Lyon : la mort d’un facho et son instrumentalisation politique haineuse
Le 14 février, à Lyon, Quentin Deranque, militant fasciste reconnu et assumé, est décédé à la suite d’un affrontement survenu en marge d’une réunion publique sur la Palestine par l’euro-députée LFI Rima Hassan. Les circonstances exactes continuent de faire l’objet d’enquêtes judiciaires, mais plusieurs éléments sont d’ores et déjà établis par les témoignages et les premières analyses militantes : des groupuscules d’extrême droite, violents et organisés, s’étaient mobilisés pour perturber l’événement.
À partir de ce fait dramatique une vaste entreprise d’instrumentalisation politique s’est immédiatement déployée. Il est nécessaire d’en analyser les ressorts.
Une attaque provocatrice fasciste
Selon les éléments disponibles et les analyses publiées, la séquence lyonnaise ne surgit pas du néant. Elle s’inscrit dans un contexte d’agitation croissante de groupes fascistes qui cherchent régulièrement l’affrontement, en particulier autour des mobilisations liées à la Palestine.
La présence de militants d’extrême droite,, déterminés à perturber la réunion, a créé les conditions d’une confrontation physique. La bagarre qui s’ensuivit débouche sur la mort de Quentin Deranque.
Il faut le dire clairement : toute mort est tragique. Mais il faut aussi analyser politiquement les dynamiques à l’œuvre. La polarisation croissante de la société française, nourrie par des années de tensions sociales et politiques, rend ce type de drame prévisible.
Une violence fasciste structurelle
Les faits sont têtus. Depuis des années, à Lyon comme ailleurs en France, l’écrasante majorité des agressions politiques graves est imputable à des groupes fascistes ou d’ultra-droite. Les exemples sont nombreux : attaques de locaux associatifs ou de librairies de gauche, ratonnades, agressions jusqu’aux meurtres d’immigrés, de personnes présumés homosexuelles, de militants syndicaux ou antiracistes.
Cette réalité a trop souvent été minimisée.
L’État a, au mieux, fermé les yeux à de multiples reprises sur la montée de ces groupes violents. Au pire, il a contribué à créer le climat politique qui leur permet de prospérer :
- banalisation des discours racistes et sécuritaires
- criminalisation croissante des mouvements sociaux
- répression policière accrue
- durcissement des politiques anti-immigration
Cette responsabilité politique ne peut être éludée.
Une instrumentalisation politique réactionnaire
Dès le 12 février — avant même que tous les faits soient établis — une campagne politique s’est enclenchée.
Le moment le plus révélateur fut la minute de silence observée à l’Assemblée nationale, soutenue par le gouvernement. Pour un individu antisémite, tabasseur de rue et fasciste avéré ! Sous couvert d’« apaisement », cette séquence a surtout servi à installer une équalité fallacieuse entre fascistes et antifascistes.
Dans le même mouvement :
- des responsables politiques ont condamné « toutes les violences », la violence anti-populaire et réactionnaire au même titre que la violence progressiste et révolutionnaire.
- La France insoumise a été particulièrement visée et nommée comme « extrême gauche »
- Jordan Bardella et le RN ont dénoncé le franchissement d’« une ligne rouge »
- une large partie du spectre politique, du RN jusqu’au macronisme, a entretenu la confusion.
Ce pacifisme de façade fonctionne comme un écran de fumée. Mettre sur le même plan agresseurs fascistes et mobilisation antifasciste revient, de fait, à blanchir l’extrême droite.
Ce que révèle la séquence actuelle
Pour l’UPML, les événements de Lyon doivent être vus dans un cadre plus large.
1. Le fascisme plonge ses racines dans le capitalisme
Le fascisme n’est pas une anomalie extérieure au système. Il naît des contradictions du capitalisme lui-même et prend des formes diverses :
- dans des groupuscules violents comme Némésis
- dans des formations politiques institutionnelles comme Reconquête ou le RN
- avec des dirigeants, gouvernements ou États à l’échelle internationale
2. Une fascisation inscrite dans l’État bourgeois
La période actuelle se caractérise par une fascisation rampante :
- durcissement répressif
- violences policières
- politiques anti-immigration
- criminalisation des mouvements sociaux
Ce phénomène ne se limite pas à la France mais il est internationalement présent.
3. Le capitalisme impérialiste tue
La violence du système ne s’exprime pas seulement dans les affrontements de rue. Elle se manifeste quotidiennement :
- par l’exploitation sociale
- par l’oppression de classe et raciste
- par les guerres impérialistes, de Gaza au Soudan
4. Une fuite en avant dans la répression et la guerre
Face à sa crise profonde, le capitalisme abandonne progressivement la promesse d’un « avenir meilleur » pour s’appuyer davantage sur la coercition, la répression, la préparation de nouveaux conflits.
Le danger fasciste s’en trouve renforcé.
5. La résistance se développe
En France comme dans le monde, une opposition au fascisme et à la guerre se renforce :
- mobilisations contre le génocide en Palestine
- dynamiques unitaires à gauche
- mobilisations antifascistes, antiracistes et antimilitaristes
Ces mouvements constituent des points d’appui essentiels. Leur formation n’ a pas échappé aux dominants. Tout antifascisme et toute la gauche (même réformiste) sont visées par la campagne réactionnaire actuelle qui veut affaiblir la résistance, intimider et diviser.
6. Construire un front anti-impérialiste
L’Union Prolétarienne ML affirme la nécessité de renforcer l’organisation des forces antifascistes et anti-impérialistes, en France comme à l’international, afin de devenir une force capable de faire reculer la réaction. Aujourd’hui cela passe principalement par la lutte politique et idéologique, notamment contre l’anticommunisme qui veut désarmer le mouvement populaire.
7. Pour une rupture révolutionnaire
Mettre fin durablement au fascisme suppose d’en finir avec le système qui l’engendre. La perspective ne peut être que celle d’une révolution socialiste plaçant la classe ouvrière au pouvoir.
