Communiqué commun UPML – UCL : Un pas en avant pour nos organisations

Depuis maintenant près de deux années, l’UMPL – Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste – et l’UCL – Unité Communiste de Lyon – travaillent ensemble dans le but d’avancer dans le rassemblement des communistes révolutionnaires vers la constitution des bases du Parti Communiste et révolutionnaire qui fait cruellement défaut dans notre État.

Ce travail nous a amené à nous investir dans l’ICOR (Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires) tout d’abord en tant qu’Amis de l’ICOR, en soutien, mais bientôt, en tant que membres à part entière de cette coordination internationale réunissant les révolutionnaires de quatre continents.

Début novembre 2018, nous nous sommes ainsi réunis pour avancer sur nos tâches, mais également pour participer à un premier événement commun.

L’Unité Communiste de Lyon a organisé une projection-débat sur la base du film réalisé par le MLPD Dem Antikommunismus keine ChanceAucune chance pour l’anticommunisme. Le fait de pouvoir projeter des œuvres réalisées par les organisations-sœurs fait partie des preuves concrètes de ce que peuvent gagner les organisations communistes à travailler ensemble et à mettre en commun leurs ressources et leurs efforts.

L’Unité Communiste de Lyon et l’UPML ont présidé cette projection côte-à-côte, présenté l’ICOR et le MLPD. Nous remercions par ailleurs nos camarades du centre culturel Mésopotamie pour leur accueil, en ce jour de commémoration de la bataille de Kobané.

Cette projection était la première expérience en la matière pour la jeune UCL. Elle n’en est pas moins un succès. Elle a attiré des personnes n’étant pas forcément dans les cercles militants habituels, s’intéressant au marxisme, interpellés par les affiches, par la liste des organisateurs, par la découverte de logos d’organisations qui leur étaient inconnues.

S’en est suivi un débat large sur de nombreux sujets relatif non seulement au marxisme en tant que tel, mais également autour de la question de « comment s’organiser, être plus forts et vaincre le capitalisme ? » A nos yeux, ces questionnements sont significatifs d’une préoccupation qui n’est pas que simple curiosité intellectuelle, mais bien autour de la question de la lutte concrète et pratique.

Ce travail réalisé conjointement est pour nous un premier jalon de coopération pratique dépassant la seule publication de communiqués ou d’analyses communes. Cette initiative en appelle d’autres. Ensemble, nous marcherons, aux côtés de nos camarades de l’ICOR, lors de la manifestation des 3 L – Lénine, Luxembourg, Liebknecht – à Berlin, en janvier, commémorant le centenaire de la révolution Spartakiste en Allemagne.

Nos deux organisations se sont réunies dans l’optique d’approfondir les bases de la collaboration commune. L’UPML et l’UCL peuvent d’ailleurs déclarer qu‘elles partagent une vue commune sur la situation actuelle et sur la conduite à tenir pour avancer vers un rapprochement plus important, mais également vers une politique d’ouverture et de débat vis-à-vis des autres organisations se revendiquant du communisme, avec la volonté de proposer une alliance révolutionnaire.

Nous partageons le constat que le sectarisme d’organisation, qui pousse à l’ignorance mutuelle, à la polémique pour la polémique, au conflit permanent, a assez duré. Il n’est pas possible de continuer cette politique de l’autruche visant à nier l’existence des autres forces politiques voulant avancer vers la révolution socialiste. Pour reprendre les mots d’un camarade du Rode Morgen (Pays-Bas), membre de l’ICOR «Si nous sommes d’accord à 80%, renforçons ces 80% et discutons des 20% de désaccord »

Nous voulons proposer à toutes les organisations communistes révolutionnaires de coopérer au sein d’une alliance révolutionnaire, capable de dépasser la fragmentation actuelle et d’avancer pour pouvoir répondre aux tâches que se fixent les communistes.

Nous voulons œuvrer, ensemble, à la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire, capable de faire la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire et de battre la bourgeoisie.

Nous avons pu également évoquer notre future intégration au sein de l’ICOR, auprès de laquelle nous avons déposé une demande d’adhésion en tant que membres à part entière. A ce titre, nous voulons dépasser l’isolement international et combattre les tendances chauvines qui peuvent exister au sein du mouvement communiste en France. Nous considérons comme nécessaire la création d’un comité ICOR en France qui puisse permettre de rassembler ceux et celles qui veulent s’investir dans la coordination et la solidarité internationale, tout comme vouloir organiser localement les événements impulsés par l’ICOR (journée contre la guerre, journée de lutte pour les droits des femmes, 1er mai, préservation de la nature…) .

