29 mai 2024

VIVE LA COMMUNE : lundi prochain, le 8 mai: une ballade et des poèmes

Promenade dans Paris et visite de l’exposition

La Commune de Paris de 1871

Un peuple se révolte

contre crises et guerres, contre la trahison de la bourgeoisie

Révolution !!

Ça vous parle ?

Lundi 8 mai à 15h

Rendez-vous M° Pyrénées

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Quelques poèmes:

Anniversaire du 18 mars 1871

Si noire soit notre misère,

Les camarades unissons

Nos cœurs, nos verres, nos chansons :

Fêtons le grand anniversaire !

Jour du peuple ! – en masse levé,

Il échappait à l’embuscade.

Le sol en frémit, le pavé

Se souvient qu’il fut barricade.

Revivons ce cher souvenir !

L’histoire n’a rien d’analogue,

Et du demain qu’on voit venir

Le dix-huit mars est le prologue.

Si noire soit notre misère,

Ils rugissaient, les fédérés,

Sous un état-major de traîtres ;

Les trente sous, exaspérés,

De leurs canons se rendent maîtres.

Alors le pouvoir lâche et fou,

S’évade dans la nuit profonde ;

Paris, la bride au cou

Sent qu’au monde il va mettre un monde

Si noire soit notre misère,

Ce fut le jour des inconnus,

Peuple, sortis de tels entrailles,

Dictateurs en blouse, aux bras nus,

Leurs noms étonnent nos murailles,

Et, dans un style magistral,

C’est un groupe de prolétaires,

Le grave Comité central,

Qui tient tête aux parlementaires.

Si noire soit notre misère,

L’hôtel de ville triomphant

Voit s’entasser la foule brune,

Paris, joyeux comme un enfant,

Y vient proclamer la Commune.

Le canon tonne ce réveil,

Cet échec à la bourgeoisie ;

Et l’on voit grouiller au soleil

L’ensemble plein de poésie.

Si noire soit notre misère,

Ce fut un matin radieux,

Germinal où tout être bouge,

Les peuples entr’ouvrent les yeux

A la splendeur du drapeau rouge.

Il frange d’or l’humble haillon,

L’horizon bleu s’en illumine,

Il s’en filtre même un rayon

Dans le noir enfer de la mine.

Si noire soit notre misère,

Les camarades, unissons

Nos cœurs, nos verres, nos chansons :

Fêtons le grand anniversaire !

Eugène Pottier 18 mars 1887

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Le peuple au peuple

Un jour m’élançant sur la place publique

J’ai dit : vivre en travaillant, mourir en combattant.

J’ai dit : l’air de ma mansarde m’étouffe

Je veux respirer.

J’ai dit : les hommes sont égaux

J’ai dit : république universelle.

Alors ils m’ont saisi

Ils m’ont enfermé dans de noirs cachots,

Ils m’ont laissé pendant de longues semaines

Couché sur la paille infecte,

Et puis une nuit, ils m’ont enchaîné ;

Ils m’ont emmené dans un entrepont de vaisseau,

Rempli de vermine

Côte à côte avec les enfants du crime,

Les forçats de leur société…

Puis ils ont mis dans mes mains une pioche,

Moi qui travaillais le diamant,

Ils m’ont dit en ricanant :

Forçat, tu veux le droit au travail ?

Travaille !

Forçat, l’air de ta mansarde t’étouffe ?

Respire !…

Alors j’ai dit :

Abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

J’ai dit :

La terre à celui qui la cultive.

J’ai dit :

Celui qui ne produit pas n’est pas digne de vivre.

C’est alors qu’ils m’ont assassiné….

J’ai publié ceci pour pouvoir dire : à tous par tous,

Peuple, médite et souviens-toi

Que tu es force et nombre,

Mais que

Tant que tu seras force et nombre sans idée

Tu ne seras qu’une bête de somme.

J’ai publié céci pour te dire, peuple,

Que ton émancipation réside dans ta solidarité ;

Pour te dire que l’heure la plus sombre

Est celle qui précède l’aurore.

Théodore Six

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Chanson des prisons

Quand la foule aujourd’hui muette,

Comme l’Océan grondera,

Qu’à mourir elle sera prête,

La Commune se lèvera.

Nous reviendrons foule sans nombre,

Nous viendrons par tous les chemins,

Spectres vengeurs sortant de l’ombre,

Nous viendrons nous serrant les mains.

