Quelques notes sur le Café militant « Austérité et militarisation »du 3 juillet 2026
Rappel: nous avons participé à la rédaction d’une pétition en début d’année. Il nous a fallu faire des compromis — ce qui est tout à fait normal lorsque l’on veut construire l’unité la plus large possible. La cible était clair : la dénonciation de la guerre impérialiste et de
« l’économie de guerre de Macron ».
(Voir le lien suivant : https://upml.org/2026/02/petition-non-a-l…se-aux-armements/
Pour signer cette pétition et la faire tourner : https://www.mesopinions.com/petition/politique/a-l-economie-guerre-a-militarisation/276092
Austérité et militarisation
En France on compte 147 milliardaires en 2024 contre 67 en 2014 – le nombre a plus que doublé en 10 ans ! Seules 4,8 millions de personnes vivent au dessus du « seuil de richesse », elles représentent 7,5 % de la population. Le reste glisse vers le bas.
La pauvreté augmente constamment , les inégalités ne cessent de s’accentuer. Les ménages les plus modestes sont les plus touchés par la crise du logement. En France, quatre habitants sur 10 ne partent pas en vacances. (voir sur tout ces sujets le « Rapport sur les riches en France, édition 2026 » qui vient de paraître à lire d’un esprit critique) ; les liens : Revenus Modes de vie Niveaux de vie Riches Patrimoine )
Dans l’actualité on comprend aussi que les populations à faibles revenus ont du mal à réguler la température de leurs habitations. Les inégalités existent aussi face au climat que ce soit la canicule ou le froid intense – et nous n’en sommes qu’au début du réchauffement climatique qui menace la santé et la vie.
Pourquoi une telle situation ?
La pauvreté n’est pas un phénomène social naturel, ni une fatalité, ni un accident isolé, c’est le produit du mode production capitaliste.
C’est un ordre social où une minorité possède les moyens de production et où la majorité n’a pour vivre que sa force de travail à vendre. Au cœur du système se trouve l’exploitation par l’extraction de la plus-value : aux travailleurs le salaire, le reste au capital.
La concurrence entre capitalistes les poussent à réduire les coûts, à comprimer les salaires, à prolonger le temps de travail et à l’intensifier.
Quand un produit se fait rare, les capitalistes augmentent les prix, comme actuellement pour le pétrole et le gaz en argumentant sur la guerre au Moyen Orient. Ainsi ils font des profits spéculatifs énormes.
Quand les marchandises ne trouvent pas preneurs les capitalistes ferment et/ou délocalisent les usines et jettent les travailleurs dans la misère. Nous vivons dans un système d’exploitation des travailleurs ; eux seuls créent les richesses à partir des produits de la nature.
Le Rôle de l’État et de ses représentants actuels au gouvernement
L’État, dans cette perspective n’est pas neutre au contraire. Il garantit la propriété privé et donne aux capitaliste les moyens légaux pour avoir le contrôle sur le travail et les travailleurs. De nouvelles lois sur le travail ( selon le genre, l’origine, le statuts migratoire et les quartiers populaires,… ) augmente la précarité.
Les politiques sociales soit disant menés jusqu’à aujourd’hui ne sont que de la poudre au yeux et tendent à gérer la pauvreté sans aucune volonté de l’effacer.
La course à l’armement prépare des guerres impérialistes, pour les matières premières et des marchés, contre des concurrents. Les milliards prévues pour l’armement renforcent l’austérité. Le budget de la défense atteint des sommes astronomique au dépens des budgets alloués à la santé , l’éducation et l’environnement. En définitif l’état assure la pérennisation du capitalisme.
Militarisation ?
Il ne faut pas réduire cette « militarisation » à la seule augmentation des dépenses militaires ; c’est un processus plus large donnant au militaire une place croissante dans la vie sociale, politique, économique et culturelle.
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Militarisation des politiques publiques : augmentation (tous les ans plusieurs milliards s’ajoutent) des budgets de la défense : réarmement, industrie de l’armement et préparation à des conflits de longue durée : nouveau porte-avion, développement de drones, cybersécurité, satellites de surveillance; reconnaissance faciale,… Recensement des citoyens de 18 à 50 ans…
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Militarisation du discours politique : les dirigeants, les idéologues, les journalistes… parlent de « menace », de « préparation à la guerre », de « résilience », d’« économie de guerre » ou de « souveraineté stratégique ».
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Militarisation économique : « économie de guerre » pour désigner l’adaptation de l’industrie à la défense qui deviennent des secteurs prioritaires, les États poussent les entreprises à adapter leur production aux besoins militaires : par exemple à Renault (protestations de syndicalistes).