Nos organisations feront campagne commune, lors des élections européennes, pour dénoncer la nature de l’UE comme alliance réunissant les impérialismes d’Europe – et notamment l’impérialisme français – et comme étant un bastion réactionnaire, anti-ouvrier et militairement agressif. Cette première campagne réalisée en commun, sous l’impulsion de l’ICOR, sera, là aussi, un nouveau jalon franchi vers une plus forte coopération et une unité plus grande entre nos deux forces, permettant de mutualiser les expériences, les travaux, les énergies, et de franchir les étapes qui nous séparent de la construction du Parti qui nous fait défaut.

Avançons ensemble sur la voie de la construction du Parti ! Avançons vers la constitution d’une alliance révolutionnaire ! Renforçons l’ICOR !

Vive le communisme ! Vive la révolution !

ICOR Europe écrit aux travailleurs de Jiashi/Chine

Les coordinateurs européens de la Coordination internationale des Organisations révolutionnaires (ICOR), qui est présente dans 51 pays, Jeroen Toussaint et Joachim Griesbaum, ont envoyé la lettre suivante aux travailleurs de Jiashi chez Shenzhen Jiashi Technology Co. en Chine :

« … En septembre, l’ICOR Europe (l’ICOR est structurée selon les continents) a organisé un séminaire sur l’échange d’expériences sur la construction de partis avec onze organisations de dix pays.

De ce séminaire, nous vous saluons, chers collègues de Jiashi Technology, en toute solidarité et cordialement et nous vous souhaitons aussi dans l’avenir autant de courage et d’endurance.

Nous avons fait connaître votre lutte dans de nombreux pays européens. Des équipes de super-monopoles internationaux comme Opel – PSA, Siemens, Airbus, Daimler en Allemagne et les cheminots de la SNCF en France vous ont envoyé des adresses solidaires, ainsi que les amis de l’ICOR du Portugal.

Votre lutte est un encouragement pour tous les travailleurs d’Europe et un signe de la manière dont les travailleurs peuvent se lever et se battre dans les conditions les plus difficiles. Ceux qui se battent obtiennent de la solidarité.

Dans notre séminaire, nous avons discuté intensivement de la manière dont nous pouvons nous soutenir mutuellement dans la construction de partis révolutionnaires, car ce sont ces partis qui assurent l’organisation, la victoire, la perspective et la coordination internationale aux luttes des travailleurs et des masses populaires.

Nous sommes émus par votre lettre du 29 septembre, qui nous a montré combien notre travail de solidarité est important pour vous. Merci beaucoup.

Nous vous saluons avec les mots des avionneurs d’Airbus-Hambourg (Allemagne) qui vous ont écrit : “Nos avions ne connaissent pas de frontières, notre production est en réseau international, nos équipes sont internationales. Dans le sens de Karl Marx, nous, les travailleurs, devons nous unir au-delà des frontières nationales”.

Chine : des syndicalistes arrêtés et torturés demandent votre soutien !

Par l’observatoire du travail en Chine, Jiashi, le 13 aout 2018

 

Chers amis,

nous sommes un groupe d’information de gauche se concentrant principalement sur les mouvements des travailleurs en Chine continentale et nous sommes face à une situation dont nous devons vous informer. Plus de 30 travailleurs et étudiants, incluant des fondateurs de syndicats, les membres de leur famille et leurs soutiens sont détenus depuis le 27 juillet et nous vous envoyons se rapport à propos de leur lutte.

Shenzhen Jiashi Technology Company Ltd, est une compagnie listée parmi celles qui imposent à leurs employés des heures supplémentaires, des amendes illégales, une demi-journée de repos par mois – où les employés sont forcés de faire du jogging avec leur patron. Elle ne paie pas les fonds d’aide au logement pour les employés et révèle des informations sur les syndicalistes aux autres entreprises pour les mettre sur une liste noire.

En mai 2018, plusieurs représentants du personnel se sont rendus au siège du syndicat « officiel » du district avec une lettre commune de la part des travailleurs de Jiashi, se plaignant des pratiques illégales de l’entreprise et espérant qu’ils pourraient organiser leur propre section syndicale dans l’entreprise. Le vice-président de Fédération des Syndicats du District avait alors déclaré que les syndicats pourraient s’organiser par eux-mêmes.

