15 juin 2024

Apolônio de Carvalho, un combattant internationaliste

Un livre à lire pour cet été chaud qui s’annonce et qui vous donnera du courage pour continuer la lutte contre le fascisme et la guerre, sans relâche !

Le 23 septembre 2005, Apolônio de Carvalho mourait à 93 ans. Disparaissait ainsi une « figure emblématique de la gauche brésilienne », que tente de cerner cette biographie.

En 1935, jeune lieutenant d’artillerie engagé dans l’ANL, mouvement antifasciste, il est emprisonné à la suite d’un soulèvement communiste.

Libéré en 1937, il rejoint les brigades internationales, et combat en Espagne sur le front d’Estrémadure. Réfugié en France, après la défaite de la République espagnole, il participe à la résistance au sein des FTP-MOI, dans le sud de la France : à Marseille, à Nîmes, à Toulouse.

En Aout 1944, il commande les 2 000 FFI qui libèrent Carmaux et Albi. À Marseille, il a rencontré Renée Laugery, jeune militante des jeunesses communistes qui sera sa compagne.

En 1946, à son retour au Brésil, le Parti communiste brésilien l’accueille tel un héros, mais l’interdiction de ce parti en 1947, lui impose de replonger dans la clandestinité. Vingt ans après, il le quitte, en désaccord avec sa ligne politique qui a réduit à l’impuissance les militants lors du coup d’état militaire de 1964.

En 1967, Apolônio participe à la fondation du Parti communiste brésilien révolutionnaire (PCBR) qui s’engage, après d’autres organisations révolutionnaires, dans une lutte armée brisée cinq années plus tard par la brutale répression du régime militaire. Arrêté en janvier 1970, emprisonné et torturé, la liberté d’Apolônio et de 39 autres militants est obtenue en juillet de la même année en contrepartie de celle de l’ambassadeur de la RFA séquestré par des groupes de guérilla. Le gouvernement algérien accepte de les recevoir. Mais la France craignant que les Brésiliens soient un ferment de subversion, leur refuse tout visa d’entrée en France. Ses titres de résistant, la nationalité de sa femme, Renée, et de l’un de ses deux fils, parviendront difficilement à venir à bout de l’opposition du ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin.

Ce n’est qu’en 1972, qu’il revient enfin en France, où il poursuit son militantisme dans les conditions difficiles de l’exil. En 1979, il rentre au Brésil au bénéfice d’une amnistie générale octroyée par le régime militaire. En 1980, il adhère, dès sa fondation, au Parti des travailleurs.

Son caractère, sa détermination, son éthique militante, et son optimisme ont marqué ceux et celles qui l’ont connu. En dépit de ses échecs, la certitude d’un possible avenir meilleur, l’animait toujours. Il puisait cet optimisme dans la puissance de la solidarité, de l’espoir, et de l’idéal, qu’il avait vécus en Espagne, et dans ses divers engagements. A la veille de sa mort, il poursuivait encore le rêve de libération des exploités et des opprimés qu’il s’était employé à réaliser scrupuleusement dans ses combats internationalistes.

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