Appel des Coordinatrices du Mouvement mondial des femmes de la base
8mars 2026 – Journée internationale de la lutte des femmes: Luttons pour la paix!
Les dirigeants veulent la guerre – nous voulons un avenir!
Femmes et filles, descendons dans la rue – dans le monde entier!
Partout dans le monde, les femmes et les filles descendent dans la rue, combatives, déterminées, toutes ensemble, pour un avenir dans la paix et la liberté !
Les dirigeants parlent de „tournant historique“ et de „nouvel ordre mondial“, mais ils pensent à l‘armement, à l‘aptitude au combat et à la militarisation de la société. „… Les racines d‘oppression et d‘exploitation des femmes résident dans le système capitaliste ou impérialiste…“ (Résolution finale de la 3e Conférence mondiale des femmes de la base en 2022 à Tunis.)
Dès 1911, dans la résolution pour la Journée internationale de la femme, Clara Zetkin, sa fondatrice, a réclamé : „La Journée de la femme doit avoir un caractère international… Ce doit être un jour de lutte pour la libération de la femme…“
Le mouvement mondial des femmes a constaté lors de son 2e séminaire théorique au Népal en 2025 : „La force du mouvement des femmes réside dans sa diversité. Ce sont les forces fascistes et impérialistes qui profitent de la division du mouvement des femmes.“ (Lire plus bas: la Déclaration finale du 2e séminaire théorique à Katmandou, au Népal – du 26 au 29 novembre 2025: « Voies et stratégies pour la libération des femmes Comment vaincre l’impérialisme ?! »)
Notre force, ce sont nos liens internationaux de solidarité, de coordination et de coopération; c‘est notre force qui affaiblit nos adversaires. Nos droits et succès acquis par la lutte dans le monde entier et notre droit à l‘auto-détermination sont menacés par une politique réactionnaire, qui veut nous imposer le retour dans les anciens rôles patriarcaux de genre. Les femmes et les filles s‘apprêtent à affronter un ennemi implacable de notre libération, à affronter la soif insatiable de profit, la double exploitation, le racisme, l‘exploitation sexuelle, la violence, le postmodernisme et l‘opportunisme et l‘anticommunisme.
À présent, les dirigeants parviennent encore à étouffer les luttes dans le sang,comme c‘est le cas en Iran. Ils parviennent encore à rendre les femmes et les filles „invisibles“, à les bannir de la vie sociétale et à leur refuser l‘éducation, comme c‘est le cas en Afghanistan. Mais il est impossible d‘étouffer le cri de la liberté. Aux États-Unis, une nouvelle résistance des masses antifasciste et organisée s‘est développée : les femmes du mouvement mondial en font partie activement. Des millions de gens dans le monde sont descendus dans la rue contre le génocide à Gaza : les femmes du mouvement mondial en font partie. Les femmes et les hommes s‘engagent contre les agressions fascistes visant l’autonomie administrative kurde de Rojava, et les femmes du mouvement mondial sont au coeur de l‘action.
Dans le monde entier, notre vie est menacée – par la course à l‘armement, par l‘imminence de guerres et par le danger d‘une guerre mondiale nucléaire, par le fascisme, par une politique ultra-droite, réactionnaire et fasciste, par une soif insatiable de profit mettant en danger l‘existence même de l‘humanité.
Dans le monde entier, les riches deviennent toujours plus riches et les puissants toujours plus impitoyables et insatiables. Leur attitude misogyne répugnante se manifeste tout particulièrement dans leurs machinations. Mais les femmes dans le monde entier ne retourneront pas aux structures fascistes ou patriarcales.
La Journée internationale de la femme de cette année doit porter l‘appel du mouvement des femmes dans le monde entier :
Nous appelons les femmes du monde entier : Il nous faut des alliances fortes et insurmontables, antifascistes et non affiliées à des partis !
Tendons-nous les mains au-delà des frontières, pour la résistance et la lutte communes internationales – du Népal au Togo, du Bangladesh au Botswana, d‘Istanbul à Delhi, de Madrid à Lima, de Berlin à Montevideo, de Sri Lanka au Kurdistan, de Saint-Pétersbourg au Brésil, de Paris au Sahara Occidental, de Montreal à Gaza, de Minneapolis à Reykjavik, d‘Oslo au Mexique… Dans le monde entier, les femmes et filles luttent pour une vie en paix, digne et autodéterminée.
Femmes du monde entier, mettez-vous en lien, organisez-vous!
Levez vos voix et reliez vos forces pour une vie sans guerres, sans crainte d‘aucune violence, sans pauvreté, sans faim. Sans racisme, sans exploitation sexuelle de femmes et de filles. Pour un foyer sûr, protégé et abordable, dans des partenariats autodéterminés et respectés, sans discrimination ni exclusion.
