23 juillet 2026

Conférence mondiale des femmes de la Base (World Women’s Conference – WWC) exprime leur solidarité et soutien à nos camarades détenues à la prison pour femmes de Bakırköy, à Istanbul.

Les coordinatrices européennes de la Conférence mondiale des femmes de la Base (World Women’s Conference – WWC) expriment leur solidarité totale et leur soutien indéfectible à nos camarades actuellement détenues à la prison pour femmes de Bakırköy, à Istanbul.
Dans leur lettre du 22 juin 2026, nos camarades témoignent de leur arrestation intervenue avant le sommet de l’OTAN en Turquie. Après quatre jours de garde à vue, elles ont été placées en détention provisoire et transférées à la prison pour femmes de Bakırköy.
À travers leur témoignage, elles dénoncent la criminalisation de leur engagement au sein du mouvement des femmes. Leur participation aux mobilisations du 8 mars, du 25 novembre, aux manifestations, aux prises de parole publiques, aux interviews et à leurs activités militantes est aujourd’hui utilisée comme un prétexte pour les poursuivre. Leur engagement pour les droits des femmes, contre les violences et les injustices, est transformé en accusation.
Parmi les femmes emprisonnées figurent notre camarade Songül Yücel, coordinatrice continentale pour le Moyen-Orient de la Conférence mondiale des femmes, ainsi que Delal Erol, Sena Şat, Ezgi Yergin, Çiğdem Yıldırım et Merve Yeşilova. Elles partagent également leur détention avec Beycan Taşkıran, emprisonnée depuis plusieurs mois, et İpek Bozkurt, militante de la Commission des femmes ouvrières et travailleuses.
Leur lettre n’est pas un message de résignation. C’est un message de courage, de résistance et de confiance dans la solidarité internationale des femmes. Malgré l’emprisonnement, elles nous écrivent que leur santé et leur moral sont bons, qu’elles poursuivent leur engagement et qu’elles continuent à faire vivre la lutte derrière les murs de la prison.
Elles nous rappellent une vérité essentielle : aucune répression ne pourra arrêter la volonté des femmes qui se battent pour leurs droits, leur dignité et leur liberté.
Les coordinatrices européennes de la Conférence mondiale des femmes de la Base condamnent avec la plus grande fermeté la répression exercée contre les militantes féministes et les défenseures des droits démocratiques. Criminaliser les mobilisations des femmes, leur liberté d’expression et leur engagement social et politique constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales.
Nous affirmons notre soutien total à Songül Yücel, Delal Erol, Sena Şat, Ezgi Yergin, Çiğdem Yıldırım, Merve Yeşilova, Beycan Taşkıran et İpek Bozkurt, ainsi qu’à toutes les femmes emprisonnées pour leur engagement.
Face à cette répression, nous exigeons :
 la libération immédiate de Songül Yücel, Delal Erol, Sena Şat, Ezgi Yergin, Çiğdem Yıldırım, Merve Yeşilova, Beycan Taşkıran, İpek Bozkurt et de toutes les femmes détenues en raison de leur engagement politique et féministe ;
 l’arrêt des poursuites visant à criminaliser les mobilisations des femmes, leurs organisations et l’exercice des libertés démocratiques ;
 le respect des droits fondamentaux des prisonnières, de leur intégrité physique et morale, ainsi que de leur droit à communiquer avec leurs proches et leurs avocats ;
 la fin de la répression contre les militantes féministes, les organisations de femmes et toutes celles qui luttent pour l’égalité, la justice sociale et les droits démocratiques.
Nous appelons les organisations de femmes, les syndicats, les mouvements populaires, les organisations démocratiques et toutes les personnes attachées aux libertés à :
 diffuser largement la lettre de nos camarades ;
 organiser des initiatives, rassemblements et actions de solidarité ;
 interpeller les autorités turques et les instances internationales afin que cessent les poursuites contre les militantes du mouvement des femmes ;
 renforcer une solidarité internationale active jusqu’à leur libération.
Les paroles de nos camarades franchissent les murs de la prison :
« Nous abattrons les murs, nous briserons les barreaux et nous nous retrouverons à nouveau dans des jours de liberté. »
À nos camarades, nous répondons :
Vous n’êtes pas seules. Votre combat est le nôtre. Votre résistance renforce notre détermination à poursuivre la lutte pour les droits des femmes, la liberté et la justice.
Aucune prison ne pourra emprisonner la solidarité internationale des femmes.
Liberté pour nos camarades !
Les coordinatrices européennes de France et l’Allemagne de la Conférence mondiale des femmes de la Base
(World Women’s Conference – WWC)

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