Rapport de la France sur les problèmes et les luttes des femmes

Les déléguées donnent à la conférence un rapport sur les luttes des femmes dans les différents pays . Les rapports sont la base des débats et des décisions de la conférence pour ses activités futures. Voici le rapport de la déléga-tion de France à la conférence de Tunis qui commence le samedi 3 septembre. (la rédaction du Site)

Par les déléguées et participantes à la 
3ème Conférence mondiale des femmes 2022
Rapport de la France sur les problèmes 
et les luttes des femmes

 

Les problèmes des femmes en France ont pour beaucoup leur origine dans le capitalisme lié au pa-triarcat. En même temps, les femmes ont toujours été en première ligne dans les grandes luttes et les révolutions : les femmes de la Commune de Paris sont connues dans le monde entier.

La France est la 2e économie en Europe. C’est un pays impérialiste et riche avec des colonies et une in-fluence dominante, mais en déclin dans de multiples pays néo-coloniaux (Afrique, Asie, Amérique centrale). Plus de 10 % des 67 millions d’habitants sont d’origine immigré. 12 millions de personnes habitent en région parisienne, la plus grande métropole en Europe.

FEMMES AU TRAVAIL- INÉGALITÉS ! 

Aux âges actifs, en France hors Mayotte, entre 15-64 ans, 68,2 % des femmes se trouvent en activité profes-sionnelle contre 75,8 % des hommes.
Les femmes sont payées 20 à 25 % de moins que les hommes pour le même travail.
De plus, avec les tâches du quotidien de la maison et des enfants, beaucoup subissent la « double journée de travail ». La masse des femmes est particulièrement exploitée.D’autre part, très tôt les femmes sont orientées vers des “métiers de femmes” dans leur choix professionnel : vendeuse, aide à la personne ou coiffeuse, ou pour les plus formées enseignante ou infirmière. Dans ces métiers, pendant la pandémie du Covid, les femmes ont souvent assuré la vie sociale sous des conditions éprouvantes et dangereuses.
Les femmes précaires sont les premières à être licenciées. Toutes ces inégalités mentionnées se poursuivent lors de la retraite, elles perçoivent une pension inférieure de 39 % à la moyenne.
Notre revendication de base devrait être “un salaire égal pour une valeur égale”.

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Les violences subies par les femmes sont les plus répandues en France comme dans le monde. Elles prennent des formes très diverses : coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide. Tous les ans, beaucoup plus de 100 féminicides sont commis (154 pour 2019 ; 103 pour l’année 2020 (Covid) ; 113 pour 2021). En France, plus de 99% des femmes disent avoir été victimes d’un acte ou comportement sexiste, et les enquêtes nationales menées sur le sujet montrent que les femmes concernées sont confrontées à de multiples agres-sions physiques, verbales, psychologiques et sexuelles.  Le phénomène atteint les femmes de tous les milieux, dans la vie privée, les espaces publics et au travail. Le harcèlement se prolonge au commissariat et au tribu-nal, si les femmes osent s’y adresser. L’appareil d’État est complice des violences. Grâce aux importantes mobilisations féministes, en France les violences sexuelles sont devenues plus visibles. Diverses réponses et dispositifs ont été mis en place par le gouvernement (n° de secours, protection contre les agresseurs)  mais sans les moyens financiers et personnels suffisants, cela reste en grande partie lettre morte

