Macron : « l’apartheid » au service de l’impérialisme
Qu’on se rappelle l’arrivée de Macron comme ministre de l’économie du gouvernement social-traitre d’Hollande. Puis, vint le déluge de propagande électorale pour le faire élire Président « jeune, moderne, dynamique et réformiste ». L’homme représentait les banques, le capital financier, les grands groupes monopolistes mondialisés. Lui et ses gouvernements, ont loyalement servi le capital financier dans la tourmente des crises mondialisées, du déclin de « l’Occident », des rivalités impérialistes.
Aujourd’hui, la classe dirigeante, qui pilote Macron, met en place une nouvelle stratégie de pénétration économique et politique. Les monopoles ne sont pas des « racistes », ni des « patriotes » ils sont, avant tout, des exploiteurs internationaux.
Un « Haut-Commissariat à la diversité »
Ainsi le gouvernement Macron mettrait en place, à la veille d’élections où il faudra se montrer le plus « identitaire » possible, une double « citoyenneté ». Au pays « des droits de l’Homme », il semble y avoir un
fossé, à creuser encore plus profond, entre certains citoyens et les autres. En effet, les personnes «perçues comme noires ou arabes» ont «une probabilité 20 fois plus élevée que les autres d’être contrôlées que
l’ensemble de la population». Et autant de risque d’échouer au commissariat, selon la presse. Et maintenant, le gouvernement Macron va plus loin : il veut donner un statut officiel en trompe-l’œil à cet apartheid, à cette différence de traitement. Il invente un «Haut-Commissariat à la diversité» pour
les enfermer officiellement dans leur identité communautaire, les maintenir prisonniers de leur origine. Après les contrôles au faciès, les fichiers, les rafles au guichet, voici la gestion managériale de la
différence mise au service de l’expansion impérialiste.
Transformer les «Arabes et les Noirs» en démarcheurs de l’impérialisme
Ce Haut-Commissariat pourrait être annoncé lors du sommet «Africa Forward», à Nairobi, au Kenya, en mai prochain. La France abriterait «la première diaspora subsaharienne en Europe, la première
diaspora de l’océan Indien, la première diaspora maghrébine, la première diaspora musulmane, la première diaspora du Sud-Est asiatique», détaille une note adressée en décembre au chef de l’État français,
selon le jouranl l’Opinion. Dans le renouveau néocolonial, ce «Haut-Commissariat à la diversité» ressemblerait davantage à l’organisation d’une nouvelle stratégie commerciale et économique.
Un ministère des Indigènes (VRP)?
Le vocabulaire, comme toujours chez Macron, est trompeur. On ne parle pas de droits, d’égalité ou de « valeurs républicaines ». On parle de «diasporas», d’«atout stratégique», de «politique étrangère»,
d’«entrepreneuriat». Autrement dit, l’État français voit plus ces Français (« d’origine étrangère ») comme des ressources géopolitiques (1). Comme des réseaux exploitables : vers l’Afrique, vers le Maghreb,
vers l’Asie, vers le monde musulman. Comme des VRP (représentants commerciaux) multiethniques. Comme des «tirailleurs» chargés de défendre les intérêts de la France dans leurs pays d’origine pendant que Total, Bolloré et Vinci les pillent tranquillement. L’extrême-droite en rêve : «Il y a deux France ».
Macron, « positif », surfe sur l’idée : il la transforme en expensionnisme.
Les VRP néocoloniaux de la macronie Macron ne dit pas : «Tous sont des citoyens égaux.» Il dit : «Certains Français sont des relais diplomatiques, culturels et économiques.» Autrement dit, des mercenaires mobilisés au service de la France pour
piller les richesses de leur pays d’origine. C’est une assignation identitaire par l’État. Tu es Français, mais tu représentes l’Afrique, l’islam, le Maghreb, le monde arabe. C’est exactement la logique coloniale recyclée, le néocolonialisme a changé de
vocabulaire, pas de logique. Le mot-clé est «binational». Le texte le dit clairement : «les binationaux – les Français d’origine étrangère et ultramarine – un atout stratégique». Donc l’État reconnaît officiellement qu’il y a des Français«normaux» et des Français «diasporiques» et dans ces derniers les « bons » commerçants et les autres.
Ce Haut-Commissariat sera une administration coloniale sans empire mais à visée impérialiste mondial. Une préfecture des identités. On ne gère plus une nation, mais un zoo de communautés dont on
organise la rentabilité politique et économique. Il ne s’agit pas de lutter contre les discriminations mais de les installer dans la durée.
C’est une logique néocoloniale, où des populations seraient mobilisées comme « VRP » ou relais de l’influence française, au bénéfice de grands groupes économiques. On voit dans ce projet une reprise, sous un vocabulaire moderne, des schémas hérités du colonialisme.
Cette politique ne promeut en rien l’égalité ; l’État organiserait une assignation identitaire officielle, distinguant des Français « normaux » et des Français « diasporiques », intégrés non comme citoyens, mais comme instruments géopolitiques et économiques de l’impérialisme.
Plus que jamais dénonçons les projets néocoloniaux et d’apartheid du gouvernement
(1) Selon le journal L’Opinion du 9 janvier.
