3 juin 2026

Salutations fraternelles de mineurs d’Allemagne aux mineurs Boliviens en lutte

On pourra lire à la suite quelques réflexions  SUR  LE MOUVEMENT POPULAIRE EN BOLIVIE du Front Social.

Glück Auf*,

Nous, les membres de « Kumpel für AUF », constituons l’aile militante des mineurs en Allemagne ; nous sommes également une organisation membre de la Coordination internationale des mineurs (www.minersconference.org). Nous avons fait connaître votre combat lors de la cérémonie de clôture et lors de notre table ronde sur le rôle de l’exploitation minière et des mineurs pour l’avenir de l’humanité à la 22e Rencontre internationale de la jeunesse de la Pentecôte. Il y a été décidé à l’unanimité de vous exprimer notre entière solidarité avec votre combat.
Nous nous déclarons solidaires de votre lutte et de vos revendications légitimes et exigeons la libération immédiate de tous les manifestants arrêtés. Nous exigeons le retrait immédiat du mandat d’arrêt contre votre leader Mario Argollo et d’autres dirigeants syndicaux de la Confédération syndicale Central Obrera Boliviana (COB), qui a appelé à la grève générale. D’après ce que nous avons pu lire dans la presse, il s’agit désormais de bien plus que des droits sociaux, du prix de l’essence et des questions de sécurité au travail. La principale revendication, à savoir la démission de votre président, nous y adhérons de tout cœur. Celui-ci s’était présenté comme un défenseur du capitalisme et un adversaire résolu du socialisme.
C’est bien que la question de l’alternative et de la perspective de société soit à nouveau largement débattue au sein du peuple bolivien grâce à votre lutte. Nous sommes très impatients de voir comment cela va se terminer. Nous défendons la lutte pour transformer la société, pour vaincre l’exploitation et l’oppression capitalistes et impérialistes.
Pour beaucoup d’entre nous, c’est cela le véritable socialisme. Lors de la 3e Conférence internationale des mineurs en Thuringe/Allemagne, nous avons décidé qu’aucune lutte ne devait plus être menée seule.
De plus, nous avons rejoint le Front uni contre le fascisme, la guerre et la destruction de l’environnement. Nous voulons construire une force supérieure au capitalisme et à l’impérialisme.
Ensemble, nous pouvons y parvenir.
Vive la solidarité internationale !
Faites-nous savoir comment nous pouvons vous soutenir concrètement.
Salutations fraternelles,
Christian Link, porte-parole de « Kumpel für AUF »
* salut des mineurs dans le sens : « reviens sain et sauf à la surface »

