L’UPML vous fait part ci-dessous de quelques réflexions et observations lors de ce 1er mai – grâce à la participation de camarades, dans plusieurs villes, qui nous en fait parvenir des résumés, voire des correspondances. Nous les remercions chaleureusement !
Les multiples crises de la société capitaliste ont mobilisé du monde dans 320 villes. La CGT, fortement présente dans les cortèges, a recensé jusqu’à 300.000 personnes. Ce 1er mai a eu lieu dans un contexte d’offensive patronale ayant un gouvernement à sa botte, qui défend, par-dessus tout, les intérêts des monopoles, notamment des marchands de canons. Politique d’austérité, économie de guerre, fascisation sont le pendant d’une offensive d’exploitation des ouvriers et employés accompagnée de fermetures d’entreprises, de délocalisations, de licenciements et de dégradations des conditions de travail.
La dernière attaque en date : la nouvelle tentative de remise en cause du 1er Mai comme journée chômée et payée, obtenue de haute lutte par des générations militantes. Le gouvernement a dû reculé sur cette attaque pour le moment, mais compte y revenir dans les semaines à venir, pensant probablement pouvoir épuiser le mouvement de résistance.
De fait, le 1er mai a été défendu partout, de manière déterminé et combative, avec les revendications économiques et sociales d’urgence pour les postes de travail et les salaires, la santé, l’éducation accusant la politique anti-populaire du gouvernement. Il faut constater néanmoins que la participation d’entreprises a été faible. Le secteur public, comme d’habitude, était beaucoup plus présent. C’était probablement différent dans les villes et régions avec des luttes locales ?
« La gauche réformiste distribuait des tracts pour … les présidentielles, ce qui dès maintenant nuit à leur vision sociale jusqu’à l’année prochaine. Le départ de la manif paraissait d’entrée un peu trop décevant, en plein économisme et en plein électoralisme », constate un correspondant dans le sud-ouest. A Paris, le cortège du PS a été hué pour l’opportunisme et la droitisation de ce parti monopoliste.
Un autre rapport constate, dans une ville comme Lyon « une manif fort classique avec environ 10000 participants, pas à la hauteur de la situation. ».
Un correspond, qui a participé à une manifestation dans le nord, l’a vu comme trop limitée à des revendications économiques quant on voit le chaos des multiples crises et la barbarie grandissante dans le monde, provoqué par le système capitaliste. Faisons des syndicats nos instruments de lutte par un travail à la base!
« Il faut passer à l’offensive, et pas se contenter de se défendre… »
La déclaration de l’ICOR (Coordination internationale des organisations révolutionnaires) citait Friedrich Engels qui déclarait que la classe ouvrière devait également s’engager le 1er mai à « conquérir le pouvoir politique afin d’exproprier le capital et de transformer les moyens de production en propriété publique… » Et l’ICOR appelait à « s’ organisez! Renforcez l’aile de lutte de classes au sein des syndicats et la coordination internationale du mouvement ouvrier ! Construisez le front unique prolétarien contre le fascisme et la guerre comme noyau du Front uni anti-impérialiste international ! Renforcez les partis marxistes-léninistes, l’ICOR et ses organisations membres. » L’ICOR avec cette déclaration et son drapeau ou le bulletin de l’UPML « Prolétaire debout ! » étaient présents dans plusieurs villes.
Un 1er mai organisateur !
