Le rapt spectaculaire de Nicolás Maduro par les forces américaines n’est pas un simple épisode diplomatique. C’est un symptôme historique. Celui d’un capitalisme arrivé à un point où la domination « pacifique » ne suffit plus, où la souveraineté devient intolérable, où le « droit international » est un handicape, alors la violence armée devient l’instrument central de reproduction du système.
Donald Trump n’est pas « dingue » et il a au moins un mérite : il ne ment pas. Là où d’autres enveloppaient leurs guerres de discours humanitaires, il parle pétrole, profits, « gros sous ». Ce que Trump exhibe brutalement, ses prédécesseurs l’appliquaient déjà avec plus d’hypocrisie.
D’ailleurs, l’opposante vénézuélienne Machado, prenait la parole au Forum de l’American Business en novembre dernier pour demander que les Etats-Unis envahissent le Venezuela. Elle y ventait les immenses profits qui attendaient les entreprises américaines : « Nous ouvrirons le Venezuela aux investissements étrangers [par un] programme massif de privatisation. […] Pas seulement le gaz et le pétrole. Nous ouvrirons tout, tout, à tous les niveaux. »
Une « Stratégie de sécurité nationale des États-Unis »
Cette « stratégie » de décembre 2025, note une intensification de la concurrence et une escalade des guerres à travers le monde, alimentant davantage le conflit avec la Chine pour la suprématie dans le système impérialiste international.
Ce document affirme clairement « Nous voulons recruter, entraîner, équiper et déployer l’armée la plus puissante, la plus létale et la plus avancée technologiquement au monde pour protéger nos intérêts …. Nous voulons arrêter et inverser les dommages continus que les acteurs étrangers infligent à l’économie américaine. »
Cette Stratégie nationale fait également une référence particulière au continent américain, envisageant un hémisphère occidental où les États-Unis conservent une domination absolue, « libre d’incursions étrangères hostiles ou de possession d’actifs clés (…) [et garantissant] notre accès continu à des emplacements stratégiques clés. »Cela constitue une menace directe pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui entretiennent des relations avec la Chine.
La Chine égale désormais les États-Unis avec environ 500 milliards d’échanges commerciaux avec l’Amérique du sud. Récemment, en 2025, bien que les États-Unis restent le premier partenaire économique du Venezuela, une nouvelle route maritime ouvre un corridor inédit entre l’Asie orientale et la façade caraïbe de l’Amérique latine. Le port de Tianjin, l’un des plus vastes d’Asie, sera désormais connecté à La Guaira et Puerto Cabello, deux terminaux modernisés du Venezuela.
Mais dénoncer l’agression impérialiste américaine ne signifie en rien sanctifier le régime de Maduro. Maduro n’est pas un dirigeant prolétarien assiégé par l’Empire. Il est le gestionnaire d’un capitalisme fondé sur la rente pétrolière, la conciliation avec des fractions de la bourgeoisie nationale et l’encadrement autoritaire des masses populaires. Le chavisme n’a pas détruit la bourgeoisie : il l’a réorganisée, intégrée, protégée. Les nationalisations partielles n’ont pas débouché sur le pouvoir des travailleurs, mais sur un État redistributeur dépendant du marché mondial.
Le capitalisme exporte capitaux et marchandises, il exporte aussi la guerre
Nous sommes entrés dans une période de crise. Les marchés sont saturés, les taux de profits régressent, la finance spécule et les riches s’engraissent. L’interpénétration économique,la « mondialisation » aurait fait son temps. Elle a engendré de nouvelles puissances capitaliste-impérialistes qui tendent à rivaliser, à exiger une part du gâteau mondiale. On sort les grands couteaux de la conquête directe, territoriale, militaire, coloniale.
Les rivaux néo-impérialistes tels que la Chine, la Russie et l’Iran ont su tirer parti de la crise économique au Venezuela provoquée par des années de boycott économique de la part des États-Unis et de l’UE. Ils ont étendu leur influence dans ce pays et se sont assuré un accès de plus en plus important aux richesses du Venezuela.
