28 août 2026

Réchauffement climatique = chaleurs, incendies, sécheresses. Que faire ?

Rappel: le Conseil international sur l’environnement se tiendra du 23 au 25 octobre 2026 à Stuttgart, en Allemagne. Voir notre article de juin: https://upml.org/2026/06/9047/

Le réchauffement climatique accentue les épisodes de chaleur, de sécheresse,  les incendies de forêt et on peut s’attendre fin août, début septembre, octobre, etc…  à des pluies diluviennes et à de forts orages. Les conséquences sont de plus en plus importantes pour les populations, les écosystèmes et les services de secours. Il faut insister notamment sur l’augmentation d’année en année des chaleurs extrêmes, sur la baisse des pluies estivales sur la mortalité animal et humaine. Tout cela suscite beaucoup d’inquiétude et de débats. Nous avons reçu plusieurs documents et articles. En voici une synthèse.

  1. Une aggravation des phénomènes climatiques

Multiplication mondiale des canicules, sécheresses, incendies et inondations de grande ampleur. Le réchauffement climatique est  lié à l’effet de serre qui met en cause un mode de production fondé sur la recherche du profit, incompatible avec la protection durable de la nature. La question principale est donc la limitation et l’arrêt de ce qui détruit la nature et non de s’adapter à ces destructions en partie irréversibles.  Les monopoles capitalistes ne proposent rien d’autres qu’une consommation de nouvelles marchandises, climatiseurs qui rejettent de l’air chaud, voitures électriques, etc

  1. Des moyens de lutte contre les incendies jugés insuffisants

Un article de La Voix du Nord montre un débat entre le gouvernement et les organisations syndicales de pompiers. Le gouvernement souligne que les moyens aériens ont augmenté depuis 2022 et que des investissements importants ont été réalisés… À l’inverse, les syndicats de pompiers estiment que les moyens restent insuffisants, notamment en personnel et en matériel. Ils soulignent la fatigue des équipes, le manque d’engins et le vieillissement des Canadair. L’article fait également apparaître un problème de sécurité pour les pompiers, certains ayant été blessés ou exposés aux fumées et aux gaz des incendies.

  1. Le manque d’eau devient également une préoccupation majeure.

 

La revue « Reporterre » sous le titre « GUERRE DE L’EAU DANS LE MARAIS POITEVIN rapporte (extraits) : «…que 300.000 m³ d’eau – l’équivalent de 120 piscines olympiques – ont donc été volés, mais par qui ? Les riverains et acteurs du secteur de l’eau  pointent l’agro-industrie et les céréaliers vendéens. En effet les deux barrages ouverts (par des mains anonymes) se situent à la frontière entre le marais mouillé et le marais desséché. C’est dans ce dernier que se trouvent les grandes monocultures de maïs, de colza et de tournesol jusqu’à la côte…

Le maïs est une céréale très gourmande en eau, importée en Europe à la fin du XVème siècle. Elle est inadaptée à nos sols et nos climats…

Le manque d’eau va devenir la norme dans les prochaines années, et les pillages par l’agro-business risquent de se multiplier à mesure que la ressource se raréfie. Il en est de même pour les méga-bassines dans les Deux-Sèvres ou dans la Vienne… Ce que cachaient les agro-industriels, c’est que l’eau des bassines était en grande partie puisée dans les nappes phréatiques, un pompage des réserves d’eau collectives au détriment des paysans et des populations locales.»

