12 juillet 2024

Quand les mineurs sifflaient en travaillant (ou sans travailler)

Anastasia Lévy – Alors que le Royaume-Uni vient de commémorer les quarante ans de la grande grève des mineurs, retour sur ces chansons qui ont décrit la mine, ses ouvriers, ses morts et ses grands combats.

Le Royaume-Uni commémorait le mois dernier l’anniversaire du début de gigantesque grève des mineurs britanniques de 1984-1985. La Commission nationale du charbon, soutenue par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher, avait alors pris, début mars  1984, la décision de fermer vingt mines de charbon pendant l’année à venir et de supprimer ainsi 20.000 emplois de mineurs sur les 185.000 que comptait le pays.

La grève éclatait le 5 mars dans le Yorkshire et en Ecosse, et dix jours plus tard, seulement 11 sites miniers étaient encore en activité sur 165. Elle dura près d’un an: 500 mineurs, licenciés pour faute grave, y perdirent leur emploi, 7.000 furent blessés lors d’affrontements et près de 12.000 arrêtés.

Des minerais critiques pour qui et pour quoi ?

Derrière les beaux discours sur les besoins de minerais pour la transition énergétique, la loi européenne en cours de finalisation sur les matières premières critiques fait la part belle aux intérêts des géants des mines, de l’aéronautique et de l’armement. Une nouvelle étude de de l’Observatoire des multinationales avec Corporate Europe Observatory révèle le lobbying agressif des industriels pour influencer le contenu de cette législation, jusqu’à l’amener très loin des objectifs climatiques affichés de l’Europe.

Déclaration finale de la 3e Conférence internationale des mineurs (CIM)

La 3e Conférence internationale des mineurs (CIM), qui s’est tenue du 31 août au 3 septembre 2023, a constitué un grand pas en avant dans l’union internationale des mineurs du monde. 35 délégués expérimentés de 19 pays1 ont échangé leurs opinions et leurs expériences et ont décidé avec le plus grand sérieux d’une collaboration encore plus étroite et plus puissante à l’avenir.

La portée réelle de la conférence est encore bien plus grande : 30 délégués de 18 pays se sont vu refuser l’entrée dans l’espace Schengen par des tracasseries de visa liées au cloisonnement de l’UE. La conférence a protesté fermement contre les mesures bureaucratiques rigoureuses qui tentent clairement de saper l’union auto-organisée des mineurs dans leurs syndicats et organisations de base. Ils n’y sont pas parvenus ! Toutes les délégations réprimées étaient avec nous sous une forme ou une autre.