Condamnons la nouvelle collaboration impérialiste de la France-Afrique.
Du 11 au 12 mai 2026 s’est tenu à Nairobi le premier sommet africain de l’impérialisme français organisé dans un pays anglophone, le Kenya. Ce sommet baptisé « Africa forward summit » était censé « aller plus loin avec l’Afrique », puisque depuis le sommet de Ouagadougou en 2017, le président français Macron a déclaré vouloir changer les relations du cadre FranceAfrique (depuis 1973) au cadre inverse AfriqueFrance en mettant fin à une forme de relation unilatérale dominée par l’impérialisme français par une relation bilatérale privilégiant l’Afrique. Derrière cette coopération de façade se cache le paternalisme assumé du président Macron qui vise avant tout à redéployer la domination de l’impérialisme français en sortant de son pré carré, de son ancien domaine réservé duquel il est de plus en plus contesté aussi bien au Niger, qu’au Burkina Faso, au Mali ou au Sénégal. Sous les apparences d’un partenariat à avantages réciproques basé sur le « Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète »(1), adopté à Paris en juin 2023 ce sont de juteux contrats qui son négociés au bénéfice de l’impérialisme français par le groupe AFD (2) dans les domaines de l’énergie, de l’eau, de l’éducation et du numérique pour un montant total de 170 millions d’euros avec le Kenya, un prêt non souverain de 300 millions d’euros avec l’Afrique du Sud, un pool bancaire franco-africain sur le lait avec le groupe Danone, un protocole d’accord avec la Tanzanie pour l’agriculture et les ressources marines, Proparco va investir 17 millions d’euros dans le laboratoire sud-africain Biovac et enfin l’AFD avec la BEI et la Berd (3) signent pour un projet d’électrification au Bénin (Peder+) de 700 millions d’euros. Si on voit bien où sont les intérêts de l’impérialisme français, en revanche on ne voit pas où sera celui des populaires africaines soumises à ces mêmes intérêts sans avoir eu la moindre voix au chapitre.
Mais quand le peuple prend la parole au Kenya, alors il est en butte à la répression. Au même moment se tenait un contre-sommet organisé par PASAI (4) qui a été violemment réprimé. Nous adressons notre soutien internationaliste aux camarades arrêtés lors de ce contre-sommet et nous joignons notre protestation à celle du Parti Communiste marxiste du Kenya en exigeant la libération de toutes les personnes persécutées comme l’a déjà été à plusieurs reprises son dirigeant Booker Omole kidnappé en février 2026 par la police, battu, torturé, qui a eu une dent cassée et un doigt sectionné. Après plusieurs heures sans savoir où il se trouvait, ses camarades ont appris qu’il était détenu au poste de police de Mlolongo, non loin de Nairobi, un lieu « redouté et depuis longtemps associé à des exécutions extrajudiciaires ». Auparavant, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2025, un commando de tueurs équipés d’armes létales et d’équipements de pointe comme des lunettes de vision nocturne avait pénétré par effraction à son domicile.Encore onze personnes avaient été tuées par la police lors d’une manifestation le 7 juillet 2025 ; il faut également signaler l’enlèvement du président national du Parti, Mwaivu Kaluka, ainsi que d’autres camarades, à Monbasa. Ces camarades ayant pu être libérés grâce à la mobilisation populaire et à des recours légaux.
Avec nos camarades africains nous demandons :
1. La libération immédiate et inconditionnelle de tous les camarades arrêtés.
2. La fin des persécutions, des enlèvements et de la répression policière contre les militants, les organisateurs et les mouvements progressistes.
3. La suspension immédiate de tous les accords militaires, politiques et économiques impérialistes imposés au Kenya et à l’Afrique.
4. Le respect des droits démocratiques de tous les participants aux manifestations anti-impérialistes
(1)https://www.pact-prosperity-people-planet.org/
(2) Agence Française de Développement avec Proparco, Bpifrance, Business France
(3) Banque Européenne d’Investissement ; Banque Européenne de Reconstruction et de Développement
(4) Pan-africain Sommet Anti-impérialiste https://pasai2026.com/
Le Comité central d’organisation du Parti Communiste marxiste du Kenya condamne fermement les arrestations, les intimidations et les persécutions perpétrées par l’État kenyan à l’encontre des camarades locaux et internationaux qui ont participé à la manifestation contre l’impérialisme français et au contre-sommet organisé à Nairobi contre le soi-disant « Africa Forward Summit ».
Ces arrestations révèlent la véritable nature du régime de Ruto, un gouvernement néocolonial et comprador qui agit pour défendre les intérêts impérialistes au détriment des droits démocratiques du peuple. Le régime a choisi de criminaliser la solidarité anti-impérialiste tout en déroulant le tapis rouge aux exploiteurs étrangers et aux agents du capital monopolistique.
Parmi les personnes arrêtées figurent d’éminents militants anti-impérialistes et révolutionnaires, des intellectuels et des organisateurs venus de différentes parties du monde, venus manifester leur solidarité avec les masses africaines en lutte contre l’impérialisme, la militarisation et la domination néocoloniale.
Parmi les camarades arrêtés figurent :
Dimitiros Patelis (Grèce)
Lee et Danbi (Corée du Sud)
Joti Brar (Grande Bretagne)
Gacheke Gachihi (Kenya)
Guy Bremond (France)
Sayialel Mankuyio (Kenya)
Juliaus Kamau (Kenya)
John Kamau (Kenya)
Brian Mwanzi (Kenya)
Derivk Opiyo (Kenya)
Fredrik Yara (Kenya)
Colins Otieno (Kenya)
Leur seul crime est d’être du côté des opprimés. Leur seul crime est de refuser la domination impérialiste. Leur seul crime est de déclarer que l’Afrique n’est pas à vendre.
L’arrestation des délégués internationaux démontre une fois de plus la panique grandissante au sein des cercles impérialistes et compradores. Ils craignent l’unité des forces révolutionnaires et progressistes à travers les continents. Ils craignent la solidarité internationale contre l’impérialisme. Ils craignent un peuple politiquement conscient.
Nous rappelons au régime de Ruto que la répression n’a jamais vaincu la lutte du peuple. Les camps de détention coloniaux n’ont pas vaincu le mouvement de libération. La répression anticommuniste de Moi n’a pas vaincu la lutte pour les droits démocratiques. Les lois fascistes et la terreur policière ne feront pas taire les masses aujourd’hui.
Comme nous l’a enseigné Kwame Nkrumah, l’indépendance de l’Afrique n’a de sens que si elle est liée à la libération totale du continent de l’impérialisme et du néocolonialisme.
(…) Le Parti communiste marxiste du Kenya réaffirme sa solidarité inébranlable avec tous les camarades arrêtés. Une offense à l’un est une offense à tous. La lutte contre l’impérialisme est internationale, et aucune répression ne pourra vaincre les masses populaires organisées.
En avant, toujours, dans la lutte contre l’impérialisme !
En avant, toujours, dans la solidarité internationale !
La victoire appartient aux travailleurs et aux paysans !
Comité central d’organisation Parti communiste marxiste du Kenya https://cpmk.org/
A ces personnes arrêtées le 12 mai, il faut ajouter 5 étudiants arrêtés le 11 mai :
Beres Omondi (Kenya)
Tracy Auma (Kenya)
Patience Nyambura (Kenya)
Jobunga Samuel (Kenya)
Kenneth Obiero (Kenya)
Soutenons activement la lutte du peuple kényan contre toutes les formes d’impérialisme !
Impérialisme français hors d’Afrique !
Front uni international contre l’impérialisme !
Un lecteur sympathisant de l’ICOR
