d’une “Europe climatiquement neutre à l’horizon 2050”, le sommet de l’UE n’a pas pu se mettre d’accord. Il a été reporté à la seconde moitié du siècle, comme indiqué dans l’accord de Paris sur le climat.

Le poker autour de la succession au poste de Junker reflète des contradictions plus profondes. Le président français Emmanuel Macron associe sa propre influence et celle des monopoles français au sein de l’UE à celle du président de la Commission européenne. Il est entré en confrontation avec l’Allemagne et la chancelière Angela Merkel, qui avait initialement soutenu le principal candidat du PPE, Manfred Weber (CSU), pour des raisons partisanes. Macron compte sur un leadership fort de l’UE pour faire progresser l’alliance impérialiste en concurrence avec l’impérialisme américain, la Russie, la Chine et d’autres pays néo-impérialistes. En particulier, il souhaite ardemment de nouveaux efforts pour construire une armée paneuropéenne. Pour cela, il accepterait même Angela Merkel à la présidence de la Commission, entrée dans le jeu par Sigmar Gabriel (SPD).

Selon le projet d’agenda stratégique de l’UE à l’horizon 2024, l’UE doit devenir “plus confiante en elle-même et plus puissante“. La politique réactionnaire en matière de réfugiés se poursuit, le “contrôle effectif des frontières extérieures”, c’est-à-dire le développement de la forteresse Europe contre les réfugiés. L’UE n’a pas réussi non plus à adopter un budget. L’impérialisme de la RFA, en tant que puissance la plus importante de l’UE, veut l’aligner strictement sur la position mondiale dominante de ses super-monopoles. D’autres pays de l’UE ne participent pas à cette initiative, car le transfert impitoyable du fardeau de la crise nuit à leur base parmi les masses.

De même, en ce qui concerne les négociations quinquennales entre la Suisse et l’Union européenne sur un accord-cadre destiné à remplacer le précédent patchwork de plus de 100 traités relatifs à l’accès de la Suisse au marché intérieur de l’UE, aucun accord n’est en vue. Le gouvernement suisse ne veut pas entre autres de la soi-disant directive sur la citoyenneté de l’UE dans cette accord. Selon cette directive, les citoyens de l’UE se retrouvant au chômage en Suisse pourraient bénéficier d’une aide sociale. Si l’accord n’est pas conclu, la bourse suisse SIX pourrait perdre son accès au marché de l’Union européenne dès la fin du mois de juin.

Les “anciens” et les nouveaux impérialistes se disputent l’influence en Europe
Dans le contexte de l’intensification des contradictions de l’inter-impérialisme, diverses forces impérialistes recherchent une influence accrue en Europe. Le président fasciste, Donald Trump, a conseillé à la Grande-Bretagne un “no-deal-Brexit” et de ne pas payer ses dettes à l’UE. La Grande-Bretagne devrait parier sur les États-Unis. Ainsi, l’impérialisme américain alimente directement la crise politique de l’UE.
 
Avec sa “nouvelle route de la soie”, la Chine néo-impérialiste aspire à une pénétration économique et politique de l’Europe. L’Italie a rejoint ce projet en tant que premier État du G7 fin mars 2019. L’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France n’ont pas encore signé une telle déclaration. Toutefois, cela n’empêche pas la Chine de poursuivre ses ambitions expansionnistes. Au Monténégro, des entreprises chinoises construisent par exemple une autoroute qui traversera la mer en direction de la Serbie voisine – pour 20 millions de dollars par kilomètre. Cette somme est financée par des emprunts chinois, que le Monténégro ne sera probablement jamais en mesure de rembourser.
 
La région d’Europe centrale est un élément important de la stratégie d’expansion de la Chine: elle est considérée comme “l’entrée latérale” sur les marchés les plus riches d’Europe occidentale. Le soi-disant cadre 16 + 1 a créé une plateforme de coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale. Le groupe comprend 16 pays d’Europe orientale, parmi lesquels se trouvent les quatre pays de Visegrad (République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovaquie) et un total de 11 États membres de l’UE.

