Aujourd’hui, la peur domine les discussions : la guerre en Ukraine, les tensions internationales, la menace nucléaire. Beaucoup s’inquiètent, mais rares sont ceux qui voient la nature réelle de cette situation : une course effrénée à l’armement orchestrée par les grandes puissances impérialistes. Il est de notre responsabilité de démontrer que cette militarisation apparaît comme nécessaire à l’expansion des intérêts des monopoles multinationaux et de la bourgeoisie. On nous dit que Poutine est un danger – et il l’est –, mais on joue avec cette peur pour justifier une fuite en avant belliciste et militariste. Il faut démontrer que la réponse à cette menace ne peut pas être un renforcement de nos propres arsenaux, mais bien une lutte contre l’impérialisme sous toutes ses formes.
Dans ce contexte, le gouvernement français franchit une nouvelle étape en lançant un produit d’épargne destiné à financer l’industrie de l’armement. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a récemment annoncé la mise en place de ce fonds, censé rapporter 450 millions d’euros, alimenté par l’épargne des particuliers. Ceux-ci verront leurs fonds immobilisés sur une durée incompressible. Autrement dit, une fois votre argent placé, il sera impossible de le récupérer avant l’échéance ; autre « avantage » pour les dominants faire collaborer les dominés à l’entreprise guerrière. Tout cela est une aubaine pour les entreprises du secteur, qui pourront ainsi investir en toute tranquillité dans la production d’armes et autres outils de mort, avec l’acceptation des exploités.
Financer la guerre sous couvert d’épargne
L’annonce du ministre est limpide : ce fonds est destiné à donner aux entreprises militaires un « horizon stable » pour monter en puissance, produire et embaucher. En clair, il s’agit de renforcer encore davantage le complexe militaro-industriel français (très étendu aujourd’hui avec l’informatique et IA), au moment où les tensions internationales s’exacerbent et où l’impérialisme français cherche à consolider ses positions face à la concurrence.
Ce n’est pas un hasard si cette mesure arrive aujourd’hui : les contradictions du capitalisme s’aiguisent et les rivalités entre puissances s’intensifient. Le monde impérialiste, toujours en quête de nouveaux marchés et de nouvelles ressources, ne voit qu’une seule perspective politique pour se repartager le monde et se prépare à des affrontements d’ampleur. La guerre en Ukraine, la montée des tensions en mer de Chine ou encore les interventions militaires françaises en Afrique illustrent bien cette fuite en avant.
L’impérialisme et la guerre : une nécessité pour le capital
Comme l’a démontré Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, la guerre n’est pas un accident ou une simple erreur politique : elle est une nécessité économique pour le capitalisme en crise. Face à la surproduction, à la baisse tendancielle du taux de profit et à la concurrence exacerbée entre monopoles, le capital cherche à s’étendre par la force. La militarisation de l’économie est une réponse directe à cette logique : elle permet d’écouler les stocks d’armement, d’assurer des débouchés aux grandes entreprises et de préparer de nouvelles offensives économiques et militaires.
En encourageant l’épargne populaire à financer la guerre, l’État bourgeois met une fois de plus l’économie au service des monopoles militaro-industriels. Et ce, aux dépens des travailleurs et des classes populaires, qui subissent déjà les conséquences de l’austérité et de l’augmentation du coût de la vie.
Pire encore, certains délégués syndicaux et ouvriers tombent dans le piège de l’opportunisme : voyant dans cette militarisation un moyen de préserver ou de créer des emplois, ils abandonnent toute perspective de lutte contre ce système qui génère ces guerres. Mais l’emploi ne doit pas se faire au prix du sang versé par les peuples ! Il est nécessaire de construire une véritable alternative qui ne sacrifie pas les travailleurs sur l’autel des profits militaro-industriels.
L’alternative : le Front Uni contre la guerre et l’impérialisme
Face à cette nouvelle offensive du capital, il est urgent de dénoncer cette escroquerie et de refuser de financer les guerres impérialistes. L’argent des travailleurs ne doit pas servir à enrichir les marchands de mort ! Au contraire, il doit être investi dans les besoins fondamentaux de la population : santé, éducation, logement, infrastructures publiques.
Pas un centime, pas un homme ou femme pour la guerre impérialiste.
Nous devons rassembler toutes les forces antimilitaristes, démocratiques et progressistes dans un Front Uni contre la guerre et l’impérialisme. Il ne s’agit pas d’une simple lutte idéologique, qui est toujours nécessaire, mais d’un combat concret qui exige une mobilisation large. Toutes celles et ceux qui refusent la militarisation et la logique belliciste doivent s’unir, au-delà des clivages politiques traditionnels.
À terme, seule une transformation radicale de la société permettra d’en finir avec ces guerres impérialistes. Le socialisme est la seule alternative capable d’abolir les rapports de domination, de mettre fin à la course aux armements et de bâtir un monde fondé sur la coopération et non sur la concurrence et la guerre.
Non à l’épargne pour la guerre ! Non au financement de l’impérialisme ! Unissons-nous pour un avenir sans exploitation ni guerre !
Bachir 2.0