Ces dernières semaines, des centaines de milliers de personnes – en particulier d’élèves et d’étudiants, mais aussi de parents, d’enseignants, de syndicalistes – ont protesté contre le coût de la vie, le manque d’éducation, contre le racisme, le fascisme et l’arrogance du gouvernement Macron. Beaucoup de critiques du capitalisme et souvent avec des slogans révolutionnaires.
Le 5 novembre a confirmé la détermination du mouvement ! Au total, ces dernières semaines, 2 à 3 millions de personnes sont descendues dans la rue, ont bloqué et ont fait grève dans les écoles, universités, entreprises et ports. Cela a plongé le gouvernement Macron dans une profonde crise politique ouverte. C’est l’un des mouvements de masse les plus importants et les plus radicaux de ces dernières années en France. L’intensification de l’exploitation et de l’oppression, la redistribution des richesses aux capitalistes, la militarisation etc. sont accusés de multiples manières, alors que les grandes manifestations en 2023 étaient surtout axées sur la question des retraites.
Contrairement au mouvement antérieur des Gilets jaunes, le mouvement est clairement progressiste et de gauche. La rébellion de la jeunesse contre les conditions qui prévalent dans l’éducation est tout à fait justifiée et s’intègre dans les mouvements internationaux de la jeunesse. Beaucoup de références à ‘Mai 1968’, où les luttes de la jeunesse et des travailleurs s’étaient développées, la dernière fois en Europe occidentale et en France, allant vers une situation révolutionnaire. Aujourd’hui, ce développement est devenu plus compliqué en raison de l’idéologie dominante, du mode de pensée petit-bourgeois.
Des excès de violence ? Mais laquelle ?
Les médias bourgeois se concentrent presque exclusivement sur les excès de violence – ceux qui sont supposés provenir des manifestants : pillage de petits magasins, incendies et vandalisme. Nous critiquons cette violence et rébellion aveugle. Des slogans comme « Détruisez tout ! » ne donnent aucune perspective. De tels actions peuvent exprimer une impatience, mais sont hostiles à la masse des manifestants et au mouvement ouvrier. Elles servent aux dirigeants capitalistes de prétexte et sont instrumentalisées pour justifier la répression.
L’orientation anticommuniste de la propagande du pouvoir est significative. Les provocations anarchistes sont amalgamées aux forces véritablement révolutionnaires qui luttent pour le socialisme. Les médias font constamment des reportages sur les plus petits groupes autonomes. De fausses images circulent pour faire peur à la population. Mais où sont les images des dizaines de milliers de jeunes qui chantent avec ferveur l’Internationale ?
Le gouvernement alimente le chaos
En même temps, il y a des indications de provocations réactionnaires et fascistes dirigées par le gouvernement. Le maire de Marseille a exprimé son soupçon que le gouvernement attisait délibérément le chaos pour délégitimer les manifestations. Il y a des preuves sur des groupes de policiers en civil, cagoulés et lançant des grenades qui terrifient. L’État provoque, poursuit l’objectif de transformer le mouvement légitime en chaos et renforce la fascination de l’appareil d’État. Il est également frappant de voir que les manifestants pacifiques ont été traités avec toutes les forces répressives de l’État, tandis que le pillage et la destruction par des autonomes ou des criminels sont souvent laissés sans intervention policière.
Il est tout à fait justifié que les manifestants ne se soumettent pas à la terreur de l’État sans combattre et sans riposter. Plus de dix mille arrestations, deux milles garde-à-vue et des centaines de jeunes condamnés à la prison ont été faites ces dernières semaines. Bien souvent, des arrestations ciblées d’organisateurs, de violentes charges de CRS et l’utilisation massive de gaz lacrymogènes et de grenades ont été faites contre des étudiants. Voilà ce qui rend les rues dangereuses, mais pas les jeunes qui descendent dans la rue. L’appareil d’État bourgeois est fascisé massivement dans ce processus de fermentation prérévolutionnaire.
Quelle hypocrisie des dirigeants !
L’impérialisme exploite les peuples et le prolétariat ; mène des guerres de rapine partout ; militarise la société et prépare une nouvelle guerre mondiale ; ils mettent le feu au monde en niant la catastrophe environnementale. Faim et pauvreté de millions d’êtres humains en sont la conséquence. Une des affiches des manifestants expriment l’hypocrisie en un mot: «Si j’étais une poubelle, l’État me protégerait.»
La manipulation de l’opinion par les média dominants par l’orientation vers les « casseurs » écarte les revendications et les raisons profondes pour lesquels le mouvement de protestation et de rébellion se mobilise. Les véritables CASSEURS se trouvent dans le gouvernement et les sièges confortables des PDG des multinationales monopolistes.
Non, les luttes progressistes et révolutionnaires ne seront pas couronnées de succès pacifiquement. En tant que marxistes-léninistes, nous savons que les dirigeants bourgeois auront recours à tous les moyens, y compris la violence, contre les processus révolutionnaires – toute l’expérience du mouvement ouvrier le démontre. Cette violence en France est en cours avec des blessés graves par les CRS, des arrestations de plus de dix mille manifestants, des condamnations de plusieurs centaines, des couvre-feux locaux, l’utilisation d’armes à feu contre les manifestants est normalisée par un projet de loi, la déclaration de l’état d’urgence est ouvertement à l’ordre du jour…
Violence révolutionnaire et violence réactionnaire
Nous distinguons entre la violence réactionnaire, les émeutes autonomes et la violence progressiste et révolutionnaire. Aucun changement social fondamental n’est advenu sans violence révolutionnaire – ni lors des révolutions bourgeoises en 1789 ; ni lors des luttes révolutionnaires en 1848, en 1871 (La Commune) de la classe ouvrière. Karl Marx a déclaré: « La violence est l’accoucheuse de toute vieille société enceinte d’une société nouvelle.» Quiconque aujourd’hui lutte pour le dépassement révolutionnaire du capitalisme vers le socialisme véritable ne doit pas se livrer à des émeutes insensées, ni se lancer dans des erreurs pacifistes. L’État bourgeois exerce systématiquement la violence – contre les manifestants ici, contre la classe ouvrière et contre des peuples entiers ailleurs.
La rébellion est justifiée ! Mais elle doit être plus organisée et être menée dans la perspective d’une société alternative au capitalisme, le véritable socialisme. Cependant, dans la rébellion actuelle, les révolutionnaires sont une infime minorité. Aucun Parti communiste révolutionnaire ne guide le mouvement. Dans la période, la lutte idéologique contre l’influence de l’anticommunisme et pour le socialisme-communisme est la priorité des révolutionnaires. Elle inclue la propagande pour une révolution sociale nécessaire.
- Pour la reconstruction du Parti révolutionnaire !
- Pour un mouvement socialiste de la jeunesse en étroite collaboration avec le mouvement ouvrier.
