Le taux de participation au premier tour dans les 35 000 communes a été remarquablement faible, s’élevant à environ 57 % (1), alors que les élections municipales sont celles qui touchent le plus directement aux préoccupations quotidiennes de la population. C’est surtout dans les villes et les quartiers populaires que l’on a constaté une forte abstention, expression du rejet des institutions bourgeoises. Les résultats du scrutin sont marqués par la fragmentation et la polarisation.
L’importance de cette campagne électorale et des résultats réside avant tout dans la proximité avec les élections présidentielles de 2027, qui détermineront la succession du président Macron, largement impopulaire. Le fort ancrage local rend toutefois difficile la généralisation des résultats. Au premier tour, de nombreux maires de tous bords ont été réélus grâce à un soutien à leur action municipale.
Une évolution vers la droite – le danger fasciste avance !
On constate une polarisation croissante accompagnée d’une évolution vers la droite. De nombreuses alliances de droite, ainsi que le Rassemblement national (RN), précurseur du fascisme, ont réussi à s’imposer plus souvent. Le RN a pu s’ancrer davantage grâce aux médias grand public, aux partis bourgeois de droite et à sa tactique de « dédiabolisation » en tant que parti d’ultra droite « modéré ».
Les succès du RN sont essentiellement dus à des alliances ou au soutien (tacite) de partis de droite tels que le parti LR (Les Républicains). Le « Front républicain », s’effondre. Le RN compte désormais des maires dans 57 communes de plus de 3 500 habitants (contre 13 communes en 2020). les points de vue fascistes s’expriment plus ouvertement et posent de nouveaux défis au mouvement antifasciste !
Obstacles pour la droite et polarisation à gauche
Et pourtant, la victoire électorale est bien moins importante que ce qu’espérait le RN. La condamnation de Marine Le Pen, condamnée en 2025 à quatre ans de prison, à 100 000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat, pèse lourd dans la balance. Le RN a certes réussi à défendre son siège à Perpignan, mais n’a conquis aucune des grandes villes comme Paris, Marseille, Lyon, etc. C’est notamment là qu’un mouvement de masse s’est manifesté, surtout au second tour, pour s’opposer à la droite et à l’extrême droite. Le Parti « socialiste » (PS), sort vainqueur de ces élections. Toutefois il incarne une politique réactionnaire et n’apporte aucune solution progressiste aux nombreuses crises sociales, politiques et écologiques. De manière opportuniste, les Verts ou le Parti communiste français (PCF), révisionniste, se sont ralliés au PS et ont souvent subi, à juste titre, une défaite.
La polarisation à gauche s’exprime dans plusieurs villes remportées par La France Insoumise (LFI), parti social-démocrate de gauche. Ce Parti progresse, violemment attaqué par la droite et les « socialistes » et peut-être à cause des calomnies persistantes qualifiant ce mouvement de chaotique, de violent, etc. Il représente le rejet catégorique d’une politique d’austérité pour le peuple, la solidarité avec la Palestine et l’antifascisme. Plusieurs partis bourgeois, de même que la direction du PS, ont donné pour consigne pour les élections « pas d’alliances avec la LFI », souvent sans dire un mot sur le RN fasciste. Cela va directement à l’encontre de la (re)construction d’un front antifasciste et restera une leçon durable sur l’opportunisme du PS. C’est surtout le PS qui a fait capoter le ‘Nouveau Front populaire’ antifasciste de 2024. À la base, quelques alliances ponctuelles PS-LFI ont vu le jour.
La campagne réactionnaire et anticommuniste envers la « gauche radicale » montre toutefois aussi la peur des dirigeants face à une vague de gauche et à une éventuelle victoire aux prochaines élections présidentielles ! Du point de vue des intérêts du capital monopoliste, les partis de gouvernement ont raison : l’union de tous les sociaux démocrates de LFI au PS en passant par les verts et le PCF leur compliqueraient la vie. Mais le PS prend ses distances dans la perspective des présidentielles. Rappelons-nous des réformes de Hollande : casse des conventions collectives par l’inversion des normes , réforme des retraites, soutien aux gouvernements Macron et aux agressions de l’État sioniste sans parler de sa main tendue à… Macron. Son soutien apporté au capital financier montre aussi l’inconsistance des Verts et du PCF, qui propagent malgré tout l’illusion d’une union de la gauche avec le PS.
Mobilisation dans différents quartiers populaires
Une particularité cette fois-ci a été la mobilisation dans plusieurs villes populaires, comme par exemple, dans la banlieue parisienne à Saint-Denis, qui compte environ 150 000 habitants : un maire PS de droite a été remplacé par un maire LFI, Bally Bagayoko. Originaire de la ville elle-même, il connaît ses concitoyens, n’est pas un politicien de carrière et a lui-même été militant dans les associations locales. Son programme populaire vise à lutter contre la répression exercée par les pouvoirs publics et la paupérisation. L’élection de ce maire issu de l’immigration a provoqué de fortes réactions racistes des journalistes de la droite et des fascistes dans les médias.
Mais cela a renforcé sa défense et la combativité de sa base électorale et des habitants. Ce qui a transformé cette victoire électorale en une fête internationaliste de joie et de solidarité sur la place de la mairie, avec des slogans tels que « Siamo tutti antifascisti » et « Nous sommes tous les enfants de Gaza ». L’organisation UPML (membre de l’ICOR) qui intervient régulièrement à Saint-Denis, soutiendra, de manière critique, les revendications progressistes et fera avancer le front unique. Mais nous ne laisserons planer aucun doute sur le fait que seule la perspective d’avenir sera la victoire révolutionnaire sur le capitalisme. L’instrument de cette victoire sera le parti marxiste-léniniste qui fait défaut lors de ces élections, sa construction doit être au centre de nos préoccupations.
(1) Il est très surprenant de voir que les chiffres globaux des inscrits sur les listes électorales, comme ceux des participants et des abstentionnistes sont très difficiles à trouver, y compris sur les sites du ministère de l’Intérieur. Au second tour la participation serait de 57 %, soit cinq points de moins qu’en 2014. Un exemple de cette faible participation à Mulhouse, un candidat centriste a été élu avec 5 556 votes, soit 24 % des votes exprimés et 10 % seulement des inscrits…
Des camarades de l’UPML
