18 avril 2024

Palestine, une guerre de religion ?

Palestine, quelques interrogations : une longue histoire de colonisation et de résistance anticoloniale ?  Qui sont les « terroristes » ? La question de la lutte armée ? Quelle voie suivre ?

Penser l’histoire de la Palestine

Tout n’a pas commencé hier. C’est une longue histoire la résistance palestinienne. Dès 1936 elle se heurte au « protectorat » anglais et aux commandos sionistes qui revendiquent des droits sur les terres de Palestine… Puis viendront les agressions de 1947-48, la victoire des sionistes et l’exode forcé des palestiniens. L’événement reste présent dans la mémoire collective palestinienne en tant que Nakba (en arabe : النكبة, An-Nakbah : « désastre » ou « catastrophe ». Entre 700 000 et 750 000 palestiniens sont expulsés. Depuis lors, plus de 75 ans, la résistance palestinienne contre l’expansion sioniste et la création de l’Etat raciste n’a pas cessé.

Les scènes d’horreur que l’on a vu ici ou là ne doivent pas nous faire perdre de vue le fond du conflit. La réalité est que nous faisons face à une guerre de colonisation de terre et à un peuplement se réclamant du sionisme. L’aspect religieux est secondaire. Depuis 1948, aucune solution politique n’a pu être trouvée. Aucune solution pacifique n’a été trouvée et ce malgré quelques processus de paix toujours sous l’égide des USA (maitre en matière de paix, c’est bien connu !) :

L’oppresseur colonial opprime, avec la complicité de puissances étrangères (USA en tête) et un peuple opprimé tente de survivre, de s’organiser pour se défendre, avec les moyens du bord et avec les résultats que l’on connaît :

Nombre de victimes depuis 1987 (en bleu Israéliens, en rouge Palestiniens)

L’approche anticoloniale est essentielle pour comprendre la situation. Il faut ainsi regarder dans l’histoire comment les décolonisations ont eu lieu. Elles ont concerné une grande partie du globe :

Le constat est sans appel, aucun pays ayant subi une colonisation de terre ou de peuplement n’a pu s’en sortir sans lutte armée c’est à dire sans lutte violente (la puissance coloniale ayant par exemple gagné en écrasant les autochtones en Australie jusqu’à leur refuser des droits)

 

En Palestine, colons et colonisés défendent leurs intérêts, mais avec des forces en présence disproportionnées. La puissance de l’armée israélienne étant proportionnelle à celle de « l’armée palestinienne » du même ordre que le nombre de morts des deux camps.

L’histoire de la Palestine peut se résumer en ces quatre cartes.

C’est pourquoi les violences exacerbées d’aujourd’hui sont le fruit de cette histoire. Toutefois, le Hamas d’un côté, soutenu en particulier par un Iran fasciste, et Israël et ses alliés de l’autre sont tous deux animés par des haines raciales, sociales et ethniques. La stratégie du Hamas vise à l’instauration d’un État islamique extrêmement oppresseur. Les ennemis concrets sont le sionisme et l’impérialisme, la libération ne peut être réalisée que par un front populaire anti-impérialiste et non par l’islamisme. Sans cela, les épisodes de violence s’enchaineront sans aboutir à une quelconque solution.

Si nous prenons l’exemple de l’Algérie, c’est 132 ans qu’il a fallu aux combattants algériens, de résistances en émeutes, pour finalement s’organiser dans le FLN (Front de libération national) pour venir à bout du colonisateur. Les temps sont longs. Peut-être qu’en Palestine une solution à un ou deux états pourrait aboutir. Mais quoi qu’il arrive, emprisonner 2.5 millions de personnes sur une bande large de 8 km, avec une densité telle que celle de Hong Kong (6300 habitants/km²), le confort en moins, aboutira forcement à des situations telles que l’on voit, violentes et, pour moi, sans lendemain si ce n’est un élargissement du conflit vers une guerre mondiale.

Si l’on se réfère à l’histoire encore une fois, il y’a deux issues possibles :

  • Le colonisateur perd et « rentre chez lui », comme l’issue de la guerre d’Algérie,
  • Le colonisateur s’impose et les autochtones sont relégués au rang de sous-citoyens, comme l’issue de la conquête de l’Australie.

En conclusion se pose la question de qui soutenir ? Pas question de soutenir le Hamas. C’est exactement comme dans la guerre Ukraine-Russie. C’est bien l’Ukraine qui se fait agresser et une lutte de libération ukrainienne serait juste, mais il est impossible de soutenir des acteurs comme Poutine ou Zelenski. Il faut comprendre la réalité du terrain, les victimes, et ne pas offrir le sang des uns sur l’autel d’une cause sioniste, impérialiste, fasciste ou islamiste. Nous soutenons donc les peuples pour leurs indépendances, ukrainiens ou palestiniens, sans pour autant soutenir leurs soi-disant défenseurs, que ce soit Zelenski ou le Hamas. Nous soutenons les progressistes, les antifascistes, les anti-impérialistes.

Si la Palestine veut une indépendance qui ne soit pas celle de l’Afghanistan, elle doit s’appuyer sur une organisation comme celle du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine). Celui-ci, dans sa charte, fait bien la part des choses entre sionisme et judaïsme et se positionne contre l’impérialisme dans une perspective socialiste. Au sein de la résistance palestinienne, le FPLP mène un double combat, à la fois contre les traditions et les structures conservatrices en pays arabes et contre la colonisation Israëlienne (Cf septembre noir). Sa perspective est un Etat unique, démocratique et laïque allant vers le socialiste dans les frontières de 1948. Cela est de l’intérêts des peuples.

« La cause palestinienne n’est pas une cause pour les Palestiniens seulement, mais une cause pour chaque révolutionnaire, où qu’il se trouve, la cause des masses exploitées et opprimées de notre époque. »     Ghassan Kanafani

Journaliste, auteur de plusieurs romans (dont Retour à Haïfa, Actes Sud, 1999), Ghassan Kanafani, né à Acre en 1936, fut également le porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dès sa création, en 1967. Le 8 juillet 1972, à Beyrouth, il est tué par une bombe placée dans sa voiture par les services secrets israéliens.

Voir sur le site de l’UPml un article sur Ghassan.

 

Bachir.

 

5 réflexions sur « Palestine, une guerre de religion ? »

  1. Le hamas c’est l’idiot utile d’israel, il place la lutte sur le terrain religieux alors que nous faisons fasse à un problème politique.

  2. Non, nous reprochons au Hamas et à d’autres intégristes d’avoir une orientations politiques réactionnaires et tout autant raciste que l’Etat sioniste. Cette orientation tourne le dos aux intérêts des populations palestiniennes d’avoir une Palestine indépendante, laïque et démocratique où toutes les religions vivraient en bonne entente.
    C’est ce que nous expliquons au fil de tous les articles que nous avons publiés sur ce site et sur le Facebook.

  3. Les combattants du Hamas font partis de la Résistance, mais la politique du Hamas en tant que Parti n’a pas une politique progressiste, celle-ci est intégriste, religieuse, etc (lire nos divers articles sur le sujet)

  4. Je ne suis pas d’accord, les gens du Hamas se sont des résistants à l’occupation

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