Le peuple iranien entre en insurrection
Les manifestations s’étendent – les organisations syndicales publient une déclaration commune
La poussée insurrectionnelle de fin décembre avait été préparée par la journée de grève appelée par plusieurs organisations kurdes d’Iran, dont le Komala dans le Kurdistan iranien.
Cela marquait l’entrée des régions kurdes dans la mobilisation, comme lors des soulèvements populaires après la mort de Mahsa Amini. Depuis le 28 décembre, l’organisation humanitaire HRANA recense près de 348 rassemblements ou mobilisations, étendus sur 31 provinces du pays et dans 111 villes.
Le mouvement étudiant a lui aussi joué un rôle plus central au fil du développement de la mobilisation, notamment par des rassemblements et manifestations au sein des universités iraniennes, mais aussi par la jonction entre la jeunesse et les classes populaires dans les soulèvements urbains. Le mercredi 7 janvier, 11e jour de mobilisation, ce sont 10 universités qui sont rentrées dans la bataille en se mobilisant. Au total, ce sont 35 universités différentes qui ont pris part au mouvement au moins une fois depuis fin décembre.
Aujourd’hui, les organisations syndicales et politiques s’expriment.
Rf-news, le magazine d’information en ligne du Parti marxiste-léniniste allemand (MLPD), résume les voix qui s’élèvent en Iran. Le fils du Shah Reza Pahlevi – un réactionnaire, ami de Netanyahu, n’est pas une alternative au régime réactionnaire et fasciste des mollahs ! La vague de protestations se poursuit sans relâche et s’intensifie. De nouvelles grèves ont lieu dans de nombreuses villes d’Iran, en particulier au Kurdistan. Dans certaines villes, les manifestants sont entrés en confrontation directe avec les forces de sécurité et militaires du régime.
L’appareil d’État réprime violemment les manifestations. Mohseni-Edsche’i, le chef suprême de la justice du régime, a ordonné mardi, lors d’une réunion avec les forces répressives de la FARAJA en présence du général Radan des Pasdaran, la création de services spéciaux chargés de traiter rapidement les cas des soi-disant « émeutiers ». Les procès ne doivent pas être reportés aux mois à venir, mais des peines sévères doivent être prononcées.
Le Parti communiste d’Iran écrit dans une déclaration récente :
« Ces menaces de Khamenei et d’autres responsables de la République islamique visent des millions de personnes qui se sont soulevées contre la pauvreté, la misère, la faim et la dictature.
Dans le même temps, de nombreuses organisations syndicales et associations d’autres groupes sociaux en Iran ont condamné fermement, dans des déclarations et des prises de position, la répression exercée par la République islamique, les meurtres et les arrestations de manifestants, et ont exprimé leur soutien aux manifestations et aux grèves.
Dans ces déclarations, ils exposent leurs analyses et leurs positions sur la nouvelle vague de protestations, qui a désormais touché plus d’une centaine de villes et continue de s’étendre.
Un examen du contenu politique de ces déclarations montre que, du point de vue des travailleurs, des ouvriers et d’autres groupes sociaux, la République islamique a perdu toute légitimité pour des raisons matérielles et objectives et doit être renversée.
Les manifestants expriment sans ambiguïté cette illégitimité du régime islamique dans des slogans tels que « Mort au dictateur », « Mort à la République islamique », « Mort à Khamenei », « Mort à l’oppresseur, qu’il soit Shah ou Guide », « Nous ne voulons pas d’une République islamique », « Ni Shah ni mollah – le pouvoir aux conseils » et autres slogans similaires.
Un déclaration de huit organisations de travailleurs
Dans ce contexte, il convient de mentionner, entre autres, la déclaration de huit organisations de travailleurs, dont le Conseil d’organisation des protestations des travailleurs contractuels de l’industrie pétrolière, le Conseil d’organisation des protestations des travailleurs non réguliers de l’industrie pétrolière, le Conseil de coordination des protestations des infirmiers, l’Association des retraités, , le syndicat des travailleurs de l’électricité et de la métallurgie de Kermansh« L’objectif des manifestations est de construire une société dans laquelle une minorité prédatrice ne peut pas décider du sort des gens sans tenir compte de leur opinion.
La poursuite résolue des manifestations, l’extension des grèves et l’unité sont la garantie de l’avancement des revendications et de la réalisation des espoirs de la population.
La voie empruntée mettra fin à l’esclavage, à la pauvreté, à l’humiliation et à l’inégalité. ».
Ces huit organisations écrivent dans une partie de leur déclaration :
« L’objectif des manifestations est de construire une société dans laquelle une minorité prédatrice ne peut pas décider du sort des gens sans tenir compte de leur opinion.
La poursuite résolue des manifestations, l’extension des grèves et l’unité sont la garantie de l’avancement des revendications et de la réalisation des espoirs de la population.
La voie empruntée mettra fin à l’esclavage, à la pauvreté, à l’humiliation et à l’inégalité. »
D’autres organisations de travailleurs ont déclaré leur soutien :
le syndicat des travailleurs de l’usine sucrière Haft-Tapeh, le comité de coordination pour le soutien à la création d’organisations de travailleurs indépendantes, les travailleurs retraités de Khuzestan, ainsi que le groupe des retraités unis et le syndicat des chauffeurs de bus de Téhéran et de ses environs.
Le Conseil de coordination des associations professionnelles des enseignants a déclaré dans un communiqué qu’il faisait partie intégrante de la population et a écrit :
« Ce qui se passe aujourd’hui dans les rues, sur les places et dans les quartiers, c’est le cri de colère et de souffrance d’une population dont les os sont brisés sous le poids de la pauvreté, de la discrimination, de l’humiliation et de l’injustice.
L’inflation galopante, la baisse du pouvoir d’achat, la destruction de l’éducation et des soins de santé, La propagation de la pauvreté et de l’insécurité sont le résultat direct de politiques qui n’étaient pas orientées vers les personnes, mais contre elles.
Les expériences amères du passé ont montré que partout où la population a été exclue, la liberté et la justice ont été sacrifiées. »
Outre les organisations mentionnées, de nombreux partis et courants de gauche et communistes, le syndicat libre des travailleurs, de nombreuses organisations et militants de la société civile, syndicaux, culturels et juridiques – dont des militantes du mouvement des femmes, les « mères du parc Laleh », l’association des écrivains, l’« Union des chauffeurs routiers et des transporteurs iraniens », des organisations étudiantes des universités de Téhéran, Beheshti, Kurdistan, Allameh, Elm-o-Sanat et Tarbiat-Modares, un groupe d’avocats, 80 scénaristes, 184 cinéastes iraniens, l’association professionnelle des réalisateurs de documentaires et bien d’autres – ont chacun exprimé leur solidarité et leur soutien aux manifestants par le biais de déclarations.
À l’étranger surtout, mais aussi en Iran même, les forces monarchistes sont présentées comme une alternative au régime fasciste.
Des slogans tels que « Vive le roi » – en référence au fils du shah renversé en 1979 – visent à bloquer toute issue révolutionnaire.
Il convient d’être extrêmement vigilant face aux activités subversives réactionnaires et hostiles au peuple menées par les services secrets israéliens en Iran.
