En avant vers la rébellion mondiale contre le racisme et l’anticommunisme de l’impérialisme !

9 juin 2020 Résolution ICOR

Depuis le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd le 25 mai dernier dans la ville de Minneapolis, les émeutes de masse aux États-Unis se sont étendues et intensifiées. Dans tout le pays, ce sont surtout les jeunes qui se soulèvent contre la violence policière et le racisme et réclament justice. Aujourd’hui ce mouvement est devenu international avec des millions de participants. Les policiers responsables du meurtre doivent tous être inculpés et condamnés ! Partout dans le monde, le meurtre de George Floyd est devenu un symbole de l’oppression raciste, et les gens descendent dans la rue pour protester – tout comme contre la droitisation des gouvernements impérialistes – jeunes et vieux, personnes de différentes couleurs de peau ensemble.

Le racisme a une longue histoire aux États-Unis. Les luttes souvent acharnées contre le racisme ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Le racisme a toujours été utilisé comme une méthode de division contre le développement de la solidarité de classe. Depuis des années déjà la résistance des Afro-Américains comprend aussi la lutte contre la violence policière. Mais les troubles de masse actuels ne se limitent pas à cela. Aux États-Unis, la crise économique et financière mondiale entraîne une augmentation par bonds du chômage, qui atteint 40 millions de personnes, ainsi que de la pauvreté et de la misère, avant tout parmi les minorités particulièrement exploitées et opprimées. De nombreuses personnes ne peuvent plus payer leur loyer et perdent même leur assurance maladie en plein milieu de la pandémie. La crise du coronavirus a déjà coûté la vie à plus de 100 000 personnes. L’interpénétration de la crise économique et financière mondiale, et de la crise du coronavirus, de la crise environnementale et de la rechute économique de l’impérialisme US-américain a développé une force et une profondeur énormes et est liée à une crise politique ouverte et à une aggravation de la polarisation sociale.

La population noire et latino-américaine est particulièrement touchée par ces évolutions. Une grande partie des ouvriers particulièrement exploités et opprimés aux États-Unis sont noirs ! Ce sont surtout les jeunes qui voient leur avenir menacé et qui se soulèvent contre les effets de ce système social impérialiste ! Les manifestants se heurtent à une violence policière brutale. Les gens en tirent leurs conclusions. L’indignation, l’amertume et la colère se déchaînent – mais surtout la détermination à ne plus jamais accepter le racisme comme une normalité et le désir d’alternatives sociales.

La classe dirigeante déploie une campagne de propagande pour intimider et diviser. D’une manière ouvertement anticommuniste, Trump affirme effrontément que les manifestants sont « des radicaux de gauche, des anarchistes et des antifascistes » et les déclare « terroristes ». Avec la mobilisation de la Garde nationale sur par divers gouverneurs américains sur ordre de Trump et sa demande d’utilisation de l’armée américaine pour réprimer les protestations, on pratique des méthodes ouvertement fascistes. Trump montre qu’il est prêt à tout. Aux États-Unis et dans le monde entier, les gens rejettent la brutalité policière et la répression croissante et remettent donc de plus en plus en question les conditions sociales qui prévalent. Les protestations de masse quotidiennes dans tout le pays ont obtenu e.a. que Trump a retiré la Garde nationale de Washington. Partout, ce sont aussi des policiers qui se mettent consciemment du côté des manifestants

Toute la tendance du capitalisme à produire des crises et la déstabilisation progressive du système impérialiste mondial s’expriment comme à travers une loupe. C’est un défi pour les ouvriers et les masses aux États-Unis. La solidarité inébranlable des révolutionnaires et des masses du monde leur appartient ! Le soulèvement aux États-Unis, en lien avec les luttes menées dans le monde entier, a le potentiel d’un mouvement révolutionnaire qui changera la société. Le renforcement des forces révolutionnaires est particulièrement important ! L’ICOR fera tout tout son possible pour enraciner le véritable socialisme comme alternative au système impérialiste pourri.

Organisez la solidarité avec les masses en lutte !