Le correspondant du sud-ouest raconte que « la présence d’une banderole en couleur ornée d’un champignon atomique et affichant « guerre à la guerre, guerre au capitalisme ». Cette banderole n’était pas le fait d’une organisation quelconque, mais d’un seul individu… C’est donc grâce à cette banderole qu’un groupe de quelques dizaines de personnes a commencé à s’agglutiner pour former un cortège anti-impérialiste soutenu par la sono de Lutte Ouvrière, derrière le drapeau de l’ICOR. On y lançait des slogans comme » un seul drapeau, le drapeau rouge, un seul pays l’humanité … », « si tu veux la paix, prépare la révolution » ou encore « le capitalisme n’est que destruction et exploitation, préparons la révolution ». Très bonne ambiance donc, avec deux reprises en entier de tous les couplets de l’Internationale aux points d’arrêt de la manif, près de la mairie et en fin de manif de retour à la place de Verdun. Il a été décidé de poursuivre en proposant la création d’un comité anti-guerre aux personnes de nos réseaux militants. A suivre, donc. »
(ajout du 10 mai) Des camarades de Provence rapportent: »… autant de monde que l’année dernière. Nous sommes intervenus avec le bulletin de l’UPML. La plupart des interventions CGT et FSU mettent en avant le danger de guerre, la destruction des services publics, les attaques US contre Cuba et contre l’Iran, les bombardements quotidiens sur la Palestine et le Liban. Le lien entre impérialisme et les règles de fonctionnement du capitalisme est un peu plus abordé. Le ton est un peu plus combatif… Les élections présidentielles = un drame en perspective pour nombre d’ouvriers proches du PCF forcés de choisir entre le PS et LFI en jouant le rôle de force d’appoint sans aucune indépendance politique. Le PCF risque gros par rapport à ce qui reste de son électorat ouvrier s’il refuse de se rallier à LFI, la seule organisation susceptible de se retrouver au 2° tour . Évidemment s’il y a ralliement à LFI, ça ne constituera pas une alliance révolutionnaire pour autant. »
De Nantes, on a pu nous écrire : « 5000 personnes présentes, une manifestation très politique avec 3 pôles : cortège de tête antifa, antiguerre anars et JC (reconstituée) ; beaucoup de zadistes (soulèvement de la terre…) très investis contre la construction du porte-avions, moteurs dans la campagne « guerre à la guerre ». Un pôle intersyndical unitaire avec la présence de FO (très rare un 1er mai) pour la défense du jour férié. Un cortège des résistances (décolonial, anti-impérialiste, intersectectionnel, queer) avec les organisations de camarades internationalistes (Kurdes, Alevis, SLPM = marocains), Urgence palestine, Kiffah, Isonomia. Plusieurs camarades s’organisent pour participer à la manif anti-guerre à Saint-Nazaire le 8 mai. »
A Paris, l’internationalisme a marqué les manifestations avec de très forts cortèges antiraciste pour protéger le droit de se réfugier, contre la militarisation, le nationalisme et le fascisme.
Les guerres d’agression et coloniales toujours plus nombreuses et dangereuses ont été dénoncés, surtout le colonialisme et le génocide en Palestine et la guerre au Moyen-Orient, les menaces qui planent sur le Venezuela, Cuba et la Colombie. Le mouvement iranien anti-mollah et anti-shah a mobilisé pour un Iran démocratique et laïque ! A Paris aussi, appel à une grande mobilisation pour la manifestation du 9 mai contre la marche annoncée des fascistes du C9M !
La lutte contre le colonialisme sioniste et le génocide en Palestine marque à jamais fortement les luttes et a contribué à une fermentation politique anti-impérialiste des consciences. Face au déchaînement impérialiste en Palestine, au Moyen Orient, face aux guerres par procuration en RD du Congo, au Soudan etc., face à la fascisation des États et à la promotion des organisations fascistes, un Front anti-impérialiste, antifasciste et antimilitariste se forme, pas seulement à Paris, fait de plusieurs alliances qu’il est important de regrouper !
Un mouvement international de jeunesse anti-impérialiste et socialiste est en train de se former !
Le 1er mai, l’ UPML, a tenue une table de presse à Paris et, particularité de cette année, a organisé un sondage surtout parmi des jeunes arrivées sur la Place de la République. Partant de l’idée que les manifestants du 1er mai sont anticapitalistes comme beaucoup de personnes aujourd’hui, on a mis au centre du sondage la question de l’alternative révolutionnaire et socialiste. Les résultats ont été très encourageants et ont même dépassé nos attentes car dans 90 % des réponses, le socialisme révolutionnaire est vu avec sympathie et même comme une nécessité ! En plus, une partie des personnes interrogées réponds par la positive au sujet du marxisme-léninisme, avec différentes réflexions sur une nécessaire « mise à jour ». Le questionnaire sera examiné plus précisément dans l’organisation pour en publier l’essentiel et pour en tirer des conclusions.
À Paris un cortège rouge et révolutionnaire a réuni des jeunes travailleurs et étudiants, après la refondation de la Jeunesse Communiste début avril, et d’autres organisations comme l’UPml, des organisations révolutionnaires turques et kurdes, etc.
Tous ces résultats et expériences très positives mettent nos militants devant de nouveaux défis pour soutenir et contribuer à un nouvel essor de la lutte pour le véritable socialisme. En avant vers la révolution socialiste internationale !
