De l’Indochine à Gaza, quand les dockers se mobilisent contre la guerre
Ce cargo devait appareiller vers Haïfa (nord d’Israël) avec 14 tonnes de composants militaires à son bord, notamment des maillons pour fusils-mitrailleurs, des petites pièces métalliques qui permettent de tirer en rafale, fabriquées par l’entreprise marseillaise Eurolinks, ainsi que des tubes de canons produits par la société Aubert & Duval, basée à Firminy (Loire). En deux jours, les travailleurs portuaires de Marseille-Fos ont mis à l’index ces conteneurs et le cargo a fini par partir, le 6 juin, sans la cargaison militaire controversée, qui devait être renvoyée vers leurs expéditeurs.
Puis la mobilisation s’est étendue. À Gênes, dans le nord-ouest de l’Italie, les dockers du Collectif autonome des travailleurs portuaires (CALP) du port transalpin se sont préparés à bloquer le même navire lors de son escale. Le syndicat italien a même déposé plusieurs plaintes, en dénonçant une stratégie des gouvernements qui consiste à présenter ces transferts d’armes comme de simples transactions privées, pour éviter tout contrôle ou responsabilité d’État à État. La démarche des syndicalistes génois s’appuie sur la loi italienne n°185 de 1990, qui interdit l’acheminement d’armement vers des pays en guerre.
