(et pas qu’en France, voir l’article sur la lutte des travailleurs de l’automobile en Allemagne)
La rentrée 2026 est marquée par une multiplication des mobilisations sociales. Cette succession de mobilisations n’est pas une simple juxtaposition de conflits professionnels. Elle manifeste un « ras-le-bol général » qui commence à toucher des catégories sociales différentes.
Une colère sociale qui se généralise
Les travailleurs de secteurs différents, ouvriers, enseignants, agriculteurs, pêcheurs, pompiers et fonctionnaires sont confrontés à des problèmes différents — sans parler des étudiants et les gilets jaunes qui s’y mettent. Le point commun c’est la résistance à la dégradation des conditions matérielles d’existence et de travail, notamment à travers la hausse des prix, les licenciements, la précarité, les budgets d’austérité… L’exemple des pêcheurs est particulièrement significatif : leur mobilisation est directement liée à l’augmentation du prix de l’énergie, qui menace leurs conditions d’activité.
Les revendications particulières peuvent donc devenir le point de départ d’une compréhension plus générale des rapports sociaux. Le pompier, le pêcheur, l’enseignant, l’électricien, le salarié de la santé ou le fonctionnaire ne connaissent pas exactement la même situation, mais leurs luttes peuvent converger lorsqu’ils comprennent leurs intérêts communs face aux politiques économiques et sociales des gouvernants. Leurs intérêts communs : répondre à l’exploitation capitaliste renforcées et soutenue par la politique d’austérité de l’État.
Du mouvement dispersé à la convergence
La volonté de convergence existe déjà dans beaucoup d’esprits « en bas » (ce qui crée un vent de panique à droite et dans la gauche réformiste), mais elle n’est pas suffisamment portée « en haut » par les organisations syndicales.
La dynamique sociale n’est pas nécessairement créée par les directions syndicales, mais elle pourrait émerger directement des travailleurs et des catégories mobilisées. Les mobilisations de la fin septembre, les actions contre la catastrophe climatique, les mobilisations des pompiers et la marche nationale du 29 septembre doivent converger et s’auto-organiser vers un mouvement général ; vers « un tous ensemble » !
La grève, instrument du rapport de forces
Blocages, occupations d’entreprises, grèves, manifestations, toutes des actions capables de perturber le fonctionnement « normal » de l’économie et des institutions. Le rapport de forces entre les classes ne se réduit pas au débat électoral ou parlementaire. Les travailleurs disposent eux-mêmes d’un pouvoir collectif énorme. Ce sont eux qui font « tourner la société », créent toutes les richesses.
La mobilisation des pêcheurs, et leurs organisations qui bloquent les ports, constitue un exemple de cette capacité à exercer une pression collective. De même, l’occupation de la place de la République par les pompiers et la journée de grève de la fonction publique doivent être des moyens de faire monter la pression, de renforcer les oppositions de lutte (dans ou hors des syndicats) et leurs organisations autonomes.
Conscience, organisation, coordination
La volonté du « tous ensemble » existe à la base mais elle ne se retrouve pas au niveau des directions syndicales. L’existence d’une colère sociale ne suffit pas encore faut-il qu’elle soit organisée, coordonnée et orientée consciemment vers des objectifs communs. Cette absence d’organisation, de coordination nationale sont les faiblesses du mouvement. Si chaque secteur reste isolé, les mobilisations risquent de demeurer successives, dispersées et impuissantes — n’est-ce pas ce que veulent les directions syndicales ? Elles veulent contrôler le mouvement en attendant… les élections de 2027. À l’inverse, la convergence des mobilisations pourrait créer un rapport de forces beaucoup plus important. « Organisons-nous » n’est pas seulement un appel à participer aux manifestations, mais aussi une invitation à transformer la colère en force collective structurée.
Le 17 octobre et la prolongation du mouvement
Le 17 octobre, c’est l’Appel des Gilets jaunes pour prolonger le mouvement. Cette mobilisation pourrait devenir une nouvelle étape si le mouvement n’est pas encore assez fort pour faire reculer les monopoles capitalistes et leur gouvernement. Alors construisons la continuité du mouvement. Les Gilets jaunes parlaient de « prendre l’Élysée » car l’issue politique est dans la lutte, plutôt que de réduire l’action politique à « bien voter » en 2027. L’élection présidentielle n’est pas le moyen de transformation sociale. Seule l’action collective directe, la mobilisation et la construction d’un rapport de forces peuvent faire reculer la classe bourgeoise dirigeante.
Développer un combat politique
Ne pas en rester uniquement au combat économique et immédiat. Il faut transformer le mouvement d’ensemble en mouvement politique de classe. La lutte sociale est une opposition entre des intérêts sociaux contradictoires. D’un côté se trouvent les travailleurs et les catégories populaires mobilisées ; de l’autre, le « grand patronat », les monopoles capitalistes responsables de l’aggravation de l’exploitation et de l’oppression sociale. L’aggravation de l’oppression sociale, tout comme la montée du fascisme et le danger de guerre doivent être combattues par la mobilisation populaire.
Donner une perspective de classe
La lutte communiste de notre Union Prolétarienne ne réside donc pas seulement dans le soutien aux revendications immédiates nous devons les lier, en conscience, à une perspective générale et à la construction du Parti révolutionnaire. La multiplication des conflits doit permettre de construire une force collective des travailleurs, capable de dépasser les divisions entre professions et secteurs. Les mobilisations de septembre peuvent être une phase possible de constitution d’un mouvement politique plus général, qui opposera les intérêts du monde du travail à ceux du capital ; passer de la simple contestation à une conscience de classe plus générale. La question étant : qui doit supporter dans l’immédiat le coût des politiques économiques et sociales actuelles et à terme qui doit diriger la société ? Pour les marxiste-léninistes le véritable enjeu c’est de transformer des colères particulières en une force collective consciente de ses intérêts de classe et de construire le Parti révolutionnaire.
Rejoigner l’Union Prolétarienne marxiste-léniniste (membre de la Coordination internationale des organisation révolutionnaire — ICOR.)