Les forces réunies des femmes dans des alliances fortes avec la classe ouvrière et les syndicats, ainsi qu‘avec les forces progressistes et le mouvement de la jeunesse, sont invincibles. Notre grand objectif est une société libre d‘oppression et d‘exploitation des femmes.
„La lutte pour la libération de la femme doit être internationale, organisée, politique, antiimpérialiste, et liée avec la classe des travailleuses et travailleurs. Organisons-nous, unissons-nous dans la lutte commune pour une société libre d‘oppression et d‘exploitation.“
(Résolution du 2e séminaire théorique au Népal en 2025)
Relevons le défi historique, allons de l‘avant en tant que
force qui transforme la société!
Le 8 mars, descendons ensemble dans la rue, organisons des réunions, renforçons nos alliances, faisons entendre nos voix dans chaque ville, dans chaque pays, à chaque lieu de travail.

Les Coordinatrices du Mouvement mondial des femmes de la base
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En 2027 aura lieu la 4ème Conférence mondiale des femmes de la base.
Cela t’intéresse? Contact: Nathalie Onur, onurnathalie@gmail.com
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Déclaration finale du 2e séminaire théorique à Katmandou, au Népal – du 26 au 29 novembre 2025
Voies et stratégies pour la libération des femmes Comment vaincre l’impérialisme ?!
Sous cette devise, le 2e Séminaire théorique international s’est déroulé du 27 au 29 novembre 2025 à Katmandou, au Népal, et a rencontré un vif succès.
La 3e Conférence mondiale des femmes à Tunis en 2022 a réaffirmé : il est grand temps de comprendre et d’assumer pleinement notre rôle dans la lutte contre l’impérialisme et pour la véritable libération des femmes.
Des femmes du monde entier ont embrassé cette mission avec une grande détermination et un profond sérieux lors du 2e Séminaire théorique . Des femmes d’Afrique, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe ont analysé leurs précieuses expériences de la lutte pour la libération des femmes, les ont partagées avec toutes et en ont tiré des conclusions.
Le séminaire théorique a été préparé avec minutie et enthousiasme par le comité d’organisation népalais. Cette préparation était indispensable car, quelques mois auparavant, le Népal était devenu instable. Des manifestations légitimes de la jeunesse avaient été instrumentalisées par des forces réactionnaires, impérialistes et monarchistes. Grâce au travail réfléchi du comité, les doutes quant à la tenue du séminaire au Népal ont été levés. Le comité était composé de six organisations féminines différentes qui, malgré leurs divergences, ont concentré leurs efforts sur le bon déroulement et la réussite du séminaire. Elles ont mobilisé plus de 200 participantes issues de 150 districts du Népal – un modèle de coopération si cruciale aujourd’hui.
Ce séminaire a contribué de manière importante à approfondir la compréhension mutuelle entre les femmes au niveau international.
Le deuxième séminaire théorique a parfaitement répondu aux attentes de son époque :
325 femmes originaires de 28 pays répartis sur quatre continents ont participé au séminaire. Les participantes étaient des représentantes de mouvements féministes, ouvriers, de jeunesse, syndicaux, étudiants, écologistes et pacifistes, de partis politiques et d’organisations non partisanes.
Le séminaire a reçu des messages de félicitations des États-Unis, d’Australie, d’Afghanistan, du Rojava, de Turquie, d’Égypte, d’une délégation environnementale présente à la COP30 au Brésil, ainsi que de partis politiques népalais et européens. Sa promotion locale a été assurée par une conférence de presse des coordinateurs et un événement international organisé à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, lui conférant ainsi une reconnaissance culturelle. Le séminaire théorique s’est déroulé dans d’excellentes conditions et dans une ambiance très agréable. Il a été agrémenté de deux temps forts culturels :
Une soirée de solidarité « Gaza vivra » avec théâtre, danse et poésie et un « Festival des Cultures ».
Le besoin d’échanges théoriques, de clarification et d’élaboration de plans d’action et de stratégies était immense – certaines femmes ont voyagé pendant 3 jours en avion, 48 heures en train ou ont parcouru de longues distances à pied à l’intérieur du pays.
Des partenariats entre organisations féminines en Europe ont permis de collecter des fonds pour les voyages des participantes internationales.
Même les interdictions de voyager et les restrictions de visa pour la Palestine, la Turquie et la Syrie n’ont pu empêcher que la présence physique de nos coordinateurs pour le Moyen-Orient, et non leur participation effective. Des représentants élus les ont remplacés et ont assumé leurs fonctions.
Des brigadistes volontaires internationaux ont facilité nos échanges d’idées grâce à leurs différentes missions. Notamment les traducteurs.
Quinze discours d’ouverture, répartis en trois blocs thématiques, avaient été préparés et soumis à l’avance. Ils ont servi de base à des débats approfondis et nuancés. Pour réussir nos luttes concrètes, un travail théorique est indispensable. De même que nous apprenons notre métier, nous devons apprendre à travailler sur le plan théorique. Les jeunes participantes ont réaffirmé la nécessité de revitaliser le mouvement des Jeunes Femmes du Monde.