Vive la solidarité internationale !

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

Signataires (en date du 09.06 2020, d’autres signataires sont possibles):

  1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
  2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
  3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
  4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
  5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
  6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
  8. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))
  9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
  10. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
  11. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
  12. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
  13. UCLyon Unité Communiste Lyon, France
  14. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
  15. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
  16. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
  17. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
  18. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
  19. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
  20. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  21. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
  22. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
  23. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
  24. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)
  25. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
  26. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
  27. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  28. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)
  29. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))

Discours de Stefan Engel – 75 ans de libération du fascisme hitlérien

8 Mai 2020

A l’occasion de la célébration du 75e anniversaire de la libération du fascisme hitlérien le Parti Marxiste Léniniste d’Allemagne nous envoie les discours de Gabi Fechtner, présidente du MLPD et de Stefan Engel, directeur de la rédaction de l’organe théorique Revolutionärer Weg. Ils ont été tenus lors d’un événement digne, le 8 mai, devant le siège du MLPD, avec une cérémonie de dépôt de couronne en honneur de la victoire de l’Armée rouge de l’Union soviétique, à l’époque encore socialiste. Partout en Allemagne, il y avait en plus environ 60 événements – initiés par le MLPD ou en coopération avec le MLPD. Il y a une vidéo de 5 minutes et un enregistrement en direct de l’événement à Gelsenkirchen sur : www.rf-news.de qui s’est tenu avec des mesures de protection liées à Corona. À cette occasion, des salutations révolutionnaires de l’Ukraine et de la Russie ont été rapportées.

Discours de Stefan Engel:

Cher.e.s ami.e.s et cher.e.s collègues,
cher.e.s camarades !

Il est important que nous intégrions de telles journées de commémoration dans notre travail. Ces journées de commémoration sont avant tout des journées de débat idéologique. Gabi Fechtner a déjà expliqué que la lutte contre l’anticommunisme est l’une des tâches les plus importantes pour les marxistes-léninistes de notre temps.

L’anticommunisme pratique une falsification de l’histoire. Il élimine la démocratie. Il bouleverse le concept de liberté. Il contribue à l’exploitation et à l’oppression continues de l’humanité et les justifie. Aucune alternative au système dominant ne devrait apparaître possible.

Lorsque nous disons aujourd’hui que le 8 mai est un jour de libération du fascisme et de la guerre, nous disons en même temps que la principale raison idéologique et la cause principale du fascisme était l’anticommunisme – et non l’antisémitisme comme le présente l’historiographie bourgeoise aujourd’hui. Ce n’est pas Hitler qui a inventé l’antisémitisme. Il a été inventé par l’Église catholique il y a plus de 1 800 ans. Martin Luther était un antisémite fervent. Le premier congrès du Reich des « Chrétiens allemands » protestants en 1933 a déclaré : « L’État d’Adolf Hitler appelle l’Église, l’Église doit entendre l’appel. »

Non, l’antisémitisme n’était pas le fond du fascisme. L’antisémitisme était une composante importante du fascisme, de son racisme haineux, avec lequel il a construit une base de masse. La haine des Juifs était déjà profondément ancrée dans la population avant cela et s’était très largement répandue au cours des siècles de calomnies et de discriminations à l’encontre du peuple juif.

L’anticommunisme était dirigé contre l’Union soviétique socialiste, mais aussi contre les personnes qui ont lutté contre le fascisme dans notre pays. Il n’y avait pas que Willi Dickhut, il y avait aussi de nombreux mineurs, qui à cette époque – à la fin de la guerre – cachaient leurs collègues de travail dans des caisses de pommes de terre dans la cave de la maison, afin que les fascistes ne puissent pas les trouver. Ils les ont sauvés. De nombreux soldats de l’Armée rouge et autres travailleur.se.s forcé.e.s russes ont été protégé.e.s ici à Gelsenkirchen par les mineurs, par les employés de la société Gelsenberg de l’époque, afin qu’ils ne soient pas liquidés par les fascistes à la fin de la guerre, comme c’était l’usage. Nous savons par les anciens mineurs qu’ils apportaient quelques briquets supplémentaires au travail pour les travailleurs forcés pour leur donner quelque chose à manger. Cela était strictement interdit, celui qui se faisait prendre, était menacé de la peine de mort. Ils l’ont fait quand même et ils en étaient fiers. Aucune de ces personnes n’est honorée aujourd’hui, si le jour de la lutte pour la libération et les libérateurs ne sont pas correctement définis. Nous nous inscrivons dans la tradition du mouvement ouvrier et nous honorons également ces mineurs, les travailleurs et les nombreuses familles qui, à l’époque du fascisme – au risque de leur propre vie – ont assuré le succès de cette lutte de libération de l’Armée rouge et de la lutte antifasciste.

C’est aussi un mensonge que les fascistes aient d’abord amené les Juifs dans les camps de concentration. Au début, il y avait des communistes – dont de nombreux juifs communistes – des sociaux-démocrates et des criminels. Ce n’est que plus tard, avec la Nuit de Cristal, que le vent a tourné. Ensuite, c’étaient surtout des Juifs qui ont été arrêtés. Au début, on leur a demandé d’acheter leur liberté. Hitler s’intéressait surtout à l’argent. En 1938, le fascisme était en proie à une profonde crise financière. Il était ruiné parce que les banques internationales ont cessé de lui donner de l’argent. Le fascisme hitlérien était complètement endetté et s’est assaini par l’expropriation brutale de riches juifs et par le fait que ceux-ci s’achetaient partiellement la liberté pour pouvoir émigrer avec leurs familles aux États-Unis.

Nombre de ceux qui ont été persécutés par le régime nazi ont continué à l’être après 1945. Après l’interdiction du KPD, plus de 100 000 communistes ont été privés de leur pension en tant que persécutés du régime nazi. Les gens n’avaient alors aucune pension du tout. Je tiens à souligner que l’anticommunisme n’a pas cessé après 1945, mais la victoire sur le fascisme hitlérien a été une grande victoire sur l’anticommunisme.

L’anticommunisme est inhérent au système du capitalisme et de l’impérialisme. Il fait partie des fondements idéologiques du système capitaliste. Par conséquent, l’anticommunisme ne disparaîtra que lorsque le capitalisme disparaîtra. La discussion sur l’anticommunisme jouera un rôle important même sous le socialisme ! Il faut en être conscient. C’est pourquoi la lutte contre l’anticommunisme est également une partie essentielle de notre travail depuis le début.

Nous devons être conscients que l’anticommunisme a également pénétré profondément dans la population. Nous connaissons les réserves : le sentiment qu’« avec les communistes et les “staliniens” », comme ils nous appellent toujours – ce qui est bien sûr absurde – « il faut être un peu prudent ». « Vous ne savez rien de sûr, mais vous devez être prudent », « vous feriez mieux de rester loin d’eux ».

Ne pensez pas que le MLPD aurait pu être mis dans un isolement relatif pendant des décennies sans anticommunisme. Personne parmi nous n’a jamais été arrêté pour son travail politique. Ils ne le font toujours pas aujourd’hui. Ils essaient de nous isoler politiquement en ne nous permettant pas d’apparaître dans les médias, en nous excluant des syndicats, des associations de femmes, des organisations de jeunesse, etc. Ils essaient de nous isoler et ils essaient aussi d’empêcher des rassemblements comme celui que nous organisons aujourd’hui. Et ce, pour des raisons aussi scandaleuses que celles invoquées par le chef de gouvernement de Thuringe « de gauche » Bodo Ramelow et ses amis à l’occasion de l’interdiction des commémorations sur le terrain de l’ancien camp de concentration de Buchenwald. Ils ne peuvent absolument pas tolérer l’idée que nous aidons le socialisme et l’Union soviétique à l’époque de Staline à regagner un nouveau prestige.

