Mais qui est ce Boualem Sansal dont on parle tant ?
Il est des écrivains qui affrontent le pouvoir. D’autres qui le contournent. Et puis il y a ceux qui, faute de s’attaquer aux structures qui dominent leur société, choisissent une cible plus commode : leur propre peuple. Boualem Sansal appartient à cette dernière catégorie. Un homme du système, pas un transfuge
Contrairement à la légende patiemment construite autour de sa personne, Boualem Sansal n’a jamais été un opposant au pouvoir algérien. Avant d’être érigé en dissident et en conscience critique par les instances de consécration littéraire parisiennes, il fut d’abord, et longtemps, un homme du système. Il en a été un rouage. Pendant des décennies, il a occupé des fonctions au sein de l’appareil d’État. Il n’était ni marginal, ni persécuté, ni réduit au silence. Autrement dit, Sansal n’a pas affronté le système, il l’a servi. Et ce point est décisif. Car on ne peut pas, sans falsifier la réalité, présenter comme dissident celui qui a participé durablement à l’organisation du pouvoir.