Ces journées au Népal ont été une source d’inspiration, démontrant que le mouvement féministe mondial, issu des communautés de base, a grandi et atteint un nouveau niveau : plus soudées que jamais, nous avons abordé des sujets, même controversés, avec respect et sur un pied d’égalité. Nous avons sensibilisé l’opinion publique aux conditions de vie de plus en plus précaires à travers le monde et à la lutte pour une vie digne. « Aucune d’entre nous n’est seule ! »
Les principes du mouvement féministe mondial non partisan, fondé en 2011, doivent être défendus – c’est la seule façon de garantir l’ouverture du mouvement à toutes les femmes, des religieuses aux révolutionnaires ! Se focaliser uniquement sur les femmes révolutionnaires est contre-productif. Il y a eu un consensus : le capitalisme et l’impérialisme sont des fléaux qui détruisent les ressources naturelles, l’environnement et l’humanité entière s’ils ne sont pas enrayés ! Nos amies africaines les qualifient de barbares ! Une catastrophe humanitaire se déroule au Soudan, dont les racines plongent dans l’exploitation impérialiste et le pillage des ressources. Le Sahara occidental est voué à être placé sous domination marocaine, conformément aux plans de l’ONU. L’impérialisme mène des guerres pour le contrôle des ressources minières au Congo et en Ukraine. À Gaza, le monde est témoin du visage brutal de l’impérialisme : génocide et colonialisme de peuplement . Les participantes ont affirmé que la lutte écologique est indissociable de la lutte pour la libération des femmes et de la lutte anticapitaliste. Les femmes de la région himalayenne et les peuples autochtones des Andes déplorent la destruction progressive de leur habitat par la catastrophe environnementale mondiale. Le soi-disant « capitalisme vert » n’est pas une solution, mais une escroquerie réformiste impliquant l’écoblanchiment.
Les développements fascistes s’intensifient dans le monde entier, tant sur le plan idéologique que politique :
On observe une augmentation effrayante et une brutalité accrue des violences faites aux femmes et aux filles. Elles sont de plus en plus reléguées à la sphère domestique.
Le fascisme moderne est une nouvelle forme de fascisme. Il propage, par exemple, le « droit naturel d’être mère et femme au foyer ». Ce mouvement des « femmes au foyer traditionnelles » représente un recul pour le mouvement féministe, une vision réactionnaire de la femme et de la famille où le mari est le principal soutien de famille. Notre mouvement doit davantage s’attacher à sensibiliser l’opinion publique. Avec sa mentalité fasciste petite-bourgeoise, il cherche à nous manipuler. Une participante a témoigné par expérience : « Les changements sont restés lettre morte. » Le fascisme influence les mouvements ouvriers et féministes de manière insidieuse.
Le rôle du patriarcat et du capitalisme/impérialisme a été abordé dans un esprit de solidarité et de débat. Le patriarcat demeure-t-il le système d’oppression le plus ancien et le plus important ? Ou bien le capitalisme en est-il la cause profonde, opérant au sein de structures et de modes de pensée patriarcaux ? Malgré nos divergences d’opinions, nous avons convenu qu’en tant que femmes, nous devons mener ensemble la lutte contre le patriarcat, le capitalisme et l’impérialisme.
Nous avons besoin d’un plan d’action :
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Intensifier le travail d’éducation idéologique et politique
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sensibiliser, persuader et éduquer avec patience.
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Tous les efforts doivent renforcer les perspectives de dépassement de la fragmentation du mouvement féministe.
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Nous lançons un appel aux masses de femmes, de filles et de travailleuses pour qu’elles poursuivent sans relâche leur éducation politique et idéologique au sein de groupes auto-organisés.
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Nous faisons appel aux jeunes, aux travailleurs et aux étudiants, car ils constituent une force importante.
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pour le développement ultérieur d’un front international antifasciste, anticapitaliste et anti-impérialiste
Nous avons besoin de :
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Campagnes internationales contre : le féminicide, les guerres, le fascisme, la traite des êtres humains, la destruction écologique (écocide)
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résolutions communes (guerres, génocide, droits des femmes, écologie)
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actions de solidarité transnationales coordonnées
Nous réaffirmons que la libération des femmes exige une transformation profonde de la société. La lutte pour la libération des femmes doit être internationale, organisée, politique, anticapitaliste et liée à la classe ouvrière.
Nous lançons un appel commun à toutes les femmes du monde :
Organisons-nous, unissons-nous dans la lutte commune pour une société libérée de l’oppression et de l’exploitation.
Relevons le défi de notre époque et avançons comme une force de changement social !
Les participantes au 2e séminaire théorique de la Conférence mondiale des femmes,
réunissant des femmes de base.
Katmandou, le 29 novembre 2025
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