29 juin 2026
canicules mondiales

Climat : La catastrophe en cours…

Climat : 38, 39, 40° et plus

La catastrophe en cours…

Si tous les faits que la revue Reporterre rapportent régulièrement pouvaient mobiliser les consciences, faire que celles-ci entre en lutte contre les causes de la catastrophe environnementale mondiale nous serions satisfaits.

Reporterre écrivait récemment (extraits):

« Vagues de chaleur marines en hausse, fonte du budget carbone… Ces indicateurs qui explosent témoignent du rythme sans précédent atteint par le réchauffement planétaire, estiment 73 chercheurs dans un rapport publié le 11 juin.

Le changement climatique s’aggrave, cette aggravation s’accélère et le réchauffement atteint un rythme sans précédent. La température planétaire monte au rythme d’environ 0,27 °C par décennie. À comparer à la moyenne de 0,18 °C par décennie mesurée sur cinquante ans. Au total, le climat de la Terre, mesuré sur la moyenne des dix dernières années, a atteint +1,26 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

C’est le constat dressé par un consortium international de 73 chercheurs, issus de 56 instituts dans 17 pays, dans leur rapport annuel sur les Indicateurs du changement climatique planétaire (IGCC — Indicators of Global Climate Change). » « Et leurs conclusions alarmantes ne sont malheureusement pas surprenantes puisque les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont, elles aussi, continué à augmenter. »

Des indicateurs clefs

« Premier de ces indicateurs : le « budget carbone » fond comme neige au soleil. Ce « budget » correspond à la quantité de gaz à effet de serre maximum que l’on peut encore émettre dans l’atmosphère tout en conservant 50 % de chance de limiter le réchauffement à 1,5 °C. »

« D’autres indicateurs clés mesurent les conséquences de ces émissions. C’est le cas de l’élévation du niveau des mers, qui ne cesse de s’accentuer. En 2025, cette élévation atteint presque les 23 cm par rapport au niveau de 1901, contre à peine 20,2 cm en 2018. Le niveau continuera de monter inexorablement et de plus en plus vite. Sur la période 2006-2025, le rythme atteignait la vitesse moyenne inédite de 3,7 mm par an. »

« Ces canicules marines ont des effets dévastateurs sur la biodiversité et perturbent tout l’écosystème marin. Avec par exemple comme autre effet délétère, une possible baisse de la capacité de l’océan à capter le CO2. »

L’accélération du réchauffement en question

Ces indicateurs qui explosent les compteurs témoignent de la récente accélération du réchauffement planétaire. Sur les cinq dernières années, la hausse a été de 0,17 °C… ce qui est encore plus rapide que le rythme, déjà record, de 0,27 °C par décennie. L’année 2024 avait en particulier battu tous les records en devenant la première de l’histoire à dépasser le niveau de 1,5 °C. L’année 2025 se situe quant à elle à environ +1,39 °C, d’après les chercheurs de l’IGCC.

Les auteurs sont toutefois extrêmement prudents quant aux conséquences à tirer de cette accélération très récente : ces nouveaux records de chaleur sont incontestablement en partie dus à la hausse des gaz à effet de serre, ainsi qu’à la diminution des émissions de certains aérosols polluants, dont l’effet refroidissant masquait une partie du réchauffement. Mais la variabilité naturelle du climat peut aussi jouer un rôle et il est impossible de dégager une tendance climatique de long terme à partir d’une dynamique observée sur à peine quelques années. »

Ceci étant dit la « tendance générale » est à la catastrophe, voir notre livre à la fin de cet article. (Remarque de la rédaction du site).

Déséquilibre énergétique ?

« … l’accumulation d’énergie, et donc de chaleur, se fait à un rythme sans précédent sur Terre. C’est la conséquence des perturbations humaines du climat (gaz à effet de serre, aérosols, déforestation, etc.) ainsi que de la réponse du climat à ces perturbations (fonte des surfaces glacées qui réfléchissent le rayonnement solaire, modification de la couverture nuageuse, etc.).

Lire aussi Reporterre du 30 mai 26 : « Les scientifiques avaient beau savoir que ça arriverait, on est sur quelque chose de stupéfiant »

La grande question, qui fait l’objet de beaucoup de débats parmi les climatologues, c’est à quel point ce déséquilibre énergétique peut s’accentuer et dépasser ce qu’anticipaient les modèles climatiques. La crainte étant que cela puisse être un signe précurseur d’un réchauffement plus intense que prévu.

« Ce déséquilibre énergétique commence à être à la limite de ce qu’on avait imaginé et de ce qui était simulé. Ce n’est pas encore une source d’inquiétude mais un élément de vigilance. L’évolution des températures reste, elle, parfaitement cohérente avec nos modèles », assure Aurélien Ribes, chercheur au Centre national de recherches météorologiques et coauteur du rapport IGCC.

La seule certitude absolue, c’est l’urgence de sortir des énergies fossiles et de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Chaque dixième de degré de réchauffement évité limitant d’autant les catastrophes de l’atrocité climatique en cours. » (Ce sont là des extraits de l’article de Reporterre que vous pouvez lire en totalité sur leur site)

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Notre point de vue matérialiste et dialectique

 

Le texte de Reporterre présente correctement les manifestations physiques du changement climatique, mais il laisse largement de côté la question centrale celle du mode production, celle des rapports sociaux qui produisent cette crise. L’analyse ne devrait pas s’arrêter aux phénomènes apparents, aux constats quotidiens, mais chercher à identifier les causes profondes économiques, sociales et politiques.