Le 7 juin 2018, ces employés ont alors soumis une demande pour organiser leur section syndicale à la Fédération du District et à ses sous-sections de rue. Les officiels ont déclarés que les représentants du personnel pourraient recruter par eux-mêmes leurs propres adhérents. Sous la direction du District, les représentants ont préparé un « questionnaire sur la volonté de rejoindre le syndicat de Jiashi » et 89 employés ont signé pour le rejoindre. Cependant, le 12 juillet 2018, le vice-président du District et quatre autres représentants officiels, conjointement avec le député-manager général et les managers du département ont blâmé le représentant du personnel Mi Jiuping. Le vice-président du District, qui avait approuvé la demande un mois auparavant, a soudain viré de bord et s’est montré hostile. Il a déclaré qu’il était illégal pour les travailleurs de Jihashi d’établir un syndicat.

Le 16 juillet, Liu Penghua, un autre représentant des travailleurs, a été muté de manière délibérée sur un autre site, sans la moindre raison. Il y a été battu immédiatement par deux hommes non-identifiés, lesquels ont pu quitter par la suite le site sans la moindre intervention ! Les travailleurs ont appelé la police, laquelle a ignoré les blessures de Liu Penghua et lui ont, a la place, demandé de négocier avec l’entreprise. Liu Penghua a été détenu par la police pendant 12 heures, avec ses camarades l’attendant devant le poste de police et le soutenant.

Le 18 juillet, le représentant Mi Jiuping a également été chargé d’une tâche étrange par l’usine. Le chef de section du syndicat, Xie, a demandé a Mi d’écrire une déclaration selon laquelle la tentative de création du syndicat n’était nullement en relation avec le District. Mi a refusé fermement. L’après-midi, Mi a reçu un ordre de transfert de son poste de travail, lequel prenait effet immédiatement. Alors que Mi avait exprimé son désaccord avec cette soudaine décision, l’usine ordonnait aux gardes de sécurité de le jeter en dehors de celle-ci. Un collègue, Yao a également été menacé et frappé par le superviseur, alors qu’il essayait d’aider Mi. Dans la soirée, Mi et Yao ont été illégalement renvoyés.

Le 20 juillet, Mi Jiuping et Liu Penghua sont arrivés à l’usine à 7h40 du matin et ont voulu travailler normalement, mais ont été agressivement bloqués par les gardes de la sécurité et refoulés de l’usine. Aux alentours de 10h30, des officiers de police sont arrivés et ont frappé de nouveau Mi et Liu, tout en laissant les gardes, qui étaient les agresseurs, partir. Plus de 20 collègues travailleurs sont arrivés au commissariat pour réclamer leur libération et ont été traînés dans le poste de police par un groupe d’officiers lourdement armés, avant d’être passés à tabac et détenus pendant 24h.

Le 26 juillet, plusieurs travailleurs ont été battus par les gardes de sécurité de l’usine une nouvelle fois. Ils ont été dépouillés de leurs téléphones portables, dans lesquels ils auraient pu enregistrer des preuves des actions illégales de la compagnie, selon les managers. A son arrivée, la police a averti les travailleurs qu’ils devaient obéir aux ordres, laissant les agresseurs impunis une nouvelle fois.

Les fondateurs du syndicat et leurs soutiens arrêtés par la police !

Le jour suivant, l’usine de Jiashi a interdit les représentants du personnel et les autres militants pour les libertés individuelles. Elle les ont remis au commissariat de police local. Leurs collègues de travail qui sont venu demander leur libération ont été arrêtés eux-aussi. Dans la soirée, la police s’est même introduite dans les maisons des représentants du personnel Liu Penghua et Guang Hengshu et se sont saisis de leurs familles. Un total de 30 personnes, incluant les fondateurs, les familles et les soutiens ont été placés en détention.

A la date du 13 août 2018, ils sont toujours détenus, ce qui a attiré l’attention du pays entier. Des individus de partout ont écrit des lettres ouvertes aux supérieurs du poste de police de Yanziling et au gouvernement de Shenzhen, exigeant le libération immédiate des détenus et une investigation sérieuse sur les activités illégales de la compagnie de Jiashi et de la police locale.

Nous faisons appel à la solidarité internationale pour que les autorités locales les relâchent aussi tôt que possible. Mais également pour que les camarades et amis étrangers à qui la cause des travailleurs de Chine tiennent à cœur puissent savoir que les travailleurs Chinois, avec une conscience de classe toujours plus aiguisée, ne cesseront jamais leur combat !

Vive l’internationalisme ! Salut rouge !

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Cette appel est diffusé par l’Union Prolétarienne ML membre de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR (International Coordination of Revolutionnary Parties and Organizations), ICOR.info rassemblant plus de 50 organisations membres sur les quatre continents.