MLPD et ICOR Europe promeuvent l’unité des prolétaires et la critique de gauche de l’UE

Avec leur campagne électorale européenne, MLPD et ICOR Europe avaient absolument raison. Aucune autre force lors de cette élection n’a promu une rébellion légitime contre l’UE sans condition, associée à une perspective internationaliste, de gauche et révolutionnaire. La poursuite de la construction des partis et des organisations révolutionnaires en Europe, le renforcement de l’ICOR et la création d’un front uni anti-impérialiste sont les bonnes réponses au développement de l’UE en proie à la crise.

Éléments d’un bilan commun. La campagne de l’ICOR Europe en France « Rébellion contre l’Union européenne impérialiste !

La campagne de l’ICOR Europe en France « Rébellion contre l’Union européenne impérialiste ! Vive la solidarité internationale ! Renforçons l’ICOR ! » en mai 2019. Éléments d’un bilan commun par l’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste.

Les 25 organisations membres en Europe de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires (ICOR) avaient décidé, en 2018, de cette campagne à l’occasion des élections européennes. L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, membres de l’ICOR, l’ont menée, ensemble avec les Amis de l’ICOR, avec fierté en France. A son issue, considérant la mesure de nos forces, les résultats sont largement positifs !

Pour nous, il s’agit d’une une première, sous de multiples aspects :

  • Nous avons dénoncé l’Union européenne et ses États membres impérialistes, destructeurs de l’Homme et de la nature, fauteurs de guerre, dominants des pays opprimés.
  • Nous avons exposé la complexité des relations entre notre impérialisme et les autres qui constituent l’UE. Entre leur volonté de rapprochement et leur volonté de se dévorer les uns les autres. Nous avons dénoncé le diktat des monopoles dans les États  et dans l’UE à l’ère de la production internationale, la subordination et la fusion entre groupes monopolistes et organes étatiques et européennes – surtout contre l’illusion que l’on pourrait changer l’UE et renégocier les traités européens.
  • Nous avons ciblé le mythe de la domination de Bruxelles. La France n’est pas dominée par l’UE ou par l’Allemagne. Le point de vue chauvin et souverainiste protège l’impérialisme français. A ce titre, le Frexit n’est pas la solution pour le rejet de l’Union européenne car notre premier ennemi est dans notre propre pays.
  • L’alliance réactionnaire impérialiste et la forteresse capitaliste guerrière qu’est l’Union européenne est en même temps minée en interne par les contradictions inter-impérialistes.
  • Ceci amène aux multiples crises de l’UE qui évoluent en s’approfondissant. L’impérialisme en crise est d’autant plus agressif envers d’autres puissances impérialistes et dans la lutte des classes.

La radicalisation réactionnaire de la politique intérieure dans presque tous les pays est largement subie et combattue dans les luttes, le caractère guerrier dangereux de l’UE cependant est encore très sous-estimé.

Notre critique de l’UE est de gauche et révolutionnaire.

Notre internationalisme s’est opposé au nationalisme et chauvinisme illusoires et trompeurs, défendu par certains partis et organisations, même de « gauche ». Nous avons combattu pour le droit d’asile, pour les soutien aux luttes révolutionnaires de libération, pour la paix, la liberté et le socialisme !

Les journées mondiales de lutte de l’ICOR, le 1er mai, à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et travailleuses, durant laquelle nous avons défilé en commun à Lyon, et organisé une conférence,  et le 8 mai à l’occasion de la journée anti-guerre d’agression, ont été des moments forts dans cette campagne. Le 16 mai, à l’appel de l’ICOR-Amérique, nous avons participé à une journée de solidarité avec le Venezuela, pays assiégé par l’impérialisme américain, mais aussi menacé par l’UE. Lors des deux semaines d’action à Nantes et à Saint-Denis (93), nous étions largement visibles.

Notre campagne a porté un contenu clair et combatif. Elle a tranché avec le contenu creux de la soupe fade et hypocrite vendue par les bourgeois. Nous l’avons transmise au travers de milliers d’autocollants, de tracts et d’affiches, que ce soit à Lyon, Paris,en Haute Provence ou à Nantes. Nous nous sommes fait l’écho de la rébellion anti-impérialiste et nous avons travaillé à l’organiser. Ces activités ont rencontré un écho très favorable.

Les nombreuses discussions et rencontres se sont tenues dans les quartiers, les entreprises, les syndicats et au sein des manifestations. Elles ont montré le rejet voire la révolte contre les différents fléaux la politique bourgeoise et la recherche d’une alternative sociale à la société capitaliste-impérialiste.