Le réchauffement climatique n’est pas simplement le résultat générale des « activités humaines », souvent utilisée comme explication. Ainsi, on met sur le même plan l’ensemble de l’humanité alors que les responsabilités sont inégalement réparties entre classes sociales, entre pays… La crise climatique apparaît avant tout comme une conséquence du mode de production capitaliste, fondé sur la recherche du profit privé, l’accumulation permanente du capital et l’expansion incessante de la production.

Dans cette perspective, les grandes entreprises des secteurs pétrolier, gazier, minier, automobile, chimique ou financier continuent d’investir massivement dans les énergies fossiles parce que celles-ci demeurent les plus rentables à court terme. Les États des principales puissances capitalistes protègent souvent ces intérêts économiques, même lorsqu’ils reconnaissent officiellement l’urgence climatique. Le problème n’est donc pas seulement l’existence des énergies fossiles, mais le fait que leur exploitation est commandée par la logique du profit plutôt que par les besoins sociaux et les équilibres écologiques.

Le texte souligne que le budget carbone se réduit rapidement et qu’il devient difficile de maintenir le réchauffement sous 1,5 °C. C’est la démonstration des limites des politiques environnementales libérales. Malgré des décennies de sommets internationaux, de marchés capitalistes du carbone et d’engagements volontaires, les émissions mondiales continuent d’augmenter. Cela témoigne de l’incapacité du capitalisme à planifier la production à l’échelle mondiale.

Les analyses scientifiques mettent en avant la dimension internationale de la crise écologique. Les pays capitalistes développés ont construit leur richesse historique grâce à une industrialisation fortement émettrice de carbone, tandis que les conséquences les plus graves du réchauffement frappent souvent les pays les plus pauvres : sécheresses, inondations, insécurité alimentaire, déplacements de populations. La question climatique est ainsi liée aux rapports de domination entre impérialistes et nations dominées.

La solution ne réside pas principalement dans les changements individuels de comportement ni dans les ajustements du marché, mais dans une transformation profonde des rapports de production. Cela impliquerait une socialisation des grands moyens de production énergétiques et industriels, une planification démocratique de la transition écologique, le développement massif des transports collectifs, la réduction des productions inutiles ou nuisibles et une coopération internationale fondée sur les besoins des peuples plutôt que sur la concurrence économique.

Enfin, là où le texte conclut sur « l’urgence de sortir des énergies fossiles », une analyse matérialiste-dialectique ajouterait que cette sortie est difficilement réalisable tant que les secteurs clés de l’économie demeurent soumis aux impératifs de rentabilité et de concurrence du capital. La crise climatique apparaît alors non comme une simple « crise environnementale », mais comme l’une des contradictions majeures du capitalisme contemporain, révélant l’opposition croissante entre les besoins de l’humanité et la logique de l’accumulation du capital.

Allons plus loin…

On ne peut expliquer le changement climatique par des causes purement techniques ou morales. Il faut rechercher les causes réelles des phénomènes dans les conditions matérielles de production et de reproduction de la société.

Et mettre en avant la contradiction essentielle entre le développement des forces productives sous le capitalisme qui entre en conflit avec les conditions naturelles nécessaires à la vie humaine. La recherche illimitée de l’accumulation du capital se heurte aux limites physiques des écosystèmes.

Ainsi, la crise écologique peut être comprise comme le résultat de plusieurs contradictions imbriquées :

  • entre la production socialisée à l’échelle mondiale et l’appropriation privée des richesses ;
  • entre les capacités technologiques de l’humanité et leur usage subordonné au profit ;
  • entre le caractère mondial des problèmes écologiques et le cadre national des États ;
  • entre les besoins de long terme de l’humanité et les exigences immédiates de la concurrence capitaliste.

L’analyse dialectique insiste également sur le fait que ces contradictions produisent à la fois destruction et transformation. Le développement capitaliste a créé les moyens scientifiques, techniques et productifs permettant théoriquement une transition écologique rapide ; mais ces mêmes moyens sont entravés par les rapports de propriété existants.

Toutefois, comment articuler planification économique, développement des forces productives et préservation des équilibres écologiques ? Un changement de propriété suffira-t-il à résoudre les contradictions citées plus haut.

Nature et société : une relation dialectique

Le matérialisme dialectique considère l’être humain comme faisant partie de la nature tout en la transformant par son travail.

Dans cette perspective, la crise climatique n’est pas seulement une crise environnementale ; elle est une rupture ce que Karl Marx et plus tard John Bellamy Foster, ont appelé le « métabolisme » entre la société humaine et la nature. La production humaine doit prélever des ressources naturelles et rejeter des déchets. La question n’est donc pas de supprimer cette interaction, mais de la rendre rationnelle et soutenable dans une autre logique.

Conclusion

La crise climatique ne peut être comprise indépendamment du mode de production capitaliste et des rapports de classe, la crise résulte d’un ensemble de contradictions historiques concrètes. Les solutions exigent non seulement une transformation des rapports de propriété, mais aussi une réorganisation consciente du rapport entre société et nature. Les forces productives créées par le capitalisme contiennent à la fois les causes de la crise et les moyens potentiels de son dépassement.

Ainsi, la question climatique apparaît comme une expression particulière d’une contradiction plus générale qui oppose le développement social de l’humanité aux rapports sociaux dominants. Il devient donc absolument nécessaire de les briser, d’abolir l’État capitaliste. La Révolution socialiste  devient, là aussi, un enjeu de survie.

Dans l’immédiat il faut des mesures d’urgence et de protection contre la catastrophe mondiale, nous vous invitons à les lire et relire en page 479 (une vingtaine de pages) du volume complémentaire du livre « La catastrophe environnementale mondiale a commencé ».

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