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SUR  LE MOUVEMENT POPULAIRE EN BOLIVIE, réflexions reprises de FRONT SOCIAL qui montrent l’ampleur et la maturation révolutionnaire du mouvement social. C’est alors que doit se poser la question de la centralisation de la lutte et la nécessité de son organisation en Parti révolutionnaire (note de la rédaction du site):
DÉVELOPPEMENT D’AUTO-ORGANISATION DE BASE POUR  LA CHUTE DU POUVOIR
Malgré la répression et les tentatives de division du mouvement en cédant un peu le mouvement ne cesse de croître.
Le mouvement de grève générale dure maintenant depuis plus de 15 jours. Après les tentatives du gouvernement de le réprimer par la violence autour du 16 mai, qui a fait quatre morts, mais surtout élargi et radicalisé encore plus la lutte, avec notamment l’arrivée conjointe à La Paz de la marche paysanne et la descente sur la capitale, de foules d’ouvriers de la banlieue ouvrière de 800 000 habitants d’El Alto, le pouvoir de R. Paz a changé de tactique (bien que plusieurs secteurs politiques bourgeois appellent à l’intervention de l’armée et souhaitent décréter l’état de siège) et tente d’une part de diviser le front des luttes et d’autre part de lui donner une direction qui lui convient mieux, celle de l’ancien président Evo Morales, en le criminalisant, même si celui-ci dit qu’il n’a rien à voir dans ce soulèvement et tente plutôt de calmer les choses.
Pour tenter de diviser, le pouvoir a promis aux transporteurs de les indemniser pour les dommages causés aux moteurs de leurs véhicules par le gasoil frelaté et aux paysans d’abroger la loi 1.720 qui a dévasté la petite propriété agraire (mais prépare une autre loi similaire). Le ministère du Travail a conclu un « accord » avec la Confédération des enseignants – secteur professionnel où la lutte est la plus avancée et la plus organisée- par lequel il a accordé une prime annuelle de 2.400 pesos boliviens et des promesses de « participation » de ses dirigeants dans la préparation d’une nouvelle loi éducative en échange de la levée des mobilisations et des grèves. Mais le principal syndicat enseignant l’Union Urbaine des Maîtres n’a pas approuvé cet accord et une importante assemblée de l’Union Rurale l’a rejeté avec fermeté. Il s’agit en effet d’une « augmentation » ridicule de moins de 2% par rapport à l’augmentation de 20% que les enseignants – et tous les salariés – revendiquent.
En fait, ces tentatives de division ont plutôt l’effet pour le moment de renforcer la lutte en montrant par ces concessions que le gouvernement est faible et recule.
Alors, pour le moment, le bâton et la carotte ont échoué.
Et le mouvement s’amplifie toujours, se radicalise et surtout construit ses propres organes d’auto-organisation. Le long d’El Alto, de Senkata, de Ventilla, de Puente Vela, de Puente Bolivie et de différents points de blocage se développent, de multiples assemblées, réunions et des espaces de discussion et décision sur des bases de quartier, d’écoles, d’usines, de communautés paysannes comme autant d’organes populaires pour se battre jusqu’à la victoire, casser le plan d’austérité, virer le gouvernement et organiser l’après effondremetn du pouvoir..
Dans un compte rendu du Daily Left de la ville de Cochabamba, il est rapporté que « les blocages sont maintenus en plusieurs points à Huayllani, San Isidro, Aguirre, Colomi. D’autre part, aujourd’hui les OTB (Organisations de base territoriales) de Quillacollo ont décidé de se joindre aux blocages pour éviter que la province de Cercado continue de faire marcher les transports, avec donc plusieurs points de blocus et d’auto-organisation au sein même de cette province de 240 000 habitants avec Cochabamba comme capitale. Il est également important de noter que l’ancienne route vers Santa Cruz est bloquée par des collectifs de blocage dans plusieurs sections les plus grandes de Tiraque, y compris des tronçons interprovinciaux comme à Vacas. »
Il est apparu des centaines de points de blocage, qui servent comme autant de points d’auto-organisation, comme on a pu le vivre en France avec les Gilets Jaunes, mais aussi des mobilisations qui sont de plus en plus courageuses et radicalisées, qui cherchent, de manière croissante, à unifier et à coordonner leurs actions de lutte.
Il y a des centaines de formes d’auto-organisations sorties des blocages, mais aussi celles appelées par des directions syndicales de base ou des associations de quartier, qui nourrissent les points de blocus, s’y retrouvent et y discutent de la façon de se défendre, et de quoi construire après la possible chute du gouvernement Paz.
Tous, ils ne se reconnaissent pas dans leurs directions nationales syndicales ou politiques tièdes – qui les ont trompé dans un mouvement semblable en décembre 2025/janvier 2026 où elles avaient appelé à rentrer chez soi après que le gouvernement avait fait la promesse de répondre à toute les revendications mais n’avait pas tenu ses promesses – et du coup construisent de nouveaux instruments de lutte à travers les comités de blocus, qui cherchent à se coordonner avec toutes sortes d’autres comités de mobilisation de base qui contribuent à émerger un peu partout.
Symptôme important de cette évolution, dans la ville/banlieue ouvrière d’El Alto sur les hauts de La Paz, qui a souvent joué un rôle central dans les mobilisations ouvrières en Bolivie, commence encore très embryonnairement, mais aussi à son tour, à émerger ce type d’auto-organisation.
Depuis 1952, les mobilisations ouvrières et populaires en Bolivie ont joué un rôle central d’entraînement dans tous les pays d’Amérique latine. Et les mobilisations actuelles en Bolivie ont déjà des échos en Argentine et au Chili, renforçant les mobilisations dans ces pays.
Aussi, craignant cela, le gouvernement de Milei – avec le soutien de Trump -a envoyé deux avions Hercules avec une prétendue « aide humanitaire » pour briser le blocus que les gens mobilisés avec la grève générale sur La Paz ont mené. Et Milei a dirigé une déclaration « humanitaire » et « démocratique », signée par huit pays (Argentine, Chili, Costa Rica, Équateur, Guatemala, Panama, Paraguay et Pérou), en soutien au gouvernement de la faim et au répresseur de Rodrigo Paz.

Mais, ce faisant, tous les peuples d’Amérique du sud suivant de près et appuyant ces mobilisations boliviennes, Milei va peut-être étendre un peu plus rapidement la mobilisation bolivienne au reste de l’Amérique du sud et de l’Amérique centrale, et peut-être aussi à la mobilisation des latinos des USA, issus de ces pays, déjà pas mal mobilisés contre Trump et qui regardent ce qui se passe en Bolivie.

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