Les élections n’ont jamais changé le monde. En réaction à la droitisation de la politique gouvernementale et des partis bourgeois, la société se polarise. Un large front uni anti-impérialiste et l’alternative révolutionnaire doivent se construire sur la base de l’opposition multiple qui se soulève face à cette droitisation.  

Les liens étroits avec les couches populaires, en particulier avec le prolétariat, et un travail systématique pour gagner la confiance de ceux qui ont été abusés pendant des décennies par les politiciens et les politiciennes sont les conditions indispensables pour avancer. Nous devons apprendre de la résistance et des luttes menées par les masses, et nous devons être capable d’y apporter une réponse politique qui puisse mener sur le sentier de la victoire.  Nos interventions, nos diffusions, nos réunions et nos stands d’information ne s’arrêteront pas avec la fin des élections, comme le pratiquent les partis bourgeois. Nous poursuivons notre travail de liaison avec les masses.

Dans le combat révolutionnaire, l’anticommunisme est toujours l’argument suprême de la bourgeoisie pour défendre son système pourrissant. Nous l’avons vu lors de scandaleuses interventions publiques, bâties sur les mensonges. Leur propagande déforme la vision de ce que peut être la société libérée de l’exploitation et de l’oppression pour les masses qu’est le socialisme révolutionnaire. Nous apporterons nos réponses aux accusations, nous développerons davantage encore nos idées et leur diffusion auprès de tous ceux et de toutes celles qui subissent l’exploitation et l’oppression.

Nous avons pu renforcer l’unité idéologique et politique entre nos deux organisations ICOR, l’UPML et l’UCL, par la préparation commune de la campagne, basée sur l’analyse léniniste de l’impérialisme, dont le fond est toujours valable pour aujourd’hui. Nous nous sommes soutenus mutuellement dans l’agitation et propagande et dans la réalisation de nos interventions. Cette campagne confirme notre rapprochement pratique et théorique, expression de notre unification grandissante.

De nouveaux adhérents renforcent nos deux organisations, l’Unité communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, et nous les accueillons avec fierté ! Les nouveaux membres, les nouveaux sympathisants et contacts apprécient notre orientation claire pour la révolution socialiste. Ils nous apportent des nouvelles initiatives, plus de richesses en idées et réflexions pour faire vivre le marxisme-léninisme !

Nos deux jeunes organisations ont mené pour la première fois une campagne commune, ainsi qu’une campagne de souscription. Pour soutenir l’activité de nos organisations et de l’ICOR, pour faire vivre les caisses de solidarité et de grève, nous avons besoin d’aide.  La collecte de dons continue encore jusqu’en juin et chaque camarade, sympathisant et contact est sollicité pour montrer sa conviction et sa générosité aussi sous l’aspect financier.  

Nos liens avec les organisations membres de l’ICOR d’autres pays dans le monde présents en France, comme celles du Kurdistan et de la Turquie, comme celles des pays africains se sont établis ou approfondis. Dans la campagne, nous avons fait connaître leurs luttes : la grève de la faim des camarades kurdes, menée en solidarité avec les prisonniers politiques et contre leurs conditions de détention, en particulier celles d’Abdullah Özallan, détenu par le régime fasciste turque. La lutte des camarades du Cameroun pour la libération de leur pays de la dictature, soutenue par l’impérialisme français.

Le système impérialiste, dont UE et la France sont un des rouages essentiels, sont à l’origine de la misère des peuples et complices des crimes d’États. La coordination de nos luttes et l’unité des communistes au delà des frontières est bénéfique, apporte le soutien mutuel et la solidarité.

Nous avons pu tisser des nouveaux liens avec plusieurs organisations communistes et révolutionnaires en France. Nous sommes résolument pour l’unité des communistes sur la base de principes clairs tout en combattant le sectarisme et l’opportunisme. La construction du Parti doit être la première préoccupation tous ceux qui se reconnaissent dans l’héritage communiste A la fin de notre campagne nous avons publié une lettre ouverte commune de l’UCL et de l’UPML aux organisations et aux individus isolés se réclamant du communisme en France avec la proposition d’une Alliance des Révolutionnaires comme première étape pour ce travail commun.