La lutte contre l’anticommunisme reste une tâche majeure. Si elle n’est pas menée, alors nous n’obtiendrons pas la victoire. Si la population ne surmonte pas l’anticommunisme dans ses pensées, ses sentiments et ses actions, nous ne pourrons pas préparer et mener à bien une nouvelle révolution socialiste.

C’est pourquoi il est si important de réaliser de telles journées de lutte, comme aujourd’hui, et de se battre pour que nous contribuions ainsi à clarifier l’histoire. Nous ne suivons pas ce courant général, selon lequel on ne discute plus du tout du communisme, selon lequel on n’est plus du tout autorisé à apparaître dans les discussions publiques. Chaque jour, nous regardons trois ou quatre talk-shows à la télévision. Ne pensez pas qu’à un moment donné, un marxiste-léniniste sera autorisé à y dire quelque chose comme ici au rassemblement. Cela n’arrivera pas. L’anticommunisme est devenu une religion d’État en Allemagne. Ce fait n’est pas à discuter, c’est tout simplement le cas. Nous travaillons à partir d’une position minoritaire ici. Afin de sortir de cette position minoritaire, nous devons accorder une plus grande priorité à la lutte contre l’anticommunisme.

« Aucune chance à l’anticommunisme ! » est notre slogan actuel. Certaines personnes reculent un peu devant cette discussion et conseillent : « N’en faites pas un sujet de votre part ». Quand on s’attaque à l’anticommunisme, certains bronchent un peu. Non, si nous n’en faisons pas un thème, personne n’en fera un thème du tout. Et puis l’anticommunisme continue de fonctionner. Si les gens ne surmontent pas consciemment cet anticommunisme, ces réserves qui sont fomentées contre les communistes, nous ne pourrons pas les gagner à un nouveau démarrage dans la lutte pour le socialisme et pour une société libérée.

Il est important de bien comprendre l’anticommunisme. Il affirme que le communisme est un système de pouvoir basé sur la violence. Mais cela détourne complètement du système de dictature des monopoles que nous avons ici – des monopoles qui disposent de tout l’appareil d’État répressif, de tous les médias, de l’opinion publique.

Avec cette crise économique et financière mondiale liée à la crise du coronavirus, nous sommes dans une situation où nous nous dirigeons vers une crise du système impérialiste mondial qui touche toute la société. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, le système impérialiste mondial n’a connu une crise aussi profonde. Nous nous y dirigeons – malgré ou peut-être à cause de toutes les « mesures d’assouplissement » et de tous les débats qui ont lieu. Ce n’est pas pour rien qu’une stratégie de l’OTAN est préparée pour écraser les soulèvements et les luttes révolutionnaires dans tous les pays du monde.

L’anticommunisme joue un rôle important dans ce conflit à venir. Est-ce que nous nous y opposons, est-ce que nous pouvons gagner les masses populaires dans cette crise de la société dans son ensemble pour une nouvelle société sans exploitation et sans oppression ? Cela ne peut se faire que si elles sont capables de faire face à l’anticommunisme. Le socialisme n’est pas une société de violence, le socialisme est une société libérée, libre de l’exploitation et de l’oppression de l’homme par l’homme sur la voie vers la société sans classes du communisme. Une société libérée, dans laquelle l’environnement est protégé et où l’accent est mis non pas sur le profit, mais sur l’homme dans son interaction avec la préservation de la nature. Il est la perspective pour la jeunesse pour laquelle nous luttons ici. La lutte pour le socialisme est la lutte de libération la plus démocratique qui puisse être menée aujourd’hui.

Dans ce sens, le 75e anniversaire de la libération du fascisme et de la fin de la Seconde Guerre mondiale devrait être l’occasion de porter cette lutte contre l’anticommunisme dans nos cœurs sous le slogan « Aucune chance à l’anticommunisme ! » et de lui accorder une plus grande priorité dans nos activités.

En ce sens, Glückauf [bonne chance] !

Vive la lutte contre le fascisme !

Vive la lutte pour le socialisme/communisme – pour une société libérée !