DROITS ET LUTTES DES LGBTI+ EN FRANCE

La France est l’un des pays qui a obtenu le plus d’avancées en matière de droits LGBTI+ par rapport à de nombreux autres pays. Grâce notamment aux luttes des personnes LGBTI+, de nombreux droits ont été ob-tenus. En ce qui concerne les réformes récentes, la France a reconnu légalement le mariage homosexuel en 2013, ce qui en fait le neuvième pays d’Europe et le treizième pays du monde. Les jeunes LGBTI+ jouent un rôle beaucoup plus important dans les organisations anticapitalistes et s’organisent de plus en plus
LES FEMMES DANS LA LUTTE CONTRE LA CRISE ÉCOLOGIQUE CAPITALISTE ET CONTRE LA GUERRE
Crise écologique : En France, la crise écologique fait rage et s’aggrave. Aux Antilles, le pesticide Chlordé-cone qui a été maintenu délibérément par les autorités françaises pendant 20 ans, a contaminé les sols pour des siècles et le taux de cancer de la prostate est énorme. Les femmes luttent depuis des années avec achar-nement pour l’interdiction du Chlordécone. L’accord de Paris sur le climat n’est plus tenable. Actuellement, le pays est victime d’une grande sécheresse et de multiples feux. Les masses populaires, surtout les jeunes ont peur d’un avenir où la planète devienne invivable.
Femmes contre la guerre impérialiste : La France, État impérialiste agressif, est le 3ème exportateur d’armes dans le monde. C’est une des sept puissances nucléaires. Actuellement, la propagande psychologique de guerre veut nous engager à faire des « sacrifices » avec des prix en hausse et un éventuel hiver avec moins de chauffage « à cause de la guerre ».
Des liens étroits on été activés entre le ministère des Armées et l’Éducation nationale pour mettre en place le « Service national universel » pour 800 000 jeunes dans les années à venir. La publicité pour des femmes soldates abuse de la lutte pour l’égalité des sexes. Les dangers d’une nouvelle guerre mondiale tout comme celui de la catastrophe écologique sont encore largement sous-estimés.  La conférence mondiale des femmes doit envoyer un signal fort à ce sujet pour le mouvement combatif des femmes.

FEMMES MIGRANTES ET MONDIALISATION

En France, plus de la moitié des émigrés sont des femmes. D’abord arrivées dans le cadre du regroupement familial, elles émigrent de plus en plus souvent seules et pour des raisons diverses (mariage forcé, guerre, destructions de l’environnement, répression ethnique ou sexuelle, misère matérielle) mais à la racine de ces malheurs se trouve la mondialisation tueuse d’emplois. Déserts, innombrables frontières et contrôles de po-lice, murs de barbelés que l’Europe fait ériger dans les pays du Maghreb, tel est leur lot. Violées, emprison-nées, affamées, parfois tuées par les passeurs, leur vie ne compte pas.  Et en Europe, si elles y arrivent, c’est la clandestinité, la faim, les arrestations, les centres de rétention, la vie en tant que sans-papiers sans statut ni protection, la prostitution, le racisme et les violences sexuelles. Les politiques de « gestion des flux migra-toires » font d’elles des parias, sans aucune considération pour leur condition d’êtres humains et de femmes.

LA LUTTE DES FEMMES EN FRANCE

Les luttes des jeunes femmes, surtout ces dernières années, sont devenues massives : lutte contre les violences faites aux femmes et les délits sexuels des politiciens. Lutte pour le droit à l’avortement et contre les discri-minations sexuelles. Le 8 mars et le 25 novembre sont des dates de mobilisation très importantes. Les femmes sont à la pointe du combat avec les slogans ” nous ne nous taisons pas, nous n’avons pas peur, nous n’obéissons pas “.  Dans ces luttes, un courant anticapitaliste se renforce, contre le racisme, l’extrême droite et pour les droits des migrants, créant un vaste espace pour l’organisation et la politisation des jeunes femmes. Cependant, certaines d’entre elles, issues d’une formation supérieure, sont influencées par l’idée qu’en France, l’égalité des sexes serait atteinte et qu’elles sont libres de leurs choix, mais cela ne reflète pas la situa-tion de l’ensemble des femmes. Même si parfois, s’organiser est dénoncé comme trop contraignant au nom d’un anti-autoritarisme, il faut renforcer l’organisation durable du mouvement de femmes en lutte, encore trop dispersés.

 

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