  1. Un débat sur la forêt

Propos d’un forestier. « Changer les peuplements forestiers ? En fonction de quoi ? Dans quel délai ? Puisqu’on atteint les températures du Maroc, plantons des essences marocaines disent certains !
Regardons déjà ce que la nature offre encore et ce qui se fait depuis 150 ans : pins noirs d’Autriche au Sud, mais aussi jusqu’au nord de la France, cèdres de l’Atlas, mais ça ne peut pas se faire partout – chaque essence a son tempérament, les cèdres n’aiment pas l’argile -, et
beaucoup de propriétaires forestiers privés ou même publics n’en ont pas les moyens. Des plantations expérimentales et des suivis de peuplements ont été faits pour voir comment réagissaient des essences qu’on introduirait. Jamais je n’ai entendu parler de conclusions prônant des projets un peu sérieux.
Depuis des décennies par exemple des plantations massives d’eucalyptus ou de pins américains à forte croissance ont été faites (Espagne et Portugal). Ce sont celles qui brûlent le plus. C’est bien le profit qui guide les investissements et l’entretien des forêts. »

  1. Un modèle économique en crise

La recherche du rendement à court terme et celle du profit conduit à privilégier les investissements rentables plutôt que la protection de l’environnement. La propriété privée des forêts à 75 % ne peut permettre une gestion publique globale et centralisée :  la propriété privée principalement au main d’une dizaine de milliers de riches propriétaires peut empêcher certaines mesures de prévention, comme la création de pare-feux suffisamment larges, le débroussaillage permanent. Depuis longtemps nombre de forestiers de terrain demandaient en France qu’un service d’État s’occupe de toutes les forêts, domaniales, communales ou privé. Bien sûr, les propriétaires privés n’en voulaient pas pour rester « libres ». Aucun propriétaire ne voudra d’un pare-feu suffisamment efficace qui amputerait son domaine, donc ses profits.

  1. « Résilience » ou prévention ?

Le journaliste Khider Mesloub note le passage du discours politique de la prévention des catastrophes à celui de la résilience: au lieu de chercher à empêcher les catastrophes ou à agir sur leurs causes, les pouvoirs publics demanderaient désormais aux populations de s’adapter à leur répétition.

L’auteur oppose ainsi deux logiques. La prévention suppose que les risques peuvent être réduits par des décisions collectives, des investissements publics et une transformation des politiques d’aménagement. La résilience, telle qu’il la critique, considère davantage les catastrophes comme inévitables et privilégie la capacité des individus à y faire face.

Dans cette perspective, la résilience aurait pour conséquence de déplacer la responsabilité de l’État vers les individus : préparation aux crises, assurance, sécurisation des logements, évacuations ou reconstruction deviennent progressivement des responsabilités individuelles. La protection collective tendrait ainsi à être partiellement remplacée par des solutions privées et marchandes.

Enfin, l’article élargit la notion de résilience à une gestion permanente des crises. La pandémie de Covid-19 est présentée comme un précédent ayant habitué les populations aux restrictions, aux privations et aux situations d’exception. L’auteur établit ensuite un lien avec la militarisation croissante de la société, le réarmement et l’économie de guerre : la résilience participerait à l’accoutumance des populations à un état de crise permanent.

  1. Agir sur deux tableaux

Quelques pistes à cours terme : « s’adapter et résister », c’est le discours des gouvernants et des « réformistes » — en fait ils nous y contraignent… Cela à ses limites, une vie à 50° n’est plus possible !

Un programme d’urgence :

  • renforcer les moyens humains et matériels des pompiers ;
  • réfléchir à une évolution des peuplements forestiers…
  • gérer la question de l’eau et de la sécheresse, etc.
  • végétaliser, rafraîchir les habitations, les hôpitaux, etc.

 

Voir le livre sur « La Catastrophe environnement mondiale a commencé » qui développe un programme de lutte pour agir sur les causes économiques du dérèglement climatique et sur ses conséquences.

  • arrêt immédiat des gaz à effets de serre
  • généraliser les transports collectifs
  • énergie électrique renouvelable ; économie circulaire ;..

 

En dernier lieu, il faut repenser toute la société :  s’attaquer à la propriété privée des moyens de production et d’échange, au mode de production capitaliste.

Le socialisme révolutionnaire est la seule solution : expropriation des capitalistes, prise en main collective de toute la production par la société.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *