Polémique
Nous sommes pour la lutte idéologique positive,
car elle est l’arme qui assure l’unité
Réponse à l’article de la « Ligue communiste internationale » publié début mai 2026 sur le site internet de la « Cause du peuple »
Chères et chers camarades de la Cause du Peuple,
Il y a un mois s’est tenu votre congrès pour refonder la jeunesse Communiste en France. Avec ce congrès, vous vous organisiez ensemble dans la perspective d’un renversement révolutionnaire de l’impérialisme français. Cette tâche demande l’union de toutes les forces révolutionnaires et nous étions trop contents de vous entendre dire « Finissons-en avec les guerres de chapelle, renforçons le désir d’unité ». Dans ce sens, vous avez invité toutes les organisations révolutionnaires de bonne volonté à participer à votre congrès. L’UPML y a participé et a apprécié votre détermination et combativité !
Nous souhaitons coopérer avec vous tout en sachant que nous ne sommes pas d’accord sur tout. Les divergences ne nous empêchent pas d’agir ensemble, mais il faut en discuter le moment venu de manière prolétarienne sans perdre de vue l‘objectif commun, la lutte pour la révolution socialiste et le communisme.
Cette attitude positive ne se manifeste pas dans la déclaration du 1er mai 2026 de la Ligue communiste internationale (LCI) publiée sans commentaire le 05/05/2026 sur votre site www.causedupeuple.net
Cet article comprend des positions et informations importantes. Mais ce qu’il dit de
l’ICOR, de la Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires, dont l’UPML est membre est étonnant et inacceptable ! C‘est pourquoi nous souhaitons réagir.
L’article qualifie l’ICOR de « révisionniste » et de « cinquième colonne contre le mouvement communiste international ». « Ces messieurs ne manquent pas une occasion… attaquent violemment quiconque n’accepte pas leur « rôle de direction », ourdissant des intrigues et des complots avec des traîtres et des mouchards notoires, et cherchent l’unité avec la « maison de retraite de la charité idéologique représentée par l’ICOR. »
Des accusations lourdes sans aucune preuve ! Comportement dictatorial ? Intrigues ?? C’est de la diffamation !! Et en plus, soit les auteurs ne connaissent pas du tout l’ICOR soit ils n’ont pas peur de répandre des contre-vérités. Ce paragraphe est faux du début à la fin. L’ICOR et ses organisations membres n’ont jamais soutenu ni eu les moindres relations avec les traîtres liés à Sonu en Inde, de faux dirigeants du MCI autoproclamés comme Avakian et ont toujours été critiques vis à vis de Prachanda au Népal. Ces allégations n’ont aucun sens pour quiconque se donne la peine de découvrir l’ICOR et les organisations qui la composent dans leur diversité.
- L’ICOR est une coordination de 60 organisations (se réclamant du marxisme-léninisme) qui se sont organisées sur la base d’un consensus idéologico-politique minimal indispensable. Chaque organisation est politiquement autonome et discute d’égal à égal. L’ICOR n’a pas une ligne politique commune, mais s’unifie au fur et à mesure des débats, résolutions et activités, en théorie comme en pratique. Les objectifs de l’ICOR sont le renversement révolutionnaire de l’impérialisme, l’établissement de la dictature du prolétariat. L’ICOR s’est construite dans la lutte contre le révisionnisme, l’anarchisme, le trotskisme et l’anti-communisme (voir les statuts de l’ICOR sur la page www.icor.info).
Au sein de l’ICOR des organisations membres peuvent avoir des positions qui ne sont pas partagées par tous. Mais a) c’est l’état du mouvement communiste international. Même si nous sommes d’accord entre nous à 80 %, il y a plusieurs courants et divergences comme dans tout débat démocratique prolétarien, mais ces courants et divergences s’unifient dans une pratique commune.
- b) Vue cette situation, il est juste et très bien de se retrouver ensemble pour discuter « des 20 % » de divergences avec respect et honnêteté. Les divergences ne nous font pas peur. La polémique est nécessaire. On a fait de bonnes expériences avec une culture de débat prolétarienne critique et autocritique.
- La déclaration de la LCI martèle : « Ils (l’ICOR) sont pareils à ceux qui peuvent tenir des propos durs contre l’impérialisme mais qui ont depuis longtemps renoncé à la lutte contre la bourgeoisie impérialiste dans les pays impérialistes (ce qui inclut également leur « propre bourgeoisie »), et qui prônent à la place le social-chauvinisme et le patriotisme. »
Les organisations membres de l’ICOR ne combattraient pas l’impérialisme ? C’est ridicule ! Il suffit de jeter un coup d’œil sur seulement quelques résolutions (au sujet de l’Ukraine, de la Palestine, de l’Iran, de l’Union Européenne…), sur nos journées d’actions ou campagnes politiques pour voir le caractère infondé de ce reproche. La plupart des organisations membres ont adhéré au Front uni anti-impérialiste international contre la guerre, le fascisme et la destruction de l’environnement. Comme les autres organisations de l’ICOR, l’UPML combat le discours chauviniste du gouvernement Macron, son économie de guerre, sa politique impérialiste. Nous avons manifesté avec les jeunes communistes le 11 novembre, nous signons les mêmes appels et pétitions… Pour vous donner seulement quelques faits concernant la France. Vous trouverez d’autres activités anti-impérialistes sur les sites internet de nos camarades de l’ICOR.
Encore une fois, la LCI se vautre dans la diffamation !
On se demande, alors, pourquoi cette attaque calomnieuse et agressive dans la déclaration de la LCI ? Quel en est le motif ?
Nous ne pouvons émettre que des hypothèses car les membres de la LCI ne se sont jamais adressés directement à l’ICOR, ni à nous, l’UPML. Ils n’ont pas cherché le dialogue. Où est la lutte pour l’unité du mouvement communiste appelée de ses vœux dans le titre, « unissez-vous » ??
Est-ce que la LCI ne supporte pas le débat entre camarades, les divergences et les critiques. Dans ce cas, c’est mal parti pour l’unité des communistes. Tous les grands révolutionnaires, de Marx à Mao Zedong, se sont toujours prononcé pour le débat, la polémique, pour la lutte idéologique inévitable dans un monde en mouvement et en évolution constante dans le but de faire triompher la vérité révolutionnaire grâce à la dialectique matérialiste.
Alors de quelles divergences pourraient-il s’agir ? La déclaration soulève les accusations en lien avec la situation en Inde.
L’ICOR s’est prononcée en juin 2025 immédiatement après le meurtre brutal du camarade Basavaraj et de ses camarades et a accusé fermement les méthodes fascistes du gouvernement :
La déclaration de la LCI mentionne l’ex-dirigeant du PCI (maoiste) Sonu Bhupathi qui s’est rendu en octobre dernier pour négocier avec les représentants de l’État. Sonu est un traître révisionniste et un capitulard. Il a cédé aux méthodes sournoises, aux « bonbons sucrés » de la bourgeoisie. Personne parmi nous le défendrait ou le suivrait ! Nous ne connaissons personne à l’ICOR qui serait « partisan clandestin des idées de Sonu », comme l’affirme la déclaration de la LCI.
L’ICOR, jusqu’ici ne s’est pas prononcée davantage sur la lutte de libération en Inde, mais a été solidaire du PCI (maoïste) contre l’opération Kagaar (déclaration du 04/06/25 : https://www.icor.info/fr/fr/2025/nous-demandons-justice-pour-le-meurtre-du-camarade-basavaraj-et-de-27-maoistes-en-inde). Cependant, en tant qu’UPML et membre de l’ICOR, nous pensons que certaines questions concernant la révolution en Inde mériteraient débat.
La déclaration dit à juste titre : « Dans les pays impérialistes, il faut combattre les impérialistes dans leurs propres bastions, une lutte qui doit être menée de manière indissociable du mouvement de libération nationale des colonies et semi-colonies, par le biais de la Révolution Socialiste ».
Quelle lutte alors en Inde ? (Encore une fois, nous ne parlons pas pour l’ICOR mais pour nous-mêmes, l’UPML!) Il y a certainement des régions encore marquées principalement par le féodalisme et le semi-féodalisme où une lutte populaire armée prolongée pourrait être juste. Mais est-ce vrai pour toutes les régions de l’Inde ?
Peut-on fermer les yeux devant les changements profonds et globaux de l’économie et de la superstructure indiennes ? L’Inde serait-elle encore un pays dans son essence néo-colonial et semi-féodal ? L’Inde fait partie des BRICS. Et ce sont tous des pays néo-impérialistes même si l’histoire de leur développement est particulière ! Cela veut dire que le capitalisme marque la société indienne et qu’il a même entamé largement un stade impérialiste. Peut-on nier que des millions de paysans ont dû quitter leurs terres, qu’avec eux des artisans et commerçants ont dû migrer vers les grandes agglomérations, dans les villes et les bidonvilles, que beaucoup d’entre eux se retrouvent prolétaires industriels dans les multinationales indiennes ?
Dans ce cas, il est unilatéral voire faux de se concentrer principalement sur un travail à la campagne pour conquérir les villes. Dans ce cas, le prolétariat, ennemi principal directement opposé au capital financier, est à conquérir et à organiser par les communistes pour renverser l’impérialisme indien.
La dite déclaration de la LCI parle d’un appareil d’État en Inde, militarisé et hautement organisé. La guerre populaire prolongée dans certaines régions doit être liée étroitement à la stratégie de l’insurrection armée dans les centres impérialistes du pays. Une stratégie et tactique ignorant cela, sous estiment le rôle stratégique de la classe ouvrière mondiale, son ascension avec le développement du capitalisme et son rôle stratégique dans la révolution et dans la construction du socialisme.
Avec une stratégie et tactique ignorant cela, l’échec de la révolution est programmé. Et il est vrai qu’aujourd’hui les nouvelles qui nous viennent de la révolution en Inde ne sont pas aussi positives que l’affirme la déclaration.
Camarades de la Cause du Peuple, nous vivons des changements profonds dans le monde. Toutes ces questions mériteraient études et débats sérieux. Il ne faut pas perdre de temps avec des accusations infondées et hostiles. Il y a urgence pour le mouvement communiste de vaincre le système impérialiste mondial et ses forces destructrices. Nous sommes désolés d’être obligés de nous trouver en face de contre vérités, qui attaquent nos organisations.
Camarades, vous tenez à l’unité du mouvement communiste, à son renforcement, à son progrès. Tenons-nous fermement à ce qui nous unit et débattons de manière franche et honnête de nos divergences et de nos tâches.
Nous souhaitons des relations fraternelles.
L’ICOR est une coordination dynamique, sérieuse et qui suscite du respect pour ses progrès au niveau international. L’ICOR dans son fonctionnement n’a jamais refusé le débat. Nous sommes pour la confrontation des différentes positions tant que le débat prolétarien respecte la coopération et l’autonomie de chaque organisation avec sa propre ligne et sur la base de statuts communs.
Nous espérons que vous allez vous positionner par rapport aux fausses accusations envers l’ICOR. Nous souhaiterions aussi que la LCI revienne sur ses accusations mensongères et pratique à l’avenir une culture de débat sérieuse qui seule convient à des révolutionnaires.
« Nous sommes pour la lutte idéologique positive, car elle est l’arme qui assure l’unité à l’intérieur du Parti et des groupements révolutionnaires dans l’intérêt de notre combat. Tout communiste et révolutionnaire doit prendre cette arme en main. » (Mao Zedong, 1937, Contre le libéralisme)
Pour l’UPML, le 18/05/2026
Union Prolétarienne marxiste-léniniste
Site : www.upml.org email : contact-upml@riseup.net
