28 avril 2026

Mais qui est ce Boualem Sansal dont on parle tant ?

Il est des écrivains qui affrontent le pouvoir. D’autres qui le contournent. Et puis il y a ceux qui, faute de s’attaquer aux structures qui dominent leur société, choisissent une cible plus commode : leur propre peuple. Boualem Sansal appartient à cette dernière catégorie. Un homme du système, pas un transfuge
Contrairement à la légende patiemment construite autour de sa personne, Boualem Sansal n’a jamais été un opposant au pouvoir algérien. Avant d’être érigé en dissident et en conscience critique par les instances de consécration littéraire parisiennes, il fut d’abord, et longtemps, un homme du système. Il en a été un rouage. Pendant des décennies, il a occupé des fonctions au sein de l’appareil d’État. Il n’était ni marginal, ni persécuté, ni réduit au silence. Autrement dit, Sansal n’a pas affronté le système, il l’a servi. Et ce point est décisif. Car on ne peut pas, sans falsifier la réalité, présenter comme dissident celui qui a participé durablement à l’organisation du pouvoir.

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Débat sur l’impérialisme avec un camarade

Courrier d’un lecteur et notre réponse. Selon toi, leur position sur l’impérialisme n’est pas matérialiste ni léniniste et nous sommes là bien d’accord avec toi. D’une part l’extrait de l’article de Supernova est clair, Supernova a raison d’affirmer que l’ennemi principal est dans notre propre pays pleinement membre de l’OTAN. Ils ont aussi raison de dire que la Russie et la Chine ne sont pas politiquement et militairement au même niveau que les USA, qui reste (encore) la première superpuissance — quoi que des recherches récentes constatent une évolution rapide de la Chine vers la militarisation.  

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Les Média, la guerre et la militarisation

« Je sais que je vais choquer certains lecteurs, mais je suis convaincu que quand tout projet un tant soit peu grandiose a déserté la vie politique, la quête de sens ayant comme la nature horreur du vide, une bonne guerre qui vient remplir ce dernier peut faire l’affaire. » Ces mots sont ceux de Luc Ferry dans les pages du Figaro, jeudi 2 octobre 2025. Le philosophe médiatique et ex-ministre pensait choquer ses lecteurs, mais il n’en fut rien. C’est que la déclaration arrivait sur un terrain médiatique déjà bien préparé, réhabitué à l’idée de guerre, à son iconographie, à son lexique, à son décompte quotidien de morts. Proposer aux jeunes de devenir de la chair à canon pour donner un sens à leur existence ? Au fond, Luc Ferry ne faisait que synthétiser une idée qui, si elle n’était pas encore consensuelle, était au moins redevenue entendable dans la presse française : « une bonne guerre » pouvait remplir le vide.

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Le “cancer backlash” et les intérêts economiques

Marc Billaud — Le « cancer backlash » est une offensive idéologique qui vise à réduire l’ensemble des causes du cancer aux seuls comportements individuels. Autrement dit, au tabagisme, à la consommation d’alcool ou encore à la suralimentation. L’objectif est d’invisibiliser tous les facteurs environnementaux et professionnels en les jugeant bien trop marginaux au regard des autres pour être pris en compte.

Attention. Je ne remets pas en question le fait que le tabagisme est le facteur de risque prédominant. Les études épidémiologiques le prouvent. Contrairement à ce que certains prétendent de manière grotesque en nous qualifiant — mon collègue Pierre Sujobert avec qui j’ai écrit une tribune à ce sujet dans Le Monde et moi-même — de « complices de l’industrie du tabac », nous n’entretenons aucune ambiguïté à cet égard.

Simplement, on ne peut plus se contenter d’aborder la prévention contre le cancer sous ce seul prisme. Les travaux scientifiques sont sans appel : l’incidence de cancers chez les adultes de moins de 50 ans grimpe de façon très préoccupante. Dans des proportions moindres, celle concernant les enfants augmente aussi. Or, tenter de justifier une hausse des cancers chez les plus jeunes en pointant le tabac et l’alcool ne tient pas la route.

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Le budget 2026, LFI et le réarmement de la France

« La France insoumise » (LFI) est souvent présentée comme un parti radical, pacifiste, voire « d’extrême gauche » par ses adversaires. Il est vrai que certaines prises de position de ses député·es peuvent parfois surprendre, voire séduire. Dans un contexte de militarisation accélérée et de montée du patriotisme guerrier, nous avons voulu examiner de près ce que ce parti parlementaire dit réellement du « réarmement de la France. »

Dans la préparation du budget 2026, LFI s’oppose officiellement à l’augmentation des crédits militaires proposée par le gouvernement. Très bien. Mais cette opposition repose sur un argument pour le moins révélateur : ces crédits seraient insuffisants pour répondre aux « défis actuels ». Autrement dit, LFI n’en veut pas moins, mais davantage.

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Sarkozy, des ministres « vertueux » et le vrai butin de la bourgeoisie

La presse s’emballe : Sarkozy, l’ancien président, a été condamné dans l’affaire libyenne pour association de malfaiteurs. Et il va aller en prison – du jamais vu ! Les faits sont trop têtus, l’accusation trop lourde : négocier avec un terroriste libyen accusé d’un attentat avec plus de 70 morts. Du fric pour financer la campagne présidentielle de Sarkozy contre une ’délicate’ intervention auprès de la justice pour blanchir le terroriste! Les médias donne la parole presque essentiellement à la droite qui s’insurge ! A commencer par Sarko lui-même qui parle de la « haine » de la justice qui l’aurait humilié la France, qu’il ira « complètement innocent » en prison « la tête haute ». La droite s’insurge contre la justice, le manque de preuves, la politisation de la jurisprudence… Marin Le Pen, tout comme Sarko dans ses discours la défenseuse d’une justice plus dure vole au secours du condamné.

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