Le Venezuela aujourd’hui, comme l’Irak hier, comme la Libye avant-hier, n’est pas attaqué pour ses « valeurs », mais pour ses ressources. Toute tentative de contrôle national, même bourgeoise, devient un crime stratégique. La souveraineté n’est tolérée que lorsqu’elle est compatible avec les intérêts du capital impérialiste mondial.
L’impérialisme US reste la première puissance économique, politique et militaire mondiale, mais son hégémonie est en déclin et il est engagé dans une lutte acharnée pour le pouvoir avec la Chine et dans un monde multipolaire. Il entend étendre autant que possible son contrôle politique, économique et militaire en Amérique latine et dans les Caraïbes, en revenant pleinement à la vieille doctrine Monroe. Le problème des Yankees n’est pas le trafic de drogue, mais la rupture des relations étroites du Venezuela avec la Chine, la Russie, l’Iran et Cuba. Cela pourrait même déboucher sur une guerre mondiale si l’impérialisme américain et la Russie, la Chine et l’Iran s’affrontaient militairement au Venezuela en tant qu’adversaires directs. L’agression contre le Venezuela s’avère une étape vers une attaque contre la Chine.
Le gouvernement Macron se félicite de l’opération américaine : Macron « prend acte de l’opération américaine » et défend que le « peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir. » D’ailleurs, le gouvernement Macron a été un acteur actif de l’« opération » US par l’envoie depuis un mois de troupes françaises dans la zone. Comme il le fait régulièrement dans « ses » colonies et son pré-carré africain…
États-Unis, Russie, Israël…, une même logique
L’économie-politique guerrière, coloniale et impérialiste ne se limite pas à Washington. La Russie mène en Ukraine une guerre impérialiste de conquête, visant territoires, ressources, contrôle énergétique et zones d’influence. Derrière le discours « anti-OTAN », Moscou agit comme toute puissance capitaliste cherchant à compenser ses faiblesses économiques par l’expansion pour s’accaparer les richesses Ukrainiennes. Il n’y a rien de progressiste dans cette guerre.
L’État sioniste israélien, quant à lui, pousse la logique coloniale jusqu’à sa forme la plus barbare : annexion, expulsion, destruction systématique, extermination physique du peuple palestinien. Ce n’est pas une dérive, c’est son rôle : un État colonial armé jusqu’aux dents, soutenu par l’impérialisme américain, servant de poste avancé dans la région.
Contre tout impérialisme
Il n’existe pas de « bon » impérialisme. Ni américain, ni russe, ni israélien, ni Français.
Mais il n’existe pas non plus de salut dans des régimes bourgeois bureaucratiques assiégés qui prétendent parler au nom du peuple tout en le maintenant hors du pouvoir réel.
Partout dans le monde, les premières protestations contre l’agression effrénée de l’impérialisme américain se manifestent. L’Union Prolétarienne (membre de l’ICOR) soutient et encourage les actions publiques de protestation en solidarité avec le peuple vénézuélien ! Résistance active contre le danger d’une guerre mondiale !
Les travailleurs et les opprimés de ce monde doivent s’unir contre l’impérialisme, qui représente un danger de fascisme et de guerre. Pour cela, nous devons nous organiser dans un front uni international, antifasciste et anti-impérialiste contre le fascisme, la guerre et la catastrophe environnementale.
Contre les plans mortels des impérialistes, une seul solution : la résistance active et organisé des prolétaires et des peuples. Pour en finir avec cette violence hostile à la Vie et à la Paix, une seule perspectives : la Révolution Socialiste. Enlevons la Terre des mains de ceux qui menace l’avenir de l’Humanité !
Dans la rue le vendredi 9 janvier : Yankee — bas les pattes du Venezuela !
Solidarité avec les peuples d’Amérique !
Contre la menace fasciste et de guerre mondiale !
Renforcons le Front Uni International ! Participer au prochain « Café Militant » le 11 janvier à St Denis

Une réflexion sur « Coup d’État au Venezuela, l’impérialisme sort ses couteaux »