Ceuta – Un appel à la solidarité internationale des travailleurs contre l’incitation à la haine et à la division
Coordinateur Européen Jeroen Toussaint, août 2026
Les gouvernements impérialistes de l’UE qualifient l’exode des Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta de « signal d’alarme » justifiant une militarisation accrue de leurs frontières extérieures, comme si les réfugiés étaient les ennemis des travailleurs et des masses populaires. Ce « signal d’alarme » ne fait qu’attiser le chauvinisme et la peur ; il vise à diviser les masses laborieuses à l’échelle internationale. Les lois en vigueur sont déjà une honte, car elles ciblent les personnes fuyant la guerre, la pauvreté, les catastrophes climatiques et l’oppression.
Le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile est entré en vigueur le 12 juin 2026. Il prévoit des contrôles plus stricts aux frontières extérieures et des procédures d’asile plus courtes. L’objectif de ce pacte est inhumain. En pratique, il conduit à des expulsions plus rapides et au rejet effectif du droit d’asile. Parallèlement, les refoulements illégaux et violents se multiplient : des personnes sont renvoyées ou expulsées contre leur gré, ou – souvent par la force, par Frontex – emprisonnées dans des camps. Les procédures d’asile sont raccourcies et durcies. Les réfugiés et leurs avocats n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une assistance juridique et disposent de moins de temps pour exposer leur situation. Le pacte autorise la détention de réfugiés, y compris d’enfants, pendant l’examen de leur demande d’asile. Emprisonner des personnes contraintes de fuir la guerre, la violence, la pauvreté et les catastrophes environnementales est scandaleux. ICOR-Europe défend au contraire le droit d’asile, dans une perspective antifasciste, comme ICOR l’a affirmé à maintes reprises dans ses résolutions.
Les événements de Ceuta sont particulièrement effroyables car le système d’asile européen tout entier a une fois de plus engendré des accidents mortels : le 31 juillet, une centaine de personnes sont mortes aux frontières de l’Europe. Le ministre néerlandais chargé de l’asile, Van der Brink (Parti démocrate-chrétien), a imputé ces décès aux trafiquants d’êtres humains, mais la cause profonde réside dans le système mondial hostile et impérialiste dont il est lui-même un représentant.
Nous devons combattre ces gouvernements réactionnaires et leurs sbires fascistes qui exploitent les espoirs de 70 000 personnes en une vie meilleure pour inciter à la haine contre les réfugiés. Ils veulent se servir de cette occasion pour contraindre le gouvernement espagnol, qui défend certaines positions progressistes, à changer de cap.
Aucune mesure répressive, pas même le pacte européen, ne peut empêcher les gens de fuir la guerre et la misère pour aspirer à une vie meilleure. Si les contrôles aux frontières en Europe sont encore renforcés, davantage de personnes se noieront en Méditerranée ou seront contraintes de subir une existence cruelle dans des institutions assimilables à des camps de concentration. Mais tant que les économies axées sur le profit prévaudront et que les impérialistes veilleront à rendre la vie toujours plus difficile, voire impossible, dans des régions toujours plus vastes du monde, les exodes se poursuivront.
La classe dirigeante et ses gouvernements en Europe font tout leur possible pour semer la peur parmi les populations, la peur de perdre leurs acquis. Mais ce sont les monopoles capitalistes qui incitent leurs gouvernements à s’attaquer aux acquis de la classe ouvrière. ICOR doit plaider pour l’unité de la classe ouvrière et s’opposer à la division que les racistes et les fascistes cherchent à créer pour détourner l’attention de la lutte. Car lorsqu’on met au jour les racines des idées racistes, on ne découvre pas une prétendu nature humaine innée comme l’intolérance, mais le grand capital dans toute sa laideur. Le capital veut continuer à s’enrichir sans être inquiété. Il s’enrichit grâce au travail des ouvriers en Europe et au pillage des autres pays. Le grand capital ne peut agir ainsi sans être inquiété qu’en dressant la population ouvrière, quelle que soit sa nationalité, les unes contre les autres.
Par conséquent, nous devons consciemment considérer et organiser la lutte commune pour les intérêts des travailleurs et des ouvriers comme une lutte internationale.
On ne peut convaincre les gens uniquement avec des chiffres, mais ils sont éloquents : selon le HCR, par exemple, on comptait 262 974 réfugiés aux Pays-Bas le 1er janvier 2026. Les Pays-Bas ont une population de 18,2 millions d’habitants. Le nombre de réfugiés représente moins de 0,015 % de la population. À l’échelle mondiale, environ 117 millions de personnes seront contraintes de fuir leur foyer en 2025, dont environ 68 millions devront rester dans leur pays d’origine.
ICOR-Europe défend le droit d’asile, comme elle l’a toujours fait. À mon sens, il est nécessaire de s’attaquer plus fermement aux politiques diviseuses et chauvines des partis politiques établis et promouvoir la lutte commune avec les migrants et les réfugiés comme une cause internationale positive.
Aux Pays-Bas, Rode Morgen, dont je suis membre, a pour devise : « Plus personne ne devrait avoir à fuir, mais chacun doit être le bienvenu partout. » Cette devise est tournée vers l’avenir, vers la société sans classes à laquelle nous aspirons. Pour cela, nous avons besoin d’une transformation sociale révolutionnaire. Une révolution socialiste internationale qui mette fin à l’impérialisme et aux guerres injustes. Une révolution qui élimine la famine et la destruction de l’environnement dans le monde entier.
Renforçons donc ICOR !