La mort portera la bannière ;

Le drapeau noir crêpe de sang ;

Et pourpre fleurira la terre,

Libre sous le ciel flamboyant.

Louise Michel

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Commémoration de la Commune

A l’école on nous a raconté des histoires

L’histoire de France

Il était une fois un roi et une reine

Ralliez vous à mon panache blanc

Du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent

Notre histoire à nous

Ce sont les jacqueries, les communes

. Nos batailles

Les grèves, les insurrections

Nos défaites

Les répressions

Apprenons notre histoire, camarades

En 1871, première grande victoire du prolétariat

La Commune de Paris

Camarades, c’est vous qui écrivez notre histoire.

Jacques Prévert

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Les fusillés

… Partout la mort. Eh bien, pas une plainte.

Ô blé que le destin fauche avant qu’il soit mûr !

Ô peuple !

On les amène au pied de l’affreux mur.

C’est bien. Ils ont été battus du vent contraire.

L’homme dit au soldat qui l’ajuste : Adieu, frère.

La femme dit : – Mon homme est tué. C’est assez.

Je ne sais s’il eut tort ou raison, mais je sais

Que nous avons traîné le malheur côte à côte ;

Il fut mon compagnon de chaîne ; si l’on m’ôte

Cet homme, je n’ai plus besoin de vivre. Ainsi

Puisqu’il est mort, il faut que je meure. Merci. –

Et dans les carrefours les cadavres s’entassent.

Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;

Elles chantent ; leur grâce et leur calme innocent

Inquiètent la foule effarée ; un passant

Tremble. – Où donc allez-vous ? dit-il à la plus belle.

Parlez. – Je crois qu’on va nous fusiller, dit-elle.

Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;

C’est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.

Là des tas d’hommes sont mitraillés ; nul ne pleure ;

Il semble que leur mort à peine les effleure,

Qu’ils ont hâte de fuir un monde âpre, incomplet,

Triste, et que cette mise en liberté leur plaît.

Nul ne bronche. On adosse à la même muraille

Le petit-fils avec l’aïeul, et l’aïeul raille,

Et l’enfant blond et frais s’écrie en riant : Feu ! […]

Victor Hugo

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Il ne faut pas rire avec ces gens-là

Ecoutez.

En 1871, les communards sont tombés par milliers

Monsieur Thiers souriait

Les femmes du monde souriaient

Elles se payaient une pinte de bon sang.

Pendant la fameuse glorieuse dernière avant-dernière grande guerre

Le président Poincaré rigolait dans les cimetières

Oh ! Pas aux éclats naturellement

Un petit rire discret

Un petit gloussement

Un rire d’homme du monde

Un joyeux rire d’outre-tombe

Depuis le mois de février

On a tué en France beaucoup d’ouvriers

Et le président Doumergue n’a pas cessé de sourire

C’est une habitude… un tic…

Deibler aussi quelques fois sourit…

Tardieu sourit…

Hitler aussi…

C’est le sourire du capital

le sourire de la bourgeoisie

C’est le rire de la « Vache qui rit »

Un rire aimable… un sourire impitoyable.

Prévert

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Le forgeron

Le tas des ouvriers a monté dans la rue,

Et ces maudits s’en vont, foule toujours accrue

De sombres revenants, aux portes des richards.

Moi, je cours avec eux assommer les mouchards :

Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l’épaule,

Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle,

Et, si tu me riais au nez, je te tuerais !

Puis, tu peux y compter, tu te feras des frais

Avec tes hommes noirs, qui prennent nos requêtes

Pour se les renvoyer comme sur des raquettes

Et, tout bas, les malins ! se disent : “Qu’ils sont sots !”

Pour mitonner des lois, coller de petits pots

Pleins de jolis décrets roses et de droguailles

S’amuser à couper proprement quelques tailles,

Puis se boucher le nez quand nous marchons près d’eux,

Nos doux représentants qui nous trouvent crasseux !

Pour ne rien redouter, rien, que les baïonnettes….

C’est très bien. Foin de leur tabatière à sornettes !

Nous en avons assez, là, de ces cerveaux plats

Et de ces ventres-dieux. Ah ! ce sont là les plats

Que tu nous sers, bourgeois, quand nous sommes féroces,

Quand nous brisons déjà les sceptres et les crosses !..

Arthur Rimbaud

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