Une délégation de la France est allée rejoindre nos camarades du Parti Marxiste-Léniniste d’Allemagne (MLPD), candidat aux élections européennes. Sa «campagne électorale dans la rue » avait surtout l’objectif d’organiser les masses à différents niveaux, en particulier dans les organisations révolutionnaires. Nous avons été les témoins de leur soutien à un nouveau mouvement politique de réfugiés qui, courageusement, accuse l’impérialisme et qui s’attaque aux causes de l’exode massif des populations des pays opprimés. Surtout, ce mouvement se place dans une perspective active et combative, rompant avec la charité refusant l’image du réfugié comme mendiant pour un aumône, mais, au contraire, lui restituant sa véritable place : celle de prolétaires luttant pour l’émancipation générale de l’humanité.

Nous avons mené cette campagne avec l’ICOR Europe qui nous a été un formidable soutien. L’ICOR Europe a pu s’unifier davantage déjà dans une conférence préparatoire en automne dernier. L’ICOR Europe est apparu comme une force dans la création, la mise à disposition et dans l’échange de matériel de propagande, d’analyses, et par la participation aux événements. Ainsi, des camarades de la coordination européenne sont venus le 1er mai à Lyon.  Nous allons faire le bilan, ensemble, au sein de l’ICOR Europe et continuer à construire notre unité pas par pas.

Un grand merci à tous les camarades, nos sympathisantes et sympathisants, amies et amis ainsi que collègues pour leurs conseils, leur soutien et leur participation.

Renforçons l’UPML et l’UCL! Renforçons l’ICOR ! Pour la révolution socialiste internationale ! L’avenir est à l’unité des communistes !      

Formons l’alliance des révolutionnaires !

Lettre ouverte aux organisations communistes présentes en France et aux militants et militantes isolées pour la construction dune Alliance des Révolutionnaires.

03 / juin / 2019

Camarades,            

1. L’UCL (Unité Communiste de Lyon) et l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste Léniniste), membres de l’ICOR (Coordination internationale des organisations et partis révolutionnaires), vous adressent aujourd’hui ce courrier public, car nous considérons que nous devons nous tendre mutuellement la main et nous adresser à l’ensemble des forces se revendiquant du communisme, de la révolution, de la lutte anti-impérialiste.

2. La réorganisation de la production à l’échelle internationale provoque des crises plus profondes et étendues qu’auparavant. La situation sociale, et, par voie de conséquence la situation politique, est critique. L’application du programme social et économique de la grande bourgeoisie monopoliste, par le truchement des gouvernements, fait sentir ses effets. Les droits sociaux sont très durement touchés et le gouvernement annonce de nouvelles mesures.

3. Les coups de boutoirs du gouvernement ont jeté dans la rue des pans entiers – et nouveaux!- de la société, déclenchant une résistance de masse d’une ampleur et d’une radicalité sans précédent dans l’histoire récente. Cependant, ce mouvement assez spontané n’est pas parvenu à remporter de victoires ni même à enrayer la charge kamikaze de Macron et de ses sbires. La bourgeoisie continue d’enregistrer des victoires tactiques dans ses réformes liquidatrices.

4. Or, la menace est plus profonde qu’une « simple » baisse du niveau de vie. Aux attaques contre les droits économiques qui suscitent la colère et le ressentiment, font suite les attaques contre les droits politiques, contre les « libertés formelles » : le droit de manifester, la presse, la justice, le droit à l’éducation…

5. Les attaques réactionnaires en France vont de paire avec les interventions de l’impérialisme français à l’extérieur. Nous devons combattre d’une part, sa pression croissante sur les régions dominées ou colonisées et, d’autre part, ses tentations de repartage du monde.

6. Des spectres inquiétants rôdent à l’horizon. Le danger existe d’une « droite élargie ». Cette coalition ultra réactionnaire, unissant les secteurs « fréquentables de l’extrême-droite » et de la droite traditionnelle, lorgne sur la possibilité d’accéder au pouvoir après la fin du mandat de Macron, pour poursuivre sa politique en essayant de se recomposer pour être le prochain outil destiné à écraser le peuple. Les appels du pied que se font les Ciotti, Wauquiez, Dupont-Aignant et Le Pen ne passent pas inaperçus.

