18 février 2026

La question du logement dans la société capitaliste.

Le sujet du logement HLM constitue une préoccupation majeure des travailleurs. Ce sont eux et une partie de la petite bourgeoisie qui paient le plus durement la crise de l’habitat. L’État et les collectivités territoriales (régions, départements et communes) réduisent la construction de logements HLM. Ils n’ont aucune intention de construire des logements de qualités et à loyers « modiques ».

Pour cela, il faudrait une agence nationale du logement pour piloter une politique de l’habitat dans l’intérêt de la majorité du peuple et non d’une couche de bailleurs privés et publics. Office public de l’habitat procurant une foule d’avantages et de commodités aux locataires. Ce qui serait une mesure démocratique allant à l’encontre de la politique du logement de la bourgeoisie. Mais, cela ne peut s’obtenir du haut des institutions bourgeoises mais du bas avec la mobilisation des masses populaires. Ainsi, tous les organismes HLM seraient groupés dans une agence centrale et unique. Il va sans dire que cette mesure de bon sens, démocratique et non révolutionnaire, rencontrera la ferme hostilité des partis réactionnaires et réformistes qui crieront à la mort de la libre concurrence et de la libre entreprise. C’est cette même logique qui participe à la pénurie de logements HLM alors que plus de deux millions de locaux et logements restent vacants dans le pays.

Il est de notoriété publique que les logements HLM sont de mauvaises qualités parce que construits au plus bas coût. La bourgeoisie (détentrice du monopole économique et du monopole politique) considère que ces logements « conviennent » aux familles « économiquement faibles ». Elle ne tient pas compte que leurs mauvaises qualités constituent un concentré de nuisances.

Ces immeubles collectifs sont concentrés dans des quartiers (aux alentours des centres-villes où la richesse circule rapidement avec les moyens de communications actuels) constituants de véritables ghettos où l’esprit de ghetto domine le quotidien des habitants. Esprit de ghetto qui se vérifie avec force dans l’absence de ces habitants aux moments d’effervescences sociales qui secouent régulièrement la société capitaliste en crise.

Ensuite, la solution bourgeoise à la crise du logement HLM consiste à proposer aux travailleurs à devenir les propriétaires de leurs logements. Solution qui ne les sort nullement de leur condition de prolétaire ; c’est-à-dire des esclaves salariés. Du temps du féodalisme les serfs dociles étaient propriétaires de leurs masures, cependant, cela ne les libérait pas de la pesante oppression sociale. Ce bref rappel ne signifie pas que nous sommes par principe opposé aux travailleurs qui achètent leurs logements ou maisons, mais pour montrer que la solution du problème de l’habitat ne réside pas dans cette direction.

La loi SRU (Solidarité renouvellement urbain) imposant aux communes d’avoir 25 % de logements sociaux du parc-habitat est allégrement violée par des municipalités. Certaines préfèrent payer des amendes que de se conformer à cet objectif.

Guider par l’esprit du lucre et des contraintes financières extra-municipales elles privilégient l’habitat de standing pour attirer des familles « socialement aisées ». La municipalité de Lille, socialiste, est le parfait exemple de cette orientation en matière de logement HLM. C’est le préfet de région (personnage de la droite-extrême) qui a sommé à la fin de l’année 2022, la municipalité lilloise de se conformer rapidement à l’objectif de disposer de 25 % de logements dits sociaux sous peine de poursuites judiciaires.

A la municipalité de prouver qu’elle accorde la priorité à l’amélioration de l’habitat ouvrier d’une part et, d’autre part, aux candidats de la gauche réformiste de toutes obédiences (PS, LFI, Verts et PCF) de proposer un plan de développement quantitatif et qualitatif de l’habitat ouvrier sur Lille.

La crise du logement HLM s’explique aussi par la réduction régulière de l’enveloppe budgétaire consacré au logement HLM en général. Conséquence : moins de logements HLM offerts sur le marché du logement. Certains idéologues petits-bourgeois nous disent que l’eau est un bien commun inaliénable cependant, pour être logique avec ce point de vue, ils devraient y ajouter le logement.

Selon la loi économique de l’offre et de la demande moins de logements HLM signifie, en dernière analyse, hausse du prix des loyers dans le logement public ou privé. D’autre part, la poussé de vie chère que nous subissons depuis le Covid-19 se voit aussi sur la flambée du prix des charges locatives que les organismes HLM ont facturés à leurs locataires.

Tendance, qui donne des aberrations avec, le prétendu recalcule des charges locatives. Des locataires se sont vus facturés des sommes exorbitantes par rapport à la situation antérieure à l’épidémie du Covid.

Les ouvriers de la métallurgie et de la mine dans la décade 70-80 du dernier siècle, criaient dans les cortèges syndicaux : « Licenciés aujourd’hui, demain expulser ». Slogan qui prend tout son sens avec la flambée des expulsions locatives. Expulsions qui montrent avec force qu’en matière de logement (comme dans d’autres) le profit reste le principal mobile. Quant au reste advienne que pourra ! Ce qui assure aux patrons, aux actionnaires des sociétés de constructions, aux bailleurs et autres agences locatives de juteux profits.

Celles et ceux qui veulent réfléchir par eux-mêmes sur la question du logement dans la société capitaliste ne peuvent accepter ou se résigner à la façon petite bourgeoise, antimarxiste, de poser et de résoudre cette question. Ils doivent lier cette problématique à la lutte générale pour le socialisme (projet de société et non comme un courant politique) où le logement collectif vise à terme à la disparition du logement privé.

Lille, décembre 2025.

Salah Sakhri

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