Discours de Monica Gartner : http://upml.org/wp-content/uploads/2020/05/200518-MLPD-Discours-Gabi-Fechtner-75-ans-de-liberation-du-fascisme-hitlerien_FR_ec.pdf

UPC-Manidem au Cameroun : Lutter contre la politique catastrophique du gouvernement

Nous relayons ici une déclaration de l’organisation UPC-Manidem (Union des Populations du Cameroun – pour un Manifeste National de la démocratie) qui, comme l’UPML, fait partie des 58 organisations membres de l’ICOR.
Nous y apprenons la situation très difficile dans ce pays sous le joug néo-colonial de la France : secoué par une guerre, attaqué par des groupes terroristes et où la pandémie du Covid-19 aggrave tous les problèmes sociaux. La fermeture des frontières amène à des pénuries, à une flambée des prix, à une situation où les couches populaires luttent pour leur survie.
L’UPC-Manidem a organisé des brigades de santé, a distribué du matériel sanitaire, des aliments, etc. Mais elle mène surtout la lutte contre la politique gouvernementale catastrophique. Sa déclaration est parue à l’occasion de la fête nationale du Cameroun, le 20 mai.

Solidarité internationale ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

https://www.panoramapapers.com/cameroun-crise-anglophone-un-officier-arrete-suite-a-une-nouvelle-exaction-de-larmee/

Union des Populations du Cameroun (UPC) 1948 Manifeste National pour l’Instauration
de la Démocratie (MANIDEM) 1974
UPC – MANIDEM

DÉCLARATION DU SECRÉTARIAT DU COMITE DIRECTEUR

QUAND 20 MAI RIME AVEC VACUITÉ DU POUVOIR

Pour cause de pandémie du COVID-19, le pouvoir a annulé les cérémonies festives du 20 mai cette année. En vérité, même si une certaine excitation est à l’œuvre dans les débits de boissons, le peuple kamerunais n’a pas le cœur à la fête et cela pour plusieurs raisons. Nous n’examinons ici que la crise dans le NOSO et la crise dans la pandémie du Covid19.

La guerre civile se poursuit au Nord-Ouest-Sud-Ouest
Depuis quatre ans le pays est plongé dans une guerre civile au Nord-Ouest et Sud-Ouest, avec plus d’un million de déportés intérieurs et de réfugiés au Nigéria, des milliers de morts. Plus de 130 villages rasés, des établissements scolaires fermés. La situation d’extrême violence se poursuit avec son lot d’exactions où les civils succombent toujours en plus grand nombre.

Le 14 février 2020, à Ngarbuh dans le département du Donga Mantung au Nord-ouest, l’armée a massacré 23 civils dont 3 femmes et 10 enfants sous couvert de la lutte contre un foyer de sécessionnistes. Pour camoufler ses exactions, elle a incendié les habitations. Face à la pression populaire, celles de la société civile, des défenseurs des droits humains, des représentants des différents cultes, des forces politiques et médiatiques, le gouvernement a été contraint de mettre en place une commission d’enquête dont les conclusions établissent clairement la responsabilité des militaires.

A cela, il faut ajouter la détention derrière les barreaux de nombreux prisonniers politiques, certains d’entre eux étant pourtant reconnus par les populations du NOSO comme des leaders politiques porteurs de leurs revendications ; donc des hommes et des femmes qui ne devraient pas être en prison s’il existait une volonté de dialogue du pouvoir en place, dialogue qui représente pour l’UPC-MANIDEM la seule et unique voie capable de mettre fin au drame que vit notre pays depuis bientôt 4 années. Répétons-le : la solution de la guerre dans le NOSO n’est pas militaire, elle est politique !

Enfin, les activités économiques dans cette partie du pays sont complètement par terre.