7. L’influence des thèses réactionnaires et sociales-chauvines contamine jusqu’à certaines organisations se revendiquant du mouvement ouvrier ou même du communisme. Plusieurs organisations en France font campagne par rapport à l’UE en clamant que la France impérialiste est un dominion des USA, de l’Allemagne ou de l’OTAN. Ces organisations se placent, en réalité, comme des soutiens objectifs de notre impérialisme en minimisant le rôle souvent déterminant des monopoles français dans les décisions réactionnaires de Bruxelles et même des instances internationales (FMI, OMC …). Elles sont un cheval de Troie dans nos rangs.

8. Ces forces espèrent tirer bénéfice de la situation, soit en gagnant des positions dans les mouvements sociaux, en jouant sur le confusionnisme par rapport à l’UE impérialiste, en avançant leurs mots d’ordre ; soit en tirant partie du contrecoup réactionnaire qui apparaîtra si les luttes sociales refluent. Il n’est pas possible d’ignorer le caractère particulier de la situation politique et, même si beaucoup d’entre nous rejettent les élections bourgeoises, il n’est pas possible de nier qu’elles sont un moment important de politisation contre la politique bourgeoise, contre la dictature des monopoles.

9. Les fractions les plus réactionnaires de la bourgeoisie ne laisseront pas passer cette occasion pour avancer leurs positions, d’autant que le climat économique peut être confronté à une nouvelle tourmente. Cependant une partie croissante des masses populaires – gilets jaunes, grévistes, syndicalistes, jeunes, femmes – résiste, lutte, proteste et est ouverte à notre propagande : aujourd’hui plus que jamais elle remet en cause partiellement ou totalement le capitalisme. Cette situation polarisée est donc favorable au renforcement du courant révolutionnaire à condition que notre camp soit crédible et recherche lui-même l’unité et la force pour le combat !

10. Les forces communistes, dans ce cadre là, sont mises en face de leurs responsabilités. Nous nous sommes battus, dans la mesure de nos forces, de nos possibilités, de nos terrains. Nous nous sommes battus pour faire avancer la conscience politique et l’organisation des masses populaires et particulièrement des prolétaires, en lutte ou non. Mais il n’existe pas encore de « pôle rouge » capable de pouvoir apparaître d’une manière visible, de former un centre d’attraction et de gravité pour avancer vraiment. On ne peut pas continuer comme ça !

11. Il ne faut pas attendre pour se retrouver ; il existe des différences théoriques, idéologiques, politiques au sein des organisations politiques qui constituent la mouvance communiste en France et dans les régions dominées par elle.

12. Jusqu’à maintenant chaque organisation a mis l’accent principalement sur les divergences, mais pas assez sur les possibilités d’action commune : ainsi on a trop séparé la théorie et la pratique et pas assez développé un travail de masse commun des différentes organisations : déclarations, pétitions, réunions publiques, cortèges et mots d’ordre communs dans les manifestations. Nous aurions tous à gagner à ce que ce pôle révolutionnaire existe et soit bien visible.

13. Nous avons le droit d’être en désaccord sur des questions tactiques, mais nous avons aussi le devoir de mener avec les masses populaires la lutte de la manière la plus efficace, car nous nous battons, en dernière analyse, non pas pour rallier à notre groupe, mais pour une cause, servir le peuple et construire, avec les travailleurs les plus combatifs dans la lutte de classe, l’outil de la révolution, une organisation d’avant-garde, le parti dont nous avons tous besoin.

14. Nous proposons de nous rencontrer, d’acter les uns et les autres de nos existences – et de nos différences!- mais, surtout, acter le fait que nous ne pouvons faire face, seuls, aux tâches immédiates qui nous incombent sur le plan national et international : constitution d’un front uni anti-impérialiste, d’un front unique prolétarien et action commune contre l’UE impérialiste.

15. Le « saut de puce » que nous proposons est indispensable et fondamental pour  commencer ce travail de construction.

16. Pour notre part, nous voulons reconnaître chaque groupe qui puisse se retrouver dans des lignes de démarcation simples et basiques, non pas comme un rival, mais comme un partenaire qui contribue à faire grandir collectivement la perspective du socialisme au sein des masses et notre capacité à jouer un rôle concret et réel dans les luttes.

En espérant de la part de vos organisations des réponses positives.

Salutations révolutionnaires.                               

L’UPML et l’UCL, organisations membres de l’ICOR