Tchernobyl : mensonge d’État… ou faillite d’un État déjà embourgeoisé ?
Présenter Union soviétique de 1986 comme un État socialiste relève de la falsification historique. Depuis des décennies (depuis le rapport Khrouchtchev en 1954), une restauration progressive des rapports bourgeois était à l’œuvre : primat des carrières individuelles, bureaucratisation, privatisation industrielle, séparation croissante entre dirigeants et dirigés.
Tchernobyl n’est pas un “échec du socialisme”. C’est au contraire la catastrophe qui a été un des symptômes de sa liquidation.
Le fameux test qui a mal tourné n’est pas tombé du ciel. Il s’inscrit dans une logique bien connue : pression hiérarchique, course aux indicateurs, recherche de promotion personnelle. Des cadres techniques prêts à prendre des risques pour gravir les échelons — voilà un comportement typiquement individualiste et bourgeois, étranger à une éthique socialiste authentique fondée sur la responsabilité collective.
Autrement dit : ce n’est pas “trop de communisme” qui a produit Tchernobyl, mais déjà trop peu.