Face à cette terrible réalité, Paul Biya n’a pu trouver que la mascarade du grand dialogue national dont nous voyons l’inanité sur le terrain.
Le drame de Ngarbuh que nous venons d’évoquer vient allonger la liste des lieux où l’armée (dont le rôle premier est de protéger les populations) a commis des exactions et est systématiquement couvert par le gouvernement. Car nous avons toujours en mémoire les deux femmes qui avaient été sommairement exécutées à l’extrême nord, l’une avec son bébé au dos, l’autre avec son enfant à la main. Confronté aux images de cette exécution, le pouvoir de Yaoundé avait prétendu que cela se déroulait au Mali… jusqu’à ce que des enquêtes sérieusement menées rétablissent la vérité aux yeux de tous : oui, c’était bien au Kamerun de Paul Biya qu’on assassinait ainsi des enfants innocents et leurs mères qui ne l’étaient pas moins.

Nous sommes en présence d’un État qui est constamment dans le déni de ses insuffisances et de ses crimes ; ou bien qui trouve que la moindre interpellation relève d’un complot extérieur ou intérieur, et lance ou le ministre de l’intérieur ou le ministre de la communication dans des exercices de communication lamentables.

L’UPC-MANIDEM exige avec toutes les forces de bonne volonté :

  • La libération des prisonniers politiques et évidemment de ceux de la zone anglophone
  • Le retour des réfugiés
  • Le cessez-le-feu, ou même des cessez-le-feu localisés
  • Le rétablissement de la paix au NOSO dans le cadre d’un Vrai Dialogue National
  • Un plan de reconstruction, de mise en valeur et de relance économique avec le soutien de l’Etat
  • La mise en place d’une véritable décentralisation créant les conditions d’une réelle prise en compte du potentiel humain et matériel du NOSO

La lutte contre le COVID-19

Le COVID19 est la loupe grossissante mettant en évidence la vacuité du système Biya en général.

Un peu partout des chefs d’États se sont adressés à leur peuple afin de faire le point sur la pandémie au plan national et international, indiquer les grandes orientations et présenter des plans de lutte. Le Cameroun est le seul pays où pas une seule fois le chef de l’État n’a parlé aux populations en ces moments extrêmement difficiles. L’État à travers son Premier ministre s’est contenté de faire un copier-coller des mesures prises ailleurs, sans pouvoir distinguer là où ça coince, ni ajouter ce qui est requis dans le contexte kamerunais. Sans campagnes d’explication vigoureuses auprès de la population, sans proposer des mesures d’accompagnement en direction de nombre d’acteurs socio-économiques, principalement ceux qui sont dans l’informel, laissant ceux-ci dans une résignation qui ne favorise pas le respect des consignes élémentaires dans le cadre de la lutte contre le Covid19. Et le pouvoir en rajoute dans l’insoutenable : c’est ainsi que dès qu’il a décidé de la réouverture des débits de boissons jusqu’à des heures indues, contrairement à ce qui était prescrit au début de la pandémie, c’était comme s’il déclarait à la population qu’il n’y avait plus de risques, et celle-ci ayant baissé la garde les conséquences en seront bientôt ravageuses.

Des 20000 tests donnés gracieusement à notre pays pour des centres dédiés, une bonne quantité a disparu. Certainement pas pour tout le monde car ils doivent se retrouver chez des petits copains ayant des cliniques où ces tests reçus gracieusement deviennent payants. Par manque de tests, des malades sont aiguillés vers les images par scanner dont le prix est inabordable pour la grande majorité, alors ils s’en retournent chez eux avec la maladie.

En l’absence des mesures de protection efficaces, le personnel de santé qui est au premier rang de la lutte contre le Covid19 est en proie au malaise, qui tourne parfois à la peur. C’est ce qu’indique l’accroissement de l’absentéisme en son sein. Ceci exige des mesures minimales à l’égard de ce personnel : qu’il soit pourvu d’un équipement de protection efficace, et que des horaires assouplis et un encadrement psychologique lui soient prodigués afin qu’il puisse gérer le stress inévitable au contact des malades dont certains sont porteurs du virus.

Un grand désordre préside à la prise en charge des malades. Ce qui impose dans chaque grande ville au moins une plateforme commune de la gestion de l’orientation des malades et non plus que celle-ci se fasse parfois dans l’improvisation des personnels de santé ou grâce aux seules relations des médecins.

La prise en charge financière est également imprécise. Ainsi que nous venons de le dire il arrive que même le test ne soit pas gratuit.

Enfin, il n’y a pas davantage de prise en charge automatique des parents d’une personne testée positive et ayant vécu dans la promiscuité du malade. Ces membres de la famille se débrouillent comme ils peuvent pour ceux d’entre eux qui en ont les moyens, les autres rentrent tranquillement chez eux comme si de rien n’était.

Au lieu d’agir le gouvernement interdit les organisations qui interviennent contre la pandémie en les empêchant d’organiser des collectes et la distribution pour de matériel. Que veut ce pouvoir ? Non seulement il ne fait rien mais, il ne supporte pas que d’autres se mobilisent. Faut-il que le peuple meure pour qu’il soit satisfait ?

Dès le début de la pandémie, l’UPC- MANIDEM dans le cadre de Stand Up For Cameroon et avec d’autres forces, a accepté de prendre sa part dans le cadre de la lutte contre le Covid19 : en effet, notre parti fait partie de la plateforme Unité Covid19 des organisations de la société civile présidé par Monseigneur Samuel Kléda, Archevêque Métropolitain de Douala. Il y a une gigantesque tâche d’informations, d’encadrement et de prise en charge des populations ; il y a également celles de s’informer auprès des différents acteurs (autorités nationales et locales, personnel médical, bailleurs d’aides, etc.) et de les interpeller à l’occasion.

Tout ceci doit se poursuivre avec une claire conscience de l’incapacité de ce régime à résoudre le moindre problème national. De là découle la nécessité et l’urgence pour le processus de changement, à travers la Transition Politique avec les forces vives qui ont à cœur l’avenir de notre pays.

Chère compatriote,

La République unitaire du Cameroun de M. Ahidjo en 1972 qui mit fin à la République fédérale du Cameroun, transformée ensuite en République du Cameroun tout court par M. Biya, montre l’inconsistance de tout ce que l’on fait sur du papier sans pouvoir poser les actes fondateurs et porteurs. En ce 20 Mai 2020, jamais le pays n’a été autant divisé, jamais cette journée n’a aussi mal portée le nom de la journée de l’unité nationale.

  • En plus de la crise du NOSO, l’extrême nord, région totalement ostracisée, subit également les exactions de BOKO HARAM.
  • Le tribalisme d’Etat est érigé en mode de gouvernance, permettant désormais que certaines localités deviennent des zones interdites pour les non originaires de la région.

Il y a urgence, à créer cette dynamique de changement véritable, de rupture, de faire la démonstration qu’un AUTRE KAMERUN EST POSSIBLE avec un autre système politique, économique au service du peuple où CHACUN.E AURA SA PLACE.

Il faut sortir proprement et définitivement du système Biya. Et nous n’avons pas le droit de bricoler cette sortie sinon le pays replongera dans du n’importe quoi pour un demi-siècle encore.

L’UPC-MANIDEM dit qu’après tant d’années de blocage, d’incohérences et de gabegie, il faut reconstruire les fondations d’une Nouvelle République. Cela ne peut pas se faire en changeant simplement le président de la République : contrairement aux républiques fédérales, puis unitaire, puis république tout court, qui ont été imposées aux Kamerunais sans leur demander de participer à l’élaboration du contenu, nous disons que la Nouvelle République doit prendre place dans la cadre d’une large mobilisation des populations que préside le Vrai Dialogue National. Dans ce cadre, nous poserons tous ensemble les nouvelles bases de la nouvelle république. C’est ce que nous appelons la Transition Politique, qui est un moment d’élaboration populaire et démocratique qui nous permet d’éviter de sortir du n’importe quoi pour rentrer à nouveau dans du n’importe quoi.

En avant avec la Transition Politique !

Vive l’UPC-MANIDEM !

Vive le Kamerun !

Le 20 mai 2020

Pour le Secrétariat de l’UPC-MANIDEM

Vice-président aux Relations Extérieures et Panafricaines Bayémi André

Président Moutoudou Albert

Trésorier Leukam Ghislain

Secrétaire Général Chumchoua Penda