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Militarisation culturelle : valorisation de l’armée, multiplication des cérémonies patriotiques (« aux grands hommes »), campagnes de recrutement, présence accrue des militaires dans l’espace public et les médias (les télés donnent de plus en plus la paroles à des militaires en retraite ou actif.)
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Militarisation de l’éducation et de la jeunesse : préparation des jeunes : journée de défense et citoyenneté, SNU, classe de défense et sécurité, des proposition de lois nouvelles pour renforcer l’enseignement de la défense dès la 6ème, il s’agirait de faire comprendre la missions des armées, la souveraineté, la « résilience », la place du citoyen dans la défense,…
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Militarisation de la sécurité intérieure : emploi plus fréquent de matériels, de doctrines (lors de manif, la police use d’expressions guerrières : on nasse des manifestants, logistique, scénarios de crise, etc…) ou tout simplement on utilise l’armée pour le maintien de l’ordre. Renforcement du rôle des préfets : centralisation croissante des pouvoirs ; les « états d’alerte » ou « d’exceptions » sont de plus en plus fréquents. Le Parlement a définitivement adopté, le 1er juillet, la Loi d’actualisation de la Loi de Programmation militaire: +36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, soit 436 milliards en 5 ans !
Un article de la Loi crée un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale », régime exceptionnel pouvant être décrété « en cas de menace grave et actuelle »
On marche vers le militarisme qui valoriserait la guerre et l’institution militaire comme dominante dans la société.
On peut observer, dans de nombreux pays, une extension durable de logiques militaires vers des domaines auparavant civils.
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Technologies civiles : des technologies développées à des fins militaires, les innovations civiles sont de plus en plus intégrées aux capacités militaires : on parle souvent de technologies « duales ».
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Recherche scientifique : les financements liés à la défense se développent dans certains secteurs (IA, robotique, informatique quantique, espace, biotechnologies), orientant une partie de la recherche vers des objectifs stratégiques.
On peut parler d’une continuité sécurité-défense, entre sphères civiles et militaires autour des questions de cybersécurité, de protection des infrastructures, d’intelligence artificielle et de résilience nationale.
En conclusion :
Ce n’est pas une « mauvaise politique d’un mauvais gouvernement », c’est l’expression des transformations du capitalisme monopoliste en période de crise : concurrence entre grandes puissances, les rivalités pour les ressources, pour les marchés. D’où le développement d’un complexe militaro-industriel croissant.
La nécessaire activité des communistes révolutionnaires
* Face à ce système, les communistes révolutionnaires revendiquent et lutte pour des mesures d’urgence :
– hausse des salaires
– défense de l’emploi et de l’apprentissage
– réduction du temps de travail ; baisse de l’âge de la retraite
– construction suffisamment de logements sociaux
– contre la dégradation de l’environnement
– et bien sûr: Non à la militarisation : pas une femme, pas un homme pour leurs guerres impérialistes.
* La perspective communiste révolutionnaire avance des alternatives :
-la première est la socialisation des moyens de productions et que les grandes unités économiques appartiennent collectivement à celles et ceux qui y travaillent et à la société .
– La seconde est la planification démocratique orienté vers la satisfaction des besoins humains ( logement, alimentation, énergie, santé, éducation…etc ) plutôt que vers le profit.
S’y ajoutent des garanties universelles tels que le droit effectif au logement, à l’emploi où à un revenu décent et des services publics assurés et gratuit .
L’objectif n’est seulement d’abolir la pauvreté mais d’abolir aussi la dépendance aux marchés pour satisfaire les besoins fondamentaux.
Nos débats autour de appauvrissement mais augmentation du budget militaire
L’appauvrissement se fait de différentes manières : par l’augmentation des prix, par la non indexation des salaires, des pensions, d’où un recule du pouvoir d’achat, etc ; mais aussi par de moins en moins de remboursement de la sécu, des tickets de transports, etc. La conscience et la colère sont forte sur ces questions.
Le mécontentement est général – mais on ne peut pas compter sur le fait que cela aille toujours dans le bon sens, comme le pensait d’abord un jeune. La colère peut se tromper d’adversaire et aboutir au vote pour le RN.
Il faut pousser vers une rupture d’avec le capitalisme. Il faut connaître le vrai ennemi. «il est vrai que « la période pousse à choisir son camps », mais lequel ? Il ne faut pas sous estimer la confusion dans une actualité complexe et l’influence des masse médias – par exemple que le soutien à l’Ukraine servirait à la défense contre la Russie ou que la guerre en IRAN peut apporter la démocratie à la population qui souffre sous la dictature.
C’est la que commence le travail de prise de conscience, de politisation nécessaire par les communistes militants. La propagande écrite et orale est très importantes encore faut-il l’organisation collective et reconstruire le Parti révolutionnaire. Il faut voir que beaucoup d’organisations populaires culturelles, de solidarité, politiques et de jeunes